J’ai craqué, d’habitude je laisse mon dernier post murir,
profiter des expositions pour accrocher quelques lecteurs. Surtout qu’un Opéra ce
n’est pas la plus grosse attraction.
Mais là donc je craque, dans mon espace musical vient de
naître une diva de la Pop Soul Jazz.
Dans le désordre, avoir invité Al Green… entendre son hello
dans le microphone.
Hans Zimmer pour un titre gros son.
Des vrais instruments, fabriqués à la main et joués par des
humains.
De la musique hollywoodienne !! Du Gospel !! De la
soul pop biger than life, je me devais, je vous devais.
Une diva, j’ai collé des **** partout partout.
Sur ce titre, dès la rythmique et les gimmicks cuivres. Si vous
ne remuez pas le popotin, avec ce timbre vocal proche de Chrissue Hynde
Happier Times Ahead
Et ici, vous allez vous dire, me dire, et Al ? Il est où
Al ? Patience, c’est juste touchant, surtout quand Madame Raye l’introduit
sur la scène sonore… Si vous avez pas les larmes
Avec Al Green
Goodbye Henry
Mon enthousiasme est tel que je n’ai pas encore pris le
recul, grandioooose ou génialement arrangé ? Pour l’instant je pense
grandioooooooooooooooooooooooose….
En parlant de biiiiiigggger than liiiiiiife, du
cinématographique
I will Overcome
A vous d’aller y voir, il y a aussi du tube, du gospel, du
orchestres, des vocalises, du vieux, du moderne, du mélancolique nostalgique.
Mais surtout il y a de la MU SI QU EEEEEEEEEEEEEEEEEEEEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU
Au revoir Anne, je ne vous dis pas adieu car j’espère bien des
retrouvailles, en tout cas une. Monsieur Stravinsky a su vous élever au-dessus du
simple statut de personnage, en laissant derrière moi le « Rake’s Progress »
je vous regrette déjà.
Cette histoire de diable au petit bras, inquiétant mais peu
effrayant, et ce Tom, en votre absence il disparait à nos yeux dès que profil.
Je n’oublie pas l’autre personnage féminin, Baba la Turque,
la femme à barbe. Je lui dois davantage d’attention, rien de grotesque dans son
rôle de femme qui s’effacera pour offrir à Anne quelques instants d’émotion.
Alors,
pourquoi à barbe ? Le secret de l’originalité de son opéra, Monsieur Stravinsky
ajoute une dimension que l’on trouvera chez Monsieur Browning et son film
FREAKS, pardon je dois respecter la chronologie, le film est des années 30
(1932) et l’opéra des années 40 & 50. Probablement aucun lien entre les
deux œuvres, mais cette idée de redistribuer les notions de norme et de
singularité.
Il y a bien cette autre lecture du personnage de Tom et de
son ombre maléfique qui lui fait prendre les mauvaises décisions, directions. Le
duel final, la partie de carte qui sauvera son âme, de grands moments
théâtraux, mais je reste définitivement aimanté par la présence de Anne dont
les passages musicaux sont si beaux qu’ils éclipsent en ce qui me concerne le
reste de la musique.
Je quitte cet opéra avec cette contradiction : content
de passer à autre chose tout en ayant le sentiment de ne pas avoir encore tout
ressenti.
L’adieu de Anne à Tom qui ne retrouvera plus jamais ses
esprits, sobre au premier abord puis déchirant si je prends la peine d’y
revenir. L’envie est forte d’une nouvelle écoute, à croire que Monsieur
Stravinsky à conçu le final pour éviter à l’auditeur, au spectateur de quitter
l’œuvre avec ce sentiment d’inachevé, de rendez-vous manqué, d’opportunité
ratée.
