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dimanche 6 septembre 2026

Richard Thompson - 1000 Years of Popular Music. Enfin fait.


Enfin, je m’y colle, depuis le temps que je me le promets à moi.

Richard Thompson est grand. C’est par lui que je découvre Fairport Convention et que je m’aventure, sans me vautrer, dans le folk anglais.

Richard Thompson est grand, grand guitariste, si il veut il peut vous faire craquer comme Neil Young quand il fait craquer ses solos de guitare.

La preuve

Richard Thompson - Mirror Blue - The Way That It Shows



Haaaargh, au studio ils baissent le son pour le disque, alors qu’il continue à jouer, la légende parle d’un solo de trois jours et deux nuits !!

Ha mais c’est qu’il touche tellement à tout que des solos comme ça c’est pas souvent.

Richard Thompson est grand, grand érudit musical

Docteur Sorg déclenche ce papier dans sa chronique

100 Trésors Cachés / 3

Avec ce titre

Richard Thompson - 1000 Years of Popular Music – Ooops I Did It Again



Ho oui, quelle reprise, et moi qui adoooore les arrangements luxueux, j’ai été cueilli la première fois par la simplicité, la force, l’évidence de cette reprise.

Mais Richard ? Pourquoi ?

AMG répond

À l'aube de l'an 2000, le magazine Playboy a demandé à plusieurs musiciens de renom de désigner les plus grandes chansons du millénaire qui allait s'achever.

Parmi eux, Richard Thompson. Si nombre de ses confrères se sont contentés de remonter jusqu'en 1940 dans leur panorama de l'histoire de la musique, l'érudit Thompson a pris la question suffisamment au sérieux pour étendre sa propre liste de chansons marquantes jusqu'en 1068. 

Bien que Playboy n'ait finalement jamais publié la liste de Thompson, l'idée l'a tellement marqué qu'il a conçu une émission spéciale où il a présenté à son public sa propre version des plus grands succès des dix derniers siècles. 

L'album « 1000 Years of Popular Music » est tiré des enregistrements des concerts éponymes de Thompson. Au-delà de l'originalité de sa programmation (du plus ancien canon de la langue anglaise à Britney Spears en seulement 76 minutes !), il offre un aperçu rare de Thompson en tant qu'interprète et éclaire d'un jour nouveau ses influences musicales. 

Comme on pouvait s'y attendre, les premiers morceaux sont dominés par la tradition folklorique britannique, avec des titres comme « King Henry V's Conquest of France » et « Blackleg Miner » qui révèlent les prémices du sens mélodique de Thompson, tandis que d'autres airs témoignent de la manière dont l'opérette et les music-halls britanniques ont intégré et enrichi des thèmes similaires. 

Thompson se livre également à sa passion pour le jazz classique des années 1930 et 1940 avec quelques grands classiques de Nat King Cole et Louis Armstrong , et termine son périple en retraçant l'histoire du rock and roll, de Jerry Lee Lewis aux Who et aux Beatles , jusqu'à Prince et Britney Spears (« Oops! I Did It Again », 

dont Thompson écrit : « Hors contexte, c'est une très jolie chanson »). Sachant que très peu de ces morceaux étaient destinés à être interprétés à la guitare acoustique solo, les arrangements de Thompson sont inventifs et efficaces ; qu'il recherche l'humour ou l'émotion, il tire le meilleur parti de son répertoire. (Il a également la chance d'être accompagné sur scène par la chanteuse Judith Owen et le percussionniste Michael Jerome ). 

« 1000 Years of Popular Music » est un ouvrage divertissant, instructif et bien plus enrichissant qu'une conférence classique sur l'histoire de la musique. Peut-être Thompson devrait-il envisager d'écrire un ouvrage sur le sujet si jamais ses doigts, pourtant si habiles, venaient à le trahir. (L'album « 1000 Years of Popular Music » est sorti sur le label indépendant de Thompson, Beeswing Records, et peut être acheté sur son site web.

 

J’ai longtemps été intimidé par cet album, par ce concept. L’écouter sans se préoccuper des sources originales ? Bonne idée, je ne l’ai pas fait.

Chaque fois que je repassais devant je me disais… il faudra bien. Eh bien, je fais bien, même mieux.

