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samedi 11 avril 2026

Raye - This Music May Contain Hope. Une Diva? Pas Question De Passer À Coté!!!

 

J’ai craqué, d’habitude je laisse mon dernier post murir, profiter des expositions pour accrocher quelques lecteurs. Surtout qu’un Opéra ce n’est pas la plus grosse attraction.

Mais là donc je craque, dans mon espace musical vient de naître une diva de la Pop Soul Jazz.

Dans le désordre, avoir invité Al Green… entendre son hello dans le microphone.

Hans Zimmer pour un titre gros son.

Des vrais instruments, fabriqués à la main et joués par des humains.

De la musique hollywoodienne !! Du Gospel !! De la soul pop biger than life, je me devais, je vous devais.

Une diva, j’ai collé des **** partout partout.

Sur ce titre, dès la rythmique et les gimmicks cuivres. Si vous ne remuez pas le popotin, avec ce timbre vocal proche de Chrissue Hynde

Happier Times Ahead



Et ici, vous allez vous dire, me dire, et Al ? Il est où Al ? Patience, c’est juste touchant, surtout quand Madame Raye l’introduit sur la scène sonore… Si vous avez pas les larmes

Avec Al Green

Goodbye Henry



 

Mon enthousiasme est tel que je n’ai pas encore pris le recul, grandioooose ou génialement arrangé ? Pour l’instant je pense grandioooooooooooooooooooooooose….

En parlant de biiiiiigggger than liiiiiiife, du cinématographique

I will Overcome



 

A vous d’aller y voir, il y a aussi du tube, du gospel, du orchestres, des vocalises, du vieux, du moderne, du mélancolique nostalgique. Mais surtout il y a de la MU SI QU EEEEEEEEEEEEEEEEEEEEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU


vendredi 10 avril 2026

Monsieur Stravinsky. Rake's Progress. Au revoir Anne, au revoir Baba.....


  

 Au revoir Anne, je ne vous dis pas adieu car j’espère bien des retrouvailles, en tout cas une. Monsieur Stravinsky a su vous élever au-dessus du simple statut de personnage, en laissant derrière moi le « Rake’s Progress » je vous regrette déjà.

Cette histoire de diable au petit bras, inquiétant mais peu effrayant, et ce Tom, en votre absence il disparait à nos yeux dès que profil.

Je n’oublie pas l’autre personnage féminin, Baba la Turque, la femme à barbe. Je lui dois davantage d’attention, rien de grotesque dans son rôle de femme qui s’effacera pour offrir à Anne quelques instants d’émotion. 

Alors, pourquoi à barbe ? Le secret de l’originalité de son opéra, Monsieur Stravinsky ajoute une dimension que l’on trouvera chez Monsieur Browning et son film FREAKS, pardon je dois respecter la chronologie, le film est des années 30 (1932) et l’opéra des années 40 & 50. Probablement aucun lien entre les deux œuvres, mais cette idée de redistribuer les notions de norme et de singularité.

Il y a bien cette autre lecture du personnage de Tom et de son ombre maléfique qui lui fait prendre les mauvaises décisions, directions. Le duel final, la partie de carte qui sauvera son âme, de grands moments théâtraux, mais je reste définitivement aimanté par la présence de Anne dont les passages musicaux sont si beaux qu’ils éclipsent en ce qui me concerne le reste de la musique.

Je quitte cet opéra avec cette contradiction : content de passer à autre chose tout en ayant le sentiment de ne pas avoir encore tout ressenti.

L’adieu de Anne à Tom qui ne retrouvera plus jamais ses esprits, sobre au premier abord puis déchirant si je prends la peine d’y revenir. L’envie est forte d’une nouvelle écoute, à croire que Monsieur Stravinsky à conçu le final pour éviter à l’auditeur, au spectateur de quitter l’œuvre avec ce sentiment d’inachevé, de rendez-vous manqué, d’opportunité ratée.

A défaut d’un extrait regroupant ces derniers moments, en se positionnant à 2h06m sur cette vidéo:



Le final? Chaque personnage clôture l’opéra avec une morale, sa morale, je retiens celle de Baba

« Baba veut avertir les dames :

Tot ou tard vous découvrirez

Que, bon ou mauvais,

Tous les hommes sont fous :

Leurs paroles, leurs actes, tout est théâtre. »

Ainsi je ressors indemne de cette œuvre trouble sans facilement en identifier la raison. Et fermant temporairement « Rake’s Progress » j’ouvre une nouvelle séquence de mon rituel : quel nouvel opéra à découvrir ? Deux choix se disputent, je place Monsieur Schoenberg pour plus tard, je décide de chercher des couleurs chez Rossini

 Non Più Mesta


À (me?) suivre.