A défaut d’un extrait regroupant ces derniers moments, en se
positionnant à 2h06m sur cette vidéo:
Le final? Chaque personnage clôture l’opéra avec une morale, sa
morale, je retiens celle de Baba
« Baba veut avertir les dames :
Tot ou tard vous découvrirez
Que, bon ou mauvais,
Tous les hommes sont fous :
Leurs paroles, leurs actes, tout est théâtre. »
Ainsi je ressors indemne de cette œuvre trouble sans
facilement en identifier la raison. Et fermant temporairement « Rake’s
Progress » j’ouvre une nouvelle séquence de mon rituel : quel nouvel
opéra à découvrir ? Deux choix se disputent, je place Monsieur Schoenberg
pour plus tard, je décide de chercher des couleurs chez Rossini
Par quoi commencer où ? Le début. Un papier de Charlu
sur un très bel album plein de douceur, tendresse. J’ai tapé juste sur les
qualificatifs ? En manque de câlinerie ? Alors jetez un œil, une
oreille (** Un doigt de pied ? C’est malin !)
Je lis, à propos de The Veil la présence d’un Finn, ni une
ni trompette je fonce me tromper car ce Finn est prénommé alors que
« mon » Finn est nommé, artiste compositeur de… de… Crowded House.
Je reviens tout penaud chez The Veils, me consoler avec ce
beau titre
The Veils - A Land Beyond
Attendez, attendez, une madame Victoria Kelly a conçu les
cordes sur l’album de The Veils et … aussi … sur un album de Neil Finn « Dizzy
Heights ».
Tiens, je ne l’ai pas, qu’en dit AMG? Je fouille et je tombe
sur un autre Neil Finn, en collaboration avec … avec Kelly ! Quoi Kelly
comme Victoria ? Oui mais Paul. Et en fait un homonymousse. Un album live
où Neil Finn échange des titres avec Paul Kelly. Pour se faire une idée, AMG
précise
Et si Bruce Springsteen et Neil Young partaient en tournée
ensemble ? Un véritable concert en tête d'affiche où ils partageraient un
groupe, s'échangeraient des chansons de leurs carrières respectives et
reprendraient les morceaux préférés de l'autre ? En 2013, les fans de pop
australienne ont eu droit à leur propre version de ce scénario lorsque deux des
plus grands auteurs-compositeurs et chefs d'orchestre des antipodes, Neil Finn
(surtout connu en Amérique du Nord comme leader de Crowded House ) et Paul Kelly
(dont les enregistrements des années 80 avec son groupe The Messengers ont fait
de lui une figure culte aux États-Unis et une star majeure en Australie), se
sont associés pour une série de concerts où ils ont chacun sélectionné des
tubes et des raretés de leurs répertoires, accompagnés d'un groupe composé du
fils de Neil, Elroy Finn, à la batterie et à la guitare acoustique, du fils de
Paul, Dan Kelly , à la guitare et aux claviers, et de Zoe Hauptmann, membre du
groupe de tournée de Kelly, à la basse.
Crowded House je connais bien, 1991 je tombe de ma chaise
sur une critique de « Woodface » contenant des titres d’une grande
beauté et souplesse – écrit le critique – qu’un Costello rêve d’écrire lui le
spécialiste des mélodies amidonnées
- ** Ha ça y est, tu l’as casé
- Pas ma faute, c’est un fait
Ce continent d’ailleurs inspire le même genre de critiques,
je me souviens aussi « ….du titre qu’aurait aimé écrire un Bryan Ferry »
Icehouse - Hey Little Girl
Et Paul Kelly au fait ? Je connais encore mal, juste
cette réputation de star Aussie. Donc une occasion d’entendre en public les
meilleurs titres de Finn et vu la sélection probablement un choix intéressant
des chansons de Paul Kelly.
Quand je lis « Paul Kelly est une star en Australie »
forcément je plonge, comme pour Mireille Mathieu déesse au Japon, ou Patricia
Kaas adulée par et Vladimir et les russes dans leurs propres intérêts.
Un jour le jetterai mon dévolu sur la K-Pop, juste attendre
le bon moment. Rappel: à la Fnac kekpart à Paris il y avait tout un stand
de K-Pop, alors…
Revenons-en à nos jumbuck. Je commence par mon chouchou, Neil
Finn, ne pas confondre avec Andrews bande d’ignare !!
Et pour ceux·elle
qui souhaitent un genre de compil des meilleurs de Crowded House, c’est ici
Better Be
Home Soon
Fall At
Your Feet
Don't
Dream It's Over
Avouons
tous en cœur : quelle écriture…
Et le
Paulo ? (non, non, Charlu, Kelly)
« For
The Ages » et la complicité du public
« You Can Put Your Shoes Under My Bed » la
belle ballade d’amour pour rester
« How
To Make Gravy », une carte postale qui a fait pleurer tout un pays
Un autre, plus
énergiques, un peu Tom Petty ? « Dumb Things »
Moins pop,
davantage chansonnier et très chaleureux le monsieur Kelly.