L’écouter en alternant des versions différentes ou les originaux et son disque ? Drôle d’idée. Je le fais

Je vous droppe le résultat.

Deux idées pour s’en faire des idées

Purcell - Dido and Aeneas - when I Am Laid In Earth



Richard Thompson & Judith Owen



Ou

Harry Belafonte - Belafonte At Carnegie Hall – Shenandoah



RT



Ou

Louis Armstrong - Rocking Chair



RT



 

Etc…

Ça fait trois ? Ha oui, je me suis mélangé les doigts

 

Résultat, les originaux, bien, mais l’unité apportée par Richard ne m’apparait que maintenant. Elle est évidente sur le papier mais je n’avais pas opéré d’écoutes approfondies.

Maintenant c’est fait ce qui justifie mon papier.

Pour conclure, un peu de détail :



01. Sumer Is Icumen In — traditionnel anglais, XIIIᵉ siècle (v. 1250-1260), manuscrit Harley 978.

02. King Henry V’s Conquest of France — ballade traditionnelle anglaise, sur Henri V et Azincourt (1415) — Child Ballad n°164 / Roud n°251.

03. When I Am Laid in Earth - Dido and Aeneas by Henry Purcell 1689

04. So Ben Mi Ca Bon Tempo - Orazio Vecchi 1550-1605

05. Shenandoah — traditionnel américain, début XIXᵉ siècle (probablement années 1820), chant de voyageurs du Missouri devenu chant de marins — Roud 324.

06. Blackleg Miner — traditionnel anglais, chant de mineurs du Northumberland/Durham contre les briseurs de grève ; probablement XIXᵉ siècle, parfois rattaché au conflit minier de 1844 — Roud 3193.

07. Waiting at the Church — Vesta Victoria, 1906 ; paroles Fred W. Leigh, musique Henry E. Pether ; chanson de music-hall britannique — Roud V53409.

08. Trafalgar Square (I Live in Trafalgar Square) — C. W. Murphy, 1902 ; chanson de music-hall britannique, créée/popularisée par Morny Cash.

09. There Is Beauty in the Bellow of the Blast — Gilbert & Sullivan, extrait de l’opérette The Mikado (1885) ; paroles W. S. Gilbert, musique Arthur Sullivan.

10. Why Have My Loved Ones Gone? — Stephen C. Foster, 1861 ; paroles et musique de Foster, ballade populaire américaine.

11. Old Rocking Chair’s Got Me (Rockin’ Chair) — Hoagy Carmichael, 1929 ; standard de jazz américain, notamment popularisé par Louis Armstrong.

12. Orange-Coloured Sky — Milton DeLugg & Willie Stein, 1950 ; chanson populaire américaine, surtout popularisée par Nat King Cole avec l'orchestre de Stan Kenton.

13. Cry Me a River — Arthur Hamilton, 1953 ; chanson américaine écrite pour Ella Fitzgerald, popularisée par Julie London en 1955 ; devenue un standard de jazz.

14. Drinking Wine Spo-Dee-O-Dee — Stick McGhee & J. Mayo Williams, 1947 ; jump blues/R&B américain ; succès de Stick McGhee dans son réenregistrement Atlantic de 1949.

15. The Fool — Lee Hazlewood, 1956 ; créé par Sanford Clark ; country-rockabilly américain, produit par Hazlewood.

16. A Legal Matter — Pete Townshend, 1965 ; chanson des Who, parue sur My Generation ; rock britannique/mod.

17. Tempted — Squeeze, 1981 ; Chris Difford / Glenn Tilbrook ; chant original Paul Carrack ; extrait de East Side Story ; pop britannique teintée de soul.

18. Kiss — Prince, 1986 ; Prince and the Revolution, album Parade ; funk minimaliste, initialement conçu pour Mazarati.

19. Oops!... I Did It Again — Britney Spears, 2000 ; Max Martin (Karl Martin Sandberg) / Rami Yacoub ; pop américaine produite en Suède.

20. Sam Hall — traditionnel anglais ; ancienne ballade Jack Hall, inspirée du voleur Jack Hall pendu en 1707 ; transformée en Sam Hall par W. G. Ross au XIXᵉ siècle — Roud 369 / Laws L5.

