Cette histoire de diable au petit bras, inquiétant mais peu
effrayant, et ce Tom, en votre absence il disparait à nos yeux dès que profil.
Je n’oublie pas l’autre personnage féminin, Baba la Turque, la femme à barbe. Je lui dois davantage d’attention, rien de grotesque dans son rôle de femme qui s’effacera pour offrir à Anne quelques instants d’émotion.
Alors,
pourquoi à barbe ? Le secret de l’originalité de son opéra, Monsieur Stravinsky
ajoute une dimension que l’on trouvera chez Monsieur Browning et son film
FREAKS, pardon je dois respecter la chronologie, le film est des années 30
(1932) et l’opéra des années 40 & 50. Probablement aucun lien entre les
deux œuvres, mais cette idée de redistribuer les notions de norme et de
singularité.
Il y a bien cette autre lecture du personnage de Tom et de
son ombre maléfique qui lui fait prendre les mauvaises décisions, directions. Le
duel final, la partie de carte qui sauvera son âme, de grands moments
théâtraux, mais je reste définitivement aimanté par la présence de Anne dont
les passages musicaux sont si beaux qu’ils éclipsent en ce qui me concerne le
reste de la musique.
Je quitte cet opéra avec cette contradiction : content
de passer à autre chose tout en ayant le sentiment de ne pas avoir encore tout
ressenti.
L’adieu de Anne à Tom qui ne retrouvera plus jamais ses
esprits, sobre au premier abord puis déchirant si je prends la peine d’y
revenir. L’envie est forte d’une nouvelle écoute, à croire que Monsieur
Stravinsky à conçu le final pour éviter à l’auditeur, au spectateur de quitter
l’œuvre avec ce sentiment d’inachevé, de rendez-vous manqué, d’opportunité
ratée.
A défaut d’un extrait regroupant ces derniers moments, en se
positionnant à 2h06m sur cette vidéo:
Le final? Chaque personnage clôture l’opéra avec une morale, sa
morale, je retiens celle de Baba
« Baba veut avertir les dames :
Tot ou tard vous découvrirez
Que, bon ou mauvais,
Tous les hommes sont fous :
Leurs paroles, leurs actes, tout est théâtre. »
Ainsi je ressors indemne de cette œuvre trouble sans
facilement en identifier la raison. Et fermant temporairement « Rake’s
Progress » j’ouvre une nouvelle séquence de mon rituel : quel nouvel
opéra à découvrir ? Deux choix se disputent, je place Monsieur Schoenberg
pour plus tard, je décide de chercher des couleurs chez Rossini

Un opéra ... de plus ... il y en a tant et tant...
RépondreSupprimeret un compositeur marquant, Igor Stravinsky...
un génie et un visionnaire.
cet opéra ne déroge pas à la règle - il y a là tout l'univers tant musical que féérique du compositeur, cette fascination pour le légendaire, le conte, l'enfance, la morale d'histoire ...
si tu as aimé, je te recommande dans la foulée le rossignol du même Igor - absolument sublime...
en attendant, bon voyage italien et pense au tournedos, toi qui aime tant la cuisine.
et bon w end
Merci de ton passage qui fait grand plaisir... et en parlant cuisine il me faudra attaquer un jour attaquer en tremblant le "Risotto Rossini"
SupprimerJe retiens "Le Rossignol" pour un futur, mais après le Rossini je vais me plonger dans le "Moise et Aaron" de Schoenberg accompagné par un numéro de l'avant scène Opéra, dès que je me sentirai d'attaque.
Moise et Aaron est un pavé passionnant.
SupprimerPour trouver un interprète référent ce n'est pas simple...
si tu arrives à dégotter une version par robert craft qui a travaillé avec le compositeur ça devrait être une bonne pioche.
à +
J'avoue avoir suivi les conseils de la revue ASO qui met en avant Gielen et Solti, Pour l'instant rien trouvé avec robert craft? Dès que je me mets à cet Opéra je fouillerai davantage
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