Les deux
ensembles. Heureux de s’échanger leurs chansons, de proposer un bon moment.
Don't
Stand So Close To The Window/Four Seasons In One Day
J’adore
ces cheminements musicaux qui m’entrainent de bonnes surprises en découvertes non
planifiées.
Et si vous
êtes arrivés ici, pour finir en beauté, la nuit est tombée, il fait doux, vous
vous installez sur le rebord un verre à la main pour moi, une guitare pour elle
et
Un fil que je reprends. Frank (Non, t’inquiète Ranx, j’ai
pas écrit avec un C) Zappa. L'épisode précédent date de 2020, j’ai attendu six
ans et deux jours, un fil un peu usé, ténu mais tenu.
Un artiste, si je ne
devais en garder qu’un…
** Costello ?
Si je ne devais en garder qu’un ce serait Frank Zappa. Après
beaucoup d’hésitations, de réunions, de concertations, de sondages, de votes.
** Pas Costello ?
La richesse musicale,
l’humour pour dégonfler l’égo, adhérer
à ses esthétiques pourrait paraitre snob et élitiste,
l’ouverture vers de
nombreux univers musicaux : jazz, rock, soul et contemporaine (** quoi contemporaine? la musique!!).
Prenons ce « Sandwich à la saucisse brûlée » (Burnt
Weeny Sandwich), en tout cas moi je le prends.
Frank Zappa - Holiday In Berlin, Full-Blown
Progressive jazz rock Zappaïen? Une folie que l’on trouve
parfois chez Nino Rota pour Fellini. Ici une guitare rock, là
des effets cuivre jazz, ailleurs, ce ne serait pas du xylophone ?
Résultat : je suis pris dans ses méandres astucieux, une
construction excentrique qui reste suffisamment mélodieuse pour accepter sa
coloration unique. Une mosaïque incroyablement cohérente tout en m’offrant du
plaisir et la sensation d’être moins bête après écoute.
Encore plus composite
Frank Zappa - The Little House I Used To Live In
Bon, plutôt que de me creuser le caisson en images, métaphores, périphrases (au fait, vous vous souvenez de cet Audiard « ça, c’est une métaphore »)
je passe au sentiment, c’est la joie de le retrouver, il y a bien trop
longtemps que je ne l’écoutais plus, sauf « Yo’ mama » de « Sheik
Yerbouti » un de mes soli de guitare fétiche et j’en ai peu.
Cette fois ci, j’emporte un bouquin consacré à ses albums,
Frank je ne te quitte plus. C’est vraiment trop bon de se recroiser.
Et pas seulement pour tes longues plages musicales multi
instrumentales, pas seulement pour tes clins d’yeux aux contemporains tel la
partie piano entendue plus haut mais aussi
Frank Zappa - Igor's Boogie, Phase One & Two
Non, pas seulement. Il y a aussi ce gout prononcé pour la ritournelle
populaire, un peu déconstruite, pas pour caricaturer, juste la Zappaïer
Frank Zappa
– Valarie
Voilà une reprise pastichée sans moquerie, le sourire
ironique qui se dessine sur le visage de l’auditeur se transforme rapidement en
béat (Guy ? Qui ? Non, laisse tomber). Frank Zappa admire le genre
Doo Wop.
Pas que lui
Elvis Costello
– Tripwire
** Voilà, tu es content ? Tu l’as ton Costello
Pff quand l’inconscient s’invite
dans le texte
** Et la pochette « Burnt Weeny Sandwich »?
Du collage hétéroclite, mais c’est
en regardant de plus près, non, de plus loin, qu’un tout se révèle.
Promis, vivement le prochain. Mais en attendant …. Bonne saucisse.
Bon déjà la réponse pour ensuite passer aux choses sérieuses ?
Non, aux émotions, aux images fortes. Ce génie.