21. Money (Money, Money, Money) — ABBA, 1976 ; Benny Andersson / Björn Ulvaeus ; album Arrival ; chant Anni-Frid Lyngstad.

22. It Won’t Be Long — The Beatles, 1963 ; Lennon–McCartney (principalement John Lennon) ; ouverture de With the Beatles ; rock/Merseybeat britannique.

23. Marry, Ageyn Hic Hev Donne Yt — Richard Thompson, 2003 ; pastiche médiéval de Oops!... I Did It Again de Britney Spears (Max Martin / Rami Yacoub, 2000) ; fausse attribution humoristique au XIIIᵉ siècle.

 

lundi 31 août 2026

La Rentrée: Deep Purple - Splat! ..... La Sortie: Guns N' Roses - Chinese Democracy



J'ai un peu modifié ce post pou mettre en avant cette chanson que je n'ai pas encore épuisée







Vite, vite, un dernier papier du mois d’août ? Mais vite fait.

En fait, deux déclencheurs

Un papier sur le dernier Deep Purple, je précise car dans quelques centaines d’années, va savoir combien de next Deep Purple ?

https://lifesensationsinmusicii.blogspot.com/2026/08/dans-les-vieilles-gamelles-quelles.html

Un autre sur le premier Gun’s qui me fait commenter le dernier

https://ledeblocnot.blogspot.com/2026/08/guns-n-roses-appetite-for-destruction.html

 

Deep Purple, improbable ? En tout cas me fait déjà regretter de ne pas m’être intéressé aux précédents.



Quitte à paraphraser Pascal-Georges ; si on a aimé Deep Purple, si on a souvent, tout le temps suivi avec plaisir les virages musicaux qui conservaient un socle familier tout en explorant en marge du groove, du lourd…

Aujourd’hui tout roule, tout coule, un peu comme les Stones, mais je n’en avais pas pris conscience, il y a un esprit Deep Purple et l’esprit est là, pas besoin de s’embêter à analyser la lettre.

Gamin je plaçais un Deep Purple et j’écoutais debout, pas moyen autrement.

Aujourd’hui ? C’est debout que l’on écoute

Deep Purple - Splat! - Arrogant Boy



Un petit air de prog à la Kansas ? Pas pour me déplaire.

Moyenne d’âge ? Plus ou moins 80 ans (une exception, un jeunot) ? Pas pour me déplaire

PG parle de vieilles gamelles. Je pense patrimoine, en cuisine on parlerait « blanquette de Veau ». C’est pas nouveau, c’est bon. La saveur, dès les premières secondes, dès les premières  bouchées je m’y retrouve, à part peut-être chez METRO aucune nouvelle blanquette ne ressemble à la précédente ! C’est pareil mais en différent.

J’ai mis pas mal de ****, quitte à les réviser plus tard, pour l’instant « je m’éclate » (pas de panique, à l’époque cela voulait dire je kiffe, c’est rrrrô bien)

Deep Purple - Splat! - Third Call



 

En parlant de s’éclater, un vrai dernier album, presque certain, le dernier Gun’s & Roses


Sur le web vous trouverez l’histoire autour de la conception de cet album, dix ans, Axl Rose seul aux commandes, des requins de studio, des invités de marque….

Important : ce n’est pas un mauvais album, plus triste, c’est un album sorti dans l’indifférence. Un dernier Gun’s ? Tout le monde s’en foutait en 2008.

Des nostalgiques du « Appetite » ont dû jeter une oreille, ça n’a pas duré dix secondes.

Moi itou, c’est en lisant le papier DeblocNote sur le « Appetite » et en vantant les imperfections des « Use » que je me suis – enfin – demandé ce que valait le dernier. La chronique de AMG a fait la différence.

J’ai usé « Appetite » et je ne l’écoute plus, je farfouille encore aujourd’hui, 35 ans plus tard, dans les « Use » car mon goût pour le grandiloquent immodeste lorgnant sur la frontière du grotesque est grand. Et quand la frontière est franchie, je peux jubiler, le tout c’est de ne pas y traîner.