 

mardi 31 mars 2026

Finn et Kelly. Le Nom Des Gens. Goin' Your Way. Les Prénoms Aussi

Par quoi commencer où ? Le début. Un papier de Charlu sur un très bel album plein de douceur, tendresse. J’ai tapé juste sur les qualificatifs ? En manque de câlinerie ? Alors jetez un œil, une oreille (** Un doigt de pied ? C’est malin !)

https://leschroniquesdecharlu.blogspot.com/2026/03/the-veils-2025.html

Je lis, à propos de The Veil la présence d’un Finn, ni une ni trompette je fonce me tromper car ce Finn est prénommé alors que « mon » Finn est nommé, artiste compositeur de… de… Crowded House.

Je reviens tout penaud chez The Veils, me consoler avec ce beau titre

The Veils - A Land Beyond



Attendez, attendez, une madame Victoria Kelly a conçu les cordes sur l’album de The Veils et … aussi … sur un album de Neil Finn « Dizzy Heights ».

Tiens, je ne l’ai pas, qu’en dit AMG? Je fouille et je tombe sur un autre Neil Finn, en collaboration avec … avec Kelly ! Quoi Kelly comme Victoria ? Oui mais Paul. Et en fait un homonymousse. Un album live où Neil Finn échange des titres avec Paul Kelly. Pour se faire une idée, AMG précise

Et si Bruce Springsteen et Neil Young partaient en tournée ensemble ? Un véritable concert en tête d'affiche où ils partageraient un groupe, s'échangeraient des chansons de leurs carrières respectives et reprendraient les morceaux préférés de l'autre ? En 2013, les fans de pop australienne ont eu droit à leur propre version de ce scénario lorsque deux des plus grands auteurs-compositeurs et chefs d'orchestre des antipodes, Neil Finn (surtout connu en Amérique du Nord comme leader de Crowded House ) et Paul Kelly (dont les enregistrements des années 80 avec son groupe The Messengers ont fait de lui une figure culte aux États-Unis et une star majeure en Australie), se sont associés pour une série de concerts où ils ont chacun sélectionné des tubes et des raretés de leurs répertoires, accompagnés d'un groupe composé du fils de Neil, Elroy Finn, à la batterie et à la guitare acoustique, du fils de Paul, Dan Kelly , à la guitare et aux claviers, et de Zoe Hauptmann, membre du groupe de tournée de Kelly, à la basse.

Crowded House je connais bien, 1991 je tombe de ma chaise sur une critique de « Woodface » contenant des titres d’une grande beauté et souplesse – écrit le critique – qu’un Costello rêve d’écrire lui le spécialiste des mélodies amidonnées

- ** Ha ça y est, tu l’as casé

- Pas ma faute, c’est un fait

Ce continent d’ailleurs inspire le même genre de critiques, je me souviens aussi « ….du titre qu’aurait aimé écrire un Bryan Ferry »

Icehouse - Hey Little Girl



Et Paul Kelly au fait ? Je connais encore mal, juste cette réputation de star Aussie. Donc une occasion d’entendre en public les meilleurs titres de Finn et vu la sélection probablement un choix intéressant des chansons de Paul Kelly.

Quand je lis « Paul Kelly est une star en Australie » forcément je plonge, comme pour Mireille Mathieu déesse au Japon, ou Patricia Kaas adulée par et Vladimir et les russes dans leurs propres intérêts.

Un jour le jetterai mon dévolu sur la K-Pop, juste attendre le bon moment. Rappel: à la Fnac kekpart à Paris il y avait tout un stand de K-Pop, alors…

Revenons-en à nos jumbuck. Je commence par mon chouchou, Neil Finn, ne pas confondre avec Andrews bande d’ignare !!