J’ai et longtemps et beaucoup utilisé la métaphore du fleuve
pour ces voyages que je m’organise dans le jazz. Et au moment de Bud, c’est peut-être
du non navigable, la virtuosité est telle que c’est un étourdissement, c’est
comme naviguer en eau tumultueuse, on oublie les paysages.
Puis on apprivoise, j’apprivoise ce jeu saisissant pour
enfin goûter la mélodie.
Main gauche, main droite, rive gauche, rive droite, sur ce
titre j’imagine bien un strabisme auditif
Bud Powell - Just One Of Those Things
Ma version du disque "The Genius Of Bud Powell" enchaîne trois prises de “Tea For Two”, ce que je
trouvais d’abord étrange, pour accepter finalement les écoutes successives,
moins pour apprécier le talent d’improvisation que pour goûter cette merveille
sans avoir à se relever.
Bud Bowell -
Tea For Two (Take 10)
L’histoire raconte l’importance de ce pianiste de jazz, un
géant, un incontournable, un pilier du Bebop.
Ces titres, swing et émotion. Un jeu halluciné, une montagne
russe de sensations, parfois posées, souvent pénétrantes, un bonheur. Et ces notes
finales qui invitent au silence pour laisser le temps de comprendre ce qui
vient de se passer.
Bud Bowell -
Dusk In Sandi
Bud Bowell –
Oblivion
Bud Bowell –
Hallucinations
J’étais tenté de raconter des événements tragiques de sa vie
pour épaissir le portrait, d’autres font bien mieux.
Alors deux anecdotes musicales tournées autour de l’amitié
que lui porte Thelonious Monk
Thélonious Monk lui dédiera « In walked Bud »
« Soudain Quelque chose se passe quand Bud arrive… »
Et il lui écrira « 52nd Street Theme » qu’il ne
jouera jamais, si ce n’est pas de l’hommagité grandiooose ça !!
Bud parti, c'est fini? Non, je continuerai le Powell!
Voici une chronique de l’album "Get Happy!!"
d’Elvis Costello, dans l’esprit du blog "Gaitapis" — c’est-à-dire
avec un ton à la fois passionné, un peu désinvolte, et toujours ancré dans
l’émotion musicale et l’histoire du disque.
Elvis Costello – Get Happy!! (1980) : Le soul man blanc
qui s’est brûlé les ailes
Il y a des albums qui naissent d’un ras-le-bol, d’une envie
de tout casser, ou simplement de se réinventer avant que le monde ne vous
enterre. "Get Happy!!" est de ceux-là. Après avoir frôlé le burn-out
artistique et médiatique, Costello débarque en 1980 avec un disque qui sent la
sueur, la soul, et un peu le désespoir chic. Exit les poses new wave et les
couplets cinglants d’"Armed Forces" : ici, on danse, on sue, on
s’accroche à des mélodies courtes comme des coups de poing, et on se demande si
le bonheur n’est pas juste une autre forme de folie.
Un album en 20 morceaux, ou comment survivre à sa propre
légende Imaginez : 20 titres en moins de 50 minutes, des morceaux qui
s’enchaînent comme des singles Motown, avec des basses qui grognent, des
claviers qui scintillent, et une voix qui oscille entre rage et tendresse.
Costello a écouté Stax, a volé des riffs à Booker T., et a balancé tout ça dans
un mixeur avec son cynisme habituel. Le résultat ? Un disque qui respire
l’urgence, la frénésie, et une étrange joie mélancolique. "I Can’t Stand
Up for Falling Down" (reprise de Sam & Dave) ouvre le bal avec une
énergie presque paniquée, comme si le chanteur savait qu’il n’avait plus le
temps de tergiverser. Puis viennent "Human Touch" (un cri de solitude
en costume de soul), "Beaten to the Punch" (la boxe en 2 minutes
chrono), et "Love for Tender" (une ballade qui sent la cigarette
froide et les regrets du lendemain).
Pourquoi c’est un chef-d’œuvre ? Parce que Costello,
ici, ne joue plus à l’intellectuel rock. Il se met à nu, ou presque. Les textes
sont toujours aussi acérés, mais la musique respire, danse, et parfois même
console. Les Attractions (Steve Nieve au clavier, Bruce Thomas à la basse, Pete
Thomas à la batterie) n’ont jamais été aussi inspirés, aussi proches de
l’implosion. Et puis, il y a cette production : un son brut, presque lo-fi, qui
donne l’impression d’écouter un concert dans un club enfumé. Les démos acoustiques
en bonus (dans les rééditions) confirment d’ailleurs que ces morceaux tenaient
debout même sans fard.