« Chinese Democracy » c’est enfin Axl qui assume son admiration pour Elton John, moi je pense à celui de « Blue Moves » de « Goodbye .. »

Gros son d’orchestre, ballade tire larmes, des zestes de Gun’s, des refrains pop, des solos de guitare pourtant interdits depuis que Metallica l’a décrété

Guns N' Roses - Chinese Democracy – Better



Et du tonton John ? Hein ? Quand c’est qu’il y a du tonton

Guns N' Roses - Chinese Democracy – Street Of Dreams



Il a raison AMG d’insister

https://www.allmusic.com/album/chinese-democracy-mw0000802741

« Au final, ce n'est qu'un album. » Et c'est un bon album, ni plus ni moins.

Bien entendu si les boursouflures de Meat Loaf agacent, si Queen et sa grandiloquence crispent et si les grands titres orchestrés de Elton John révulsent … une mise en garde que j’aurais dû mettre en introduction

Pour les auditeurs rescapés. Un titre qui s’écoute debout, en faisant de grands mouvements tai-chi-chuan

Guns N' Roses - Chinese Democracy – This I Love



On est quand ?

31 Août !

Ouf.

Pour la rentrée ? Qu’est ce qui est prévu ?

Peut-être le dernier ZZ Top ?

samedi 29 août 2026

À l'attention de Monsieur Gioacchino Rossini. 2, rue de la Chaussée-d’Antin, 75009 Paris

 


Une idée loufoque, Rossini, et si je lui écrivais une lettre ? Hein ? Pourquoi pas. J’imaginais bien ce dispositif littéraire, en toute absence de modestie, atténuée par une lucidité qui m’évite le melon.

La lettre ? C’est pour dire merci. Si je n’adopte pas la forme de lettre, j’exprime ça comment, hein ? Hein ? Tu sais pas quoi répondre ! Allez Go

La Lettre

Cher monsieur Rossini, ça fait un moment que j’y pense, freiné je l’ai été par la distance qui nous sépare et par la crainte du ridicule.

Je vous dois des remerciements et je profite de Cendrillon pour les exprimer.

Cendrillon a une place particulière, et je ne dois rien à M. Disney, mais plutôt à M. Lewis avec son Cendrillon aux grands pieds. Souvenir grandioooose que je vais insérer dans cette lettre, je ne suis pas à un anachronisme près.

Jerry Lewis – Cendrillon aux Grands Pieds



Pardon, je m’égare. Pourtant le plaisir, le frisson physique de contentement presque douloureux que je ressens avec Jerry descendant les escaliers, je les retrouve déjà sur cette progression musicale entre acteur chanteur…

Dans ces dix minutes, un véritable concentré de votre talent, les silences ne sont pas de Mozart ici et il n’y en a pas que pour les ténors et la progression aboutit à une explosion de saveur, de vie.

Atto 1,  Signore, Una Parola



Pour tout vous dire, vous êtes deux à m’avoir apporté des pierres essentielles à mon amour pour l’opéra. Si Puccini a été un grand tire-larmes, c’est avec M. Mozart et M. Vous que j’ai découvert un bonheur d’écoute. Coïncidence ? C’est Beaumarchais qui vous apporte Figaro et vous, vous m’offrez les clés d’écoute qui me serviront à vie.

Beaumarchais ! C’est aussi l’adresse de ma maman, je ne peux pas éternellement refuser les signes, alors promis, bientôt je me pencherai sur ce théâtre pour comprendre. Une œuvre d’époque dont vous avez extrait l’esprit de révolte qui se prépare ? Une richesse de situation et d’écriture qui a surtout inspiré cette musique pétillante, élégante ?  Et la question finale : les opéras traversent le temps, et ce théâtre ?

-

          - Quel rapport entre Cendrillon et Beaumarchais ?

-          - Ho la la, je profite de la lettre pour poser la question

-          - T’es conscient qu’il n’y aura pas de réponse ?

-          - Et toi, j’ai appris que ta grand-mère reprenait le vélo, va vérifier !!!

 

Revenons à la musique

Cendrillon aujourd’hui, mais hier ce fut le Barbier, L’Italienne à Alger.

Comment résister et pourquoi résister à vos ouvertures ?

Sinfonia



À vos orages



Autre chose que je vous dois, mon entourage m’a souvent reproché, moi les rejoignant, ma légèreté. Avec votre musique je comprends que légèreté n’est pas le contraire de profondeur, elle n’est pas synonyme de superficialité.