Et pour ceux·elle qui souhaitent un genre de compil des meilleurs de Crowded House, c’est ici

Better Be Home Soon



Fall At Your Feet



Don't Dream It's Over



Avouons tous en cœur : quelle écriture…

 

Et le Paulo ? (non, non, Charlu, Kelly)

« For The Ages » et la complicité du public



« You Can Put Your Shoes Under My Bed » la belle ballade d’amour pour rester



« How To Make Gravy », une carte postale qui a fait pleurer tout un pays



Un autre, plus énergiques, un peu Tom Petty ? « Dumb Things »


Moins pop, davantage chansonnier et très chaleureux le monsieur Kelly.


Les deux ensembles. Heureux de s’échanger leurs chansons, de proposer un bon moment.

Don't Stand So Close To The Window/Four Seasons In One Day



J’adore ces cheminements musicaux qui m’entrainent de bonnes surprises en découvertes non planifiées.  

Et si vous êtes arrivés ici, pour finir en beauté, la nuit est tombée, il fait doux, vous vous installez sur le rebord un verre à la main pour moi, une guitare pour elle et

Moon River



mercredi 25 mars 2026

Frank Zappa - Burnt Weeny Sandwich. Ha tu es là toi! Tu étais passé où?


Un fil que je reprends. Frank (Non, t’inquiète Ranx, j’ai pas écrit avec un C) Zappa. L'épisode précédent date de 2020, j’ai attendu six ans et deux jours, un fil un peu usé, ténu mais tenu. 

Un artiste, si je ne devais en garder qu’un…

** Costello ?

Si je ne devais en garder qu’un ce serait Frank Zappa. Après beaucoup d’hésitations, de réunions, de concertations, de sondages, de votes.

** Pas Costello ?

La richesse musicale, 

l’humour pour dégonfler l’égo, adhérer à ses esthétiques pourrait paraitre snob et élitiste, 

l’ouverture vers de nombreux univers musicaux : jazz, rock, soul et contemporaine (** quoi contemporaine? la musique!!).

Prenons ce « Sandwich à la saucisse brûlée » (Burnt Weeny Sandwich), en tout cas moi je le prends.

Frank Zappa - Holiday In Berlin, Full-Blown



Progressive jazz rock Zappaïen? Une folie que l’on trouve parfois chez Nino Rota pour Fellini. Ici une guitare rock, là des effets cuivre jazz, ailleurs, ce ne serait pas du xylophone ?

Résultat : je suis pris dans ses méandres astucieux, une construction excentrique qui reste suffisamment mélodieuse pour accepter sa coloration unique. Une mosaïque incroyablement cohérente tout en m’offrant du plaisir et la sensation d’être moins bête après écoute.

Encore plus composite

Frank Zappa - The Little House I Used To Live In



Bon, plutôt que de me creuser le caisson en images, métaphores, périphrases (au fait, vous vous souvenez de cet Audiard « ça, c’est une métaphore ») je passe au sentiment, c’est la joie de le retrouver, il y a bien trop longtemps que je ne l’écoutais plus, sauf « Yo’ mama » de « Sheik Yerbouti » un de mes soli de guitare fétiche et j’en ai peu.

Cette fois ci, j’emporte un bouquin consacré à ses albums, Frank je ne te quitte plus. C’est vraiment trop bon de se recroiser.

Et pas seulement pour tes longues plages musicales multi instrumentales, pas seulement pour tes clins d’yeux aux contemporains tel la partie piano entendue plus haut mais aussi

Frank Zappa - Igor's Boogie, Phase One & Two



Non, pas seulement. Il y a aussi ce gout prononcé pour la ritournelle populaire, un peu déconstruite, pas pour caricaturer, juste la Zappaïer

Frank Zappa – Valarie



Voilà une reprise pastichée sans moquerie, le sourire ironique qui se dessine sur le visage de l’auditeur se transforme rapidement en béat (Guy ? Qui ? Non, laisse tomber). Frank Zappa admire le genre Doo Wop.

Pas que lui

Elvis Costello – Tripwire



** Voilà, tu es content ? Tu l’as ton Costello

Pff quand l’inconscient s’invite dans le texte

** Et la pochette « Burnt Weeny Sandwich »?

Du collage hétéroclite, mais c’est en regardant de plus près, non, de plus loin, qu’un tout se révèle.

Promis, vivement le prochain. Mais en attendant …. Bonne saucisse.  


vendredi 20 mars 2026

Arrêt-Bus(ical) Mais qui est donc ce génie?