Les titres à écouter absolument (et où les trouver sur
YouTube) :
"I
Can’t Stand Up for Falling Down" : La reprise qui donne le ton,
entre soul et crise existentielle.
"Human
Touch" : Costello en mode "j’ai tout, mais je n’ai
rien". Un chef-d’œuvre de tension musicale.
"Love
for Tender" : La ballade qui prouve que le cynisme peut avoir un
cœur.
"Riot
Act" : La chanson qui clôt l’album, et qui sonne comme un adieu
(provisoire).
"B
Movie" : Pour les fans de Doors et de riffs qui collent aux
baskets.
Le mot de la fin "Get Happy!!" est un
disque de survie. Celui d’un artiste qui a failli se noyer dans son propre
venin, et qui a choisi de danser sur les décombres. Ce n’est pas son album le
plus célèbre, ni le plus "parfait", mais c’est peut-être son plus
humain. Et aujourd’hui, alors que le monde semble tourner à l’envers, il fait
du bien de se rappeler que le bonheur, même factice, reste une sacrée bonne
raison de se lever le matin.
PS : Pour les puristes, la réédition 2003 avec les démos
acoustiques est un must. Et si vous croisez un vinyle d’occasion, achetez-le
sans hésiter. Ce genre de disque, ça se transmet comme une maladie bénigne.
ELVIS
COSTELLO & THE ATTRACTIONS - Get Happy!! (1980)
On dit souvent que la contrainte crée la forme. Après les
tensions de Armed Forces et cette tournée américaine désastreuse où
l'alcool a délié les langues un peu trop vite, Costello avait besoin de se
racheter une conduite, ou du moins de changer de costume. Fini le punk
anguleux, place à la Soul. Mais attention, pas celle qui s'étire en longueurs
sirupeuses. Non, ici, on parle d'une urgence frénétique : 20 titres en 48
minutes. Une course contre la montre où chaque seconde est rentabilisée.
Dès la pochette, avec son usure simulée (bien avant que cela
ne devienne une mode Instagram), on sent l'hommage au vinyle 60s, celui qu'on a
poncé sur la platine. Musicalement, c'est un tour de force. Costello et ses
Attractions digèrent la Motown, la Stax et le Northern Soul, mais ils le font
avec une nervosité toute britannique. C'est de la soul jouée par des gens qui
ont trop bu de café. Steve Nieve est impérial, ses claviers bondissent partout,
tandis que la section rythmique Thomas/Thomas verrouille le tout avec une
précision effrayante.
Ce qui frappe, c'est cette densité. À peine le temps de
savourer un refrain que le morceau suivant vous saute à la gorge. Il y a de la
mélancolie, bien sûr, cachée sous le tempo, des jeux de mots à tiroirs
("New Amsterdam") et cette voix, toujours au bord de la rupture, qui
n'a jamais été aussi expressive. C'est un disque de "collectionneur"
fait pour les juke-box de l'esprit. Un disque qui vous attrape par le col et
vous ordonne d'être heureux, ou du moins, de danser jusqu'à l'épuisement pour
oublier le reste.
Choix de titres à écouter d'urgence :
I
Can't Stand Up For Falling Down : La reprise de Sam & Dave. Deux
minutes de perfection rythmique. Si votre pied ne bat pas la mesure,
vérifiez votre pouls.
High
Fidelity : Pour l'ambiance un peu plus sombre, ce groove tendu qui
préfigure presque le trip-hop avec vingt ans d'avance.
New
Amsterdam : La valse hésitante où Costello montre qu'il peut faire
rimer cynisme et géographie sans perdre le fil de l'émotion.
Riot
Act : Le final dramatique, où le masque tombe enfin.
Le GaiTapis
Elvis Costello_._Get Happy!! (1980)(Full Album) Cette vidéo
permet d'écouter l'intégralité de l'album Get Happy!! dans son ordre
original, incluant les titres recommandés dans la chronique.