Cette légèreté, au point d’imaginer une lévitation provoquée et par la joie et par le dédain de l’attraction terrestre. Sauvé par le plafond… sinon où nous retrouverions nous…

Atto I,  Zitto, Zitto, Piano, Piano



Atto I,  Principino, Dove Siete?



 

Alors, comme Cendrillon, sur la pointe des pieds, sautillant, je conclus

Finale, Non Più Mesta



Alors ! Pas belle la vie ? Pas belle le Canto ? Merci qui ? Merci Rossini. Et ça rime ? Avec Joachim.

PS : Je n’ai pas oublié vos grandes recettes de cuisine, dont ce Risotto qui m’intimide, foie gras et truffe (en parlant de légèreté, hein !).

PS encore : Je ne sais pas pour vous, mais quand je vous écoute j’entends parfois « pinot noir ». Et entendre parfois est insuffisant. Avec des bulles? Avec des bulles!!

Fin de cette lettre.

Ça me donne des idées, une autre à Wolfgang encore moins guindé, plus tard une à Bach en plus respectueuse, juste le temps de m’approprier une œuvre.

Elvis Costello ? Naaaan, pas Elvis, il est vivant, la chance que le courrier l’atteigne est quasi nul mais….. pire je n’aimerais pas me prendre le vent de Bret Easton Ellis lorsqu’il a voulu exprimer son admiration.


samedi 22 août 2026

Ashenspire - Hostile Architecture. C'est Noir. C'est Brillant. Pourtant ça ne Soulage pas


Du côté de chez Ranx, une découverte qu’il me fallait, qu’il me faut relayer. Pas oublier de cliquer pour accéder au savoir.

Ashenspire - Hostile Architecture

Comment dire ? Ça me fait penser à Umberto Eco et son Pendule de Foucault, pour inciter à la lecture de ce chef d’œuvre il y a un argument qui fonctionne : n’abandonnez pas aux premières pages, please, n’abandonnez pas, vous pouvez être rebuté par l’aridité du début, mais rapidement vous allez être happé, le tout c’est de tenir quelques minutes.

(Quoi vous avez aimé de suite? J'avoue avoir été dérouté par la géométrie du début)

Sur « Plattenbau Persephone Praxis » c’est pareil. Il s’agit de tenir quelques secondes et soudain c’est un héritage inattendu de King Crimson (Larks' Tongues In Aspic), de VDGG & Peter Hammill et ce chant fiévreux qui fait penser à Nick Cave – sur « How The Mighty Have Vision »  - quand il se vautre dans les larmes et la fureur.

Ashenspire - Hostile Architecture - Plattenbau Persephone Praxis 



Saxo et violon sillonnent l’œuvre un peu comme Graham Smith se « promène » chez Van Der Graaf.

Des héritiers de couleurs sombres qui évoquent une littérature lovecraftienne. Pas une imitation, la musique explore des terrains peu ou mal défrichés.

Le Black  Metal Norvégien ? Son influence affleure sur les titres, mais là où il invoque le paganisme, le cosmique ou à contrario le tellurique ces artiste écossais forgent un message urbain. 

Ils mélangent du jazz, de la musique contemporaine, c'est pourquoi j'ai opté pour la tiquette "Avant-Garde Black Metal"

Les textes? Furieux et sublimes de sombre poésie

Une colère tournée vers cette société qui a conçu une architecture pour oppresser, à l’image de ses valeurs difficilement avouables.

Texte associé à la musique et nous obtenons un chef d’œuvre de musique contemporaine

Jetés à la rue pour leurs péchés.
Je ne traînerai pas plus les pieds
qu'ils ne traînent dans la boue.
Les mains criblées de salaires, les poings dégoulinants de sang.
Pourquoi les affamés prennent-ils toute la nourriture ?
Pourquoi les nus cousent-ils des paillettes, isolés dans des ateliers clandestins ?
Pourquoi les capitalistes blâment-ils les chômeurs ?
On est tous pris au piège, jusqu'au cou.
L'horizon se rétrécit, le nez collé au sol.
Le déclin commence avant même la naissance.
Les narcotiques, pour faire face à la situation, font prospérer la négligence.
Et un visage dans la poussière.
Une raclée pour apaiser une douleur latente.
Et après tout, les choses ne peuvent pas empirer.
C'est la troisième fois cette année
que tu portes des amis dans un corbillard.
Comme si la faim nous tenaillait,
comme pour cautériser une brûlure.