 

Bon déjà la réponse pour ensuite passer aux choses sérieuses ? Non, aux émotions, aux images fortes. Ce génie.


J’ai et longtemps et beaucoup utilisé la métaphore du fleuve pour ces voyages que je m’organise dans le jazz. Et au moment de Bud, c’est peut-être du non navigable, la virtuosité est telle que c’est un étourdissement, c’est comme naviguer en eau tumultueuse, on oublie les paysages.

Puis on apprivoise, j’apprivoise ce jeu saisissant pour enfin goûter la mélodie.

Main gauche, main droite, rive gauche, rive droite, sur ce titre j’imagine bien un strabisme auditif

Bud Powell - Just One Of Those Things



Ma version du disque "The Genius Of Bud Powell" enchaîne trois prises de “Tea For Two”, ce que je trouvais d’abord étrange, pour accepter finalement les écoutes successives, moins pour apprécier le talent d’improvisation que pour goûter cette merveille sans avoir à se relever.

Bud Bowell - Tea For Two (Take 10)



L’histoire raconte l’importance de ce pianiste de jazz, un géant, un incontournable, un pilier du Bebop.

Ces titres, swing et émotion. Un jeu halluciné, une montagne russe de sensations, parfois posées, souvent pénétrantes, un bonheur. Et ces notes finales qui invitent au silence pour laisser le temps de comprendre ce qui vient de se passer.

Bud Bowell - Dusk In Sandi



Bud Bowell – Oblivion



Bud Bowell – Hallucinations



J’étais tenté de raconter des événements tragiques de sa vie pour épaissir le portrait, d’autres font bien mieux.

Alors deux anecdotes musicales tournées autour de l’amitié que lui porte Thelonious Monk

Thélonious Monk lui dédiera « In walked Bud »



« Soudain Quelque chose se passe quand Bud arrive… »

Et il lui écrira « 52nd Street Theme » qu’il ne jouera jamais, si ce n’est pas de l’hommagité grandiooose ça !!



Bud parti, c'est fini? Non, je continuerai le Powell!


vendredi 13 mars 2026

GET HAPPY : Battle entre IA Part 5/5, MISTRAL imite mon blog

 

Voici une chronique de l’album "Get Happy!!" d’Elvis Costello, dans l’esprit du blog "Gaitapis" — c’est-à-dire avec un ton à la fois passionné, un peu désinvolte, et toujours ancré dans l’émotion musicale et l’histoire du disque.


Elvis Costello – Get Happy!! (1980) : Le soul man blanc qui s’est brûlé les ailes

Il y a des albums qui naissent d’un ras-le-bol, d’une envie de tout casser, ou simplement de se réinventer avant que le monde ne vous enterre. "Get Happy!!" est de ceux-là. Après avoir frôlé le burn-out artistique et médiatique, Costello débarque en 1980 avec un disque qui sent la sueur, la soul, et un peu le désespoir chic. Exit les poses new wave et les couplets cinglants d’"Armed Forces" : ici, on danse, on sue, on s’accroche à des mélodies courtes comme des coups de poing, et on se demande si le bonheur n’est pas juste une autre forme de folie.

Un album en 20 morceaux, ou comment survivre à sa propre légende Imaginez : 20 titres en moins de 50 minutes, des morceaux qui s’enchaînent comme des singles Motown, avec des basses qui grognent, des claviers qui scintillent, et une voix qui oscille entre rage et tendresse. Costello a écouté Stax, a volé des riffs à Booker T., et a balancé tout ça dans un mixeur avec son cynisme habituel. Le résultat ? Un disque qui respire l’urgence, la frénésie, et une étrange joie mélancolique. "I Can’t Stand Up for Falling Down" (reprise de Sam & Dave) ouvre le bal avec une énergie presque paniquée, comme si le chanteur savait qu’il n’avait plus le temps de tergiverser. Puis viennent "Human Touch" (un cri de solitude en costume de soul), "Beaten to the Punch" (la boxe en 2 minutes chrono), et "Love for Tender" (une ballade qui sent la cigarette froide et les regrets du lendemain).