 

Et ce titre, du liturgique à la sauce Nick Cave. Peu violent mais tout en tension

Ashenspire - Hostile Architecture - How The Mighty Have Vision



 

(Comme les puissants ont de la vision)
(Comme ils restent là, abattus)
(Devant les œuvres qu'ils ont réalisées)
(Comme leur fierté et leur décorum)
Deviennent maintenant un rappel
Que ceux qu'ils méprisent
ont encore besoin d'un endroit, d'un abri

 

Et enfin le clou, la prière, le cri, la prise de conscience….. je sors de ces écoutes épuisé mais galvanisé.

Ashenspire - Hostile Architecture - Cable Street Again



Les temps désespérés exigent des mesures disparates,
quelques diversions pour changer la façon dont la pression se relâche.
Je vois la langue fourchue dans l'oreille des tendus,
et les deux canons braqués sur ceux qui sont en marge,
ces gens dépossédés,
aux yeux argentés, vitreux d'un miroir de traumatisme
, des bateaux coulés dans un bain de formaldéhyde.
Le réactif de Tollens marque à nouveau l'iris.
Alors tais-toi, ou je le ferai pour toi.

La violence est là.
Les Chemises noires modernes sont dans les rues.
À quoi bon la civilité face à un trottoir rempli de dents ?
Ce n'est pas le système qui est défaillant, mais son produit.
On ne peut réparer ce qui fonctionne comme prévu.
Imprimerie aux dents acérées, virulente, caustique.
Ils ont eux-mêmes lié les faisceaux, ils ont affûté la hache.
Sachez-le, ils ne se reposent pas, ils ne lisent pas les règles.
Ils sont désespérés de guerre, ils en ont une envie irrésistible.
Si cela doit redevenir Cable Street, nous ne gagnerons pas par le débat.
On ne peut raisonner avec la malice.
Les faisceaux doivent se briser.

Tiens ça me fait penser à

Night Rally


Non, non, ce n'est pas gratuit... renseignez vous



jeudi 20 août 2026

Rod the Mod ? Il a pas changé, c’est lui qui le dit


Un papier léger en attendant du lourd, je suis à la maison de campagne à Bergerac, à peine mis le nez dehors je suis dans la musique jusqu’aux oreilles. 100% du temps si je considère rêver de musique (Je peine à exagérer tout de même)

Donc le lourd c’est de la concentration, de l’investissement oreille fraiche et quand je dis 100%, bon je fais des pauses, du silence pour reposer.

Ou alors, il y a

Rod Stewart - Still the Same… Great Rock Classics of Our Time - I’ll Stand By You



Je vous jure que c’est comme ça que c’est arrivé. Je raconte, L’émission de Assayas consacrée aux Stones, un titre « Out Of Time », qui m’a pris au petit déjeuner, mais dans la version de Chris Farlowe

Chris Farlowe - Out of Time



(Mériterait un papier, une voix comme ça, mais bon…je vais jamais finir)

Du coup, pour la refaire je demande à QOBUZ ce genre de Playlist nommé Radio. Et c’est à cette occasion que je tombe sur ce titre chanté par Rod. L’original me revint mais pas dans la seconde

The Pretenders - Last Of The Independents - I’ll Stand By You



Kwaaaa le faineant a fait un album de reprise…. Kwaaaa et pas qu’un seul.

Avec une voix pareille, il y en a un qui a dû demander

« Rod ? Tu fais quoi ces temps-ci ? »

« Rien je me tourne les pouces »

« Tu veux pas continuer mais en reprenant des chansons ultra connues ? »

« J’ai eu peur que tu me proposes le bottin (introuvable d’ailleurs)»

« Et gag, reprendre « It’s A Heartache » toi imitant Tyler imitant toi ? »

 

Bon les copains, ce genre de disque à l’époque du vinyle aurait pu faire grincer les dents de nos tirelires (Les cochons ont des dents, non ?)

Mais en Streaming, je vais pas m’interdire ces ritournelles bourrées de violons, de choeurs et cette voix, cette voix… et cette veste… cette veste….

Rod Stewart - Still the Same… Great Rock Classics of Our Time – Father and Son



Il en a fait d’autres ?

Plein, plein….

Que voulez-vous, avec l’âge, tous les chemins mènent à Franc, heu Franck, merde, Franque… Frank !! 


samedi 15 août 2026

Olivia Rodrigo - You Seem Pretty Sad For A Girl So In Love


Pour partager un enthousiasme joyeux, pour illustrer un propos placé chez Sorg à propos des albums que l’on aime de suite sans effort d’écoute, pour évoquer des compositions qui cochent de nombreuses cases années 80….

… je propose de m’effacer devant ces évidences

Certains entendent NEW ORDER sur celui-ci

Olivia Rodrigo - You Seem Pretty Sad For A Girl So In Love - U + Me = <3



Le duo avec Bob Smith m’a craquer (jl’ai fait exprès, le verbe à l’infinitif, exprès jvous dit)

(Mon grand âge : à chaque fois que j’entends un chanteur que j’ai beaucoup aimé, invité, des frissons larmoyants)

Olivia Rodrigo - You Seem Pretty Sad For A Girl So In Love - What’s Wrong With Me



Démarrage dansant, sautillant, joyeux

Olivia Rodrigo - You Seem Pretty Sad For A Girl So In Love - Drop Dead



Et des moments plus intimes

Olivia Rodrigo - You Seem Pretty Sad For A Girl So In Love – Less



 

Je pourrai placer tous les titres. Enthousiasme transmis ? J’espère.

Maintenant trouver une création qui demande davantage d’implication, d’immersion pour découvrir des trésors cachés.

Vous avez vu ? Sobre !


Quelques critiques

AMG (https://www.allmusic.com/album/you-seem-pretty-sad-for-a-girl-so-in-love-mw0004793351)

Chaque aspect de « pretty sad » témoigne d'une maîtrise exceptionnelle. L'album offre une réinterprétation réussie de la new wave et de la synthpop des années 80, digne d'une bande originale de John Hughes, et brille particulièrement sur le titre « u + me = <3 », véritable hommage à New Order. Sa structure chronologique permet aux émotions de Rodrigo de s'envoler vers des sommets dans la première partie avec « honeybee » – qui culmine en une grandiose déclaration d'amour musicale avec cordes et chœur – si bien que lorsqu'elles retombent dans la seconde partie avec l'honnêteté désespérée de « begged », on comprend aisément la douleur qui la submerge. Si les émotions de Rodrigo sont parfois confuses, elle les exprime avec une cohérence d'écriture remarquable. Des images de maladie, de vide et de désintégration surgissent même dans des moments apparemment heureux comme « maggots for brains », un hommage irisé à la morosité ambiante après la disparition de l'être aimé. Le mal d'amour est littéral et physique sur « less », où sa tête et son corps « protestent » sur une mélodie de piano poignante qui doit beaucoup à son amour pour Billy Joel .


Telerama (https://www.telerama.fr/musique/you-seem-pretty-sad-for-a-girl-so-in-love-olivia-rodrigo-soigne-ses-chagrins-avec-un-album-exaltant_cri-7044706.php)

Sur ce troisième album, Olivia Rodrigo remonte encore plus loin que ses années 1990 chéries, s’inspirant toujours des grandes heures du rock alternatif, mais puisant aussi allègrement dans la new wave des années 1980. Les violons sont souvent synthétiques, les guitares parfois cold wave, comme sur maggots for brains où l’influence de The Cure est manifeste. Rodrigo est d’ailleurs adoubée par Robert Smith lui-même, venu prêter sa voix sur what’s wrong with me — l’occasion de confirmer que le chant de ce Peter Pan vocal est aussi juvénile que celle de la vedette vingtenaire. Le romantisme au lyrisme vénéneux de the cure, lui, n’est pas si loin du Mellon Collie and the Infinite Sadness des Smashing Pumpkins. L’album de la maturité ? Ce serait insulter le pur plaisir qu’est you seem pretty sad for a girl so in love.