Pourquoi c’est un chef-d’œuvre ? Parce que Costello, ici, ne joue plus à l’intellectuel rock. Il se met à nu, ou presque. Les textes sont toujours aussi acérés, mais la musique respire, danse, et parfois même console. Les Attractions (Steve Nieve au clavier, Bruce Thomas à la basse, Pete Thomas à la batterie) n’ont jamais été aussi inspirés, aussi proches de l’implosion. Et puis, il y a cette production : un son brut, presque lo-fi, qui donne l’impression d’écouter un concert dans un club enfumé. Les démos acoustiques en bonus (dans les rééditions) confirment d’ailleurs que ces morceaux tenaient debout même sans fard.

Les titres à écouter absolument (et où les trouver sur YouTube) :

  • "I Can’t Stand Up for Falling Down" : La reprise qui donne le ton, entre soul et crise existentielle.


  • "Human Touch" : Costello en mode "j’ai tout, mais je n’ai rien". Un chef-d’œuvre de tension musicale.


  • "Love for Tender" : La ballade qui prouve que le cynisme peut avoir un cœur. 


  • "Riot Act" : La chanson qui clôt l’album, et qui sonne comme un adieu (provisoire).


  • "B Movie" : Pour les fans de Doors et de riffs qui collent aux baskets. 


Le mot de la fin "Get Happy!!" est un disque de survie. Celui d’un artiste qui a failli se noyer dans son propre venin, et qui a choisi de danser sur les décombres. Ce n’est pas son album le plus célèbre, ni le plus "parfait", mais c’est peut-être son plus humain. Et aujourd’hui, alors que le monde semble tourner à l’envers, il fait du bien de se rappeler que le bonheur, même factice, reste une sacrée bonne raison de se lever le matin.


PS : Pour les puristes, la réédition 2003 avec les démos acoustiques est un must. Et si vous croisez un vinyle d’occasion, achetez-le sans hésiter. Ce genre de disque, ça se transmet comme une maladie bénigne.










GET HAPPY : Battle entre IA Part 4/5, GEMINI imite mon blog


 ELVIS COSTELLO & THE ATTRACTIONS - Get Happy!! (1980)

On dit souvent que la contrainte crée la forme. Après les tensions de Armed Forces et cette tournée américaine désastreuse où l'alcool a délié les langues un peu trop vite, Costello avait besoin de se racheter une conduite, ou du moins de changer de costume. Fini le punk anguleux, place à la Soul. Mais attention, pas celle qui s'étire en longueurs sirupeuses. Non, ici, on parle d'une urgence frénétique : 20 titres en 48 minutes. Une course contre la montre où chaque seconde est rentabilisée.

Dès la pochette, avec son usure simulée (bien avant que cela ne devienne une mode Instagram), on sent l'hommage au vinyle 60s, celui qu'on a poncé sur la platine. Musicalement, c'est un tour de force. Costello et ses Attractions digèrent la Motown, la Stax et le Northern Soul, mais ils le font avec une nervosité toute britannique. C'est de la soul jouée par des gens qui ont trop bu de café. Steve Nieve est impérial, ses claviers bondissent partout, tandis que la section rythmique Thomas/Thomas verrouille le tout avec une précision effrayante.

Ce qui frappe, c'est cette densité. À peine le temps de savourer un refrain que le morceau suivant vous saute à la gorge. Il y a de la mélancolie, bien sûr, cachée sous le tempo, des jeux de mots à tiroirs ("New Amsterdam") et cette voix, toujours au bord de la rupture, qui n'a jamais été aussi expressive. C'est un disque de "collectionneur" fait pour les juke-box de l'esprit. Un disque qui vous attrape par le col et vous ordonne d'être heureux, ou du moins, de danser jusqu'à l'épuisement pour oublier le reste.

Choix de titres à écouter d'urgence :

  • I Can't Stand Up For Falling Down : La reprise de Sam & Dave. Deux minutes de perfection rythmique. Si votre pied ne bat pas la mesure, vérifiez votre pouls.


  • High Fidelity : Pour l'ambiance un peu plus sombre, ce groove tendu qui préfigure presque le trip-hop avec vingt ans d'avance.


  • New Amsterdam : La valse hésitante où Costello montre qu'il peut faire rimer cynisme et géographie sans perdre le fil de l'émotion.


  • Riot Act : Le final dramatique, où le masque tombe enfin.


Le GaiTapis

Elvis Costello_._Get Happy!! (1980)(Full Album) Cette vidéo permet d'écouter l'intégralité de l'album Get Happy!! dans son ordre original, incluant les titres recommandés dans la chronique.