Une petite passe rigolote sur le grand âge

Telerama

Ces influences sont certes passées à la moulinette d’une production moderne à gros budget, mais leurs restes ne peuvent que toucher le quadragénaire que nous sommes

Un lecteur

ce doit être en effet un disque que pour les quadras nostalgiques d'une période qu'ils n'ont pas vécu.

Ouille, ça fait mal... je m'en fous j'ai 66 ;-)




mercredi 12 août 2026

Un Divan, Une Diva dit va… écoute, craque et pleure dans ta Chouffe


C’est Pascale, qui connait mon talent d’Achille, mon goût pour ces divas pop&jazz coincées dans les productions des années 50. Et cette tiquette « Torch Song ». Non, comme je pouvais l’imaginer, cela ne signifie pas la chanson à pleurer après s’être torché. L’étymologie a davantage d’élégance

« to carry a torch for someone » continuer à brûler d'amour pour quelqu'un, généralement un amour perdu, impossible ou non partagé

Rien n’interdit de finir la bouteille pour autant.  

Hier il y a eu RAYE, de la musique cinématographique, je vous en colle encore deux qui me font craquer. Pas un feu de paille, des milliers d’hectares d’émotion cramés. Sans oublier l’ombre de John Barry sur

Raye - This Music May Contain Hope - I Will Overcome...



et aussi cette chanson qui invite Al Green, mes larmes s’annoncent dès qu’elle dit

But it is my pleasure
To say that all the way from Memphis, Tennessee
Put your hands together (Put your hands)
Ladies and gentlemen
For Al Green

Raye - This Music May Contain Hope - Goodbye Henry. (feat. Al Green)



 

Et le reste est varié même si peu original, et c'est ça kjeveux.

Bon, maintenant naissance d’une autre Diva,

SIENNA SPIRO


Ses influences ? Amy Winehouse , Frank Sinatra et Raye (Tiens ? RAYE ??!!)

Origine ? Angleterre.

Donc, ce serait la nouvelle…. La dernière…..

Sienna Spiro – Visitor - You Stole The Show



Elle me tue quand sa voix force, contrairement à Adèle qui reste ligne claire, il y a comme un déchirement, l’apparition de failles.

Bon, un gros tube avec peut-être une vraie vidéo ?

Sienna Spiro – Visitor - Die On This Hill



Vous avez compris si vous avez tenu jusque-là. Je ne pense que du bien de Celine Dion et ne dirait jamais de mal de la galaxie Adele.

En fait de galaxie, je devrai remonter dans les années 50 avec des Julie London, Judy Garland… Adele une petite étoile dans cette constellation..

Comme pour RAYE je passerai bien tout le disque, chaque titre évoque un climat connu, un climat recherché… Tiens James Bond, vous savez le titre accrocheur pour introduire le film

Sienna Spiro – Visitor - Time, You & Me



 

Et pour conclure, la solution de facilité, un titre rabâché. Pas mieux que Yves Montand, mais ici un timbre proche de Camelia Jordana, ben woui, je l’aime moi la voix de Camelia…

Sienna Spiro – Visitor - Autumn Leaves



Maintenant, pour ceux qui se pensent englués dans ces interprétations geignardes et poseuses, voici le contre-poison, pire que le mal ?

Commençons par une explication de TexTiquette

Deathcore : sous-genre de musique extrême qui fusionne Punk Hardcore et Death Metal 

Ce n’était pas prévu dans ce post, mais AMG a mis en avant CASTIEL



« …..et on peut affirmer sans hésiter que Castiel surpasse largement tous les autres groupes de deathcore autrichiens. On pourrait même dire que c'est valable pour toute l'Europe ! Continuez comme ça, Castiel ! »

Tandis que Sienna invite tous les éléments à sa disposition pour émouvoir, torchoir, à des centaines de mètres sous terre, un groupe créature hurle sa colère, haine et détresse, propos incompréhensibles mais si limpide.

Castiel - Act IV: Empty Throne



Possible de les regarder comme du guignol grotesque, idéal pour prendre la bonne distance. Pourtant deux aspects à prendre en compte : musical pour écouter et éviter l’attitude de nos parents qui découvraient le rock bruyant et crasseux, et sociétal comme expression d’un rejet.

Si il ne s’agit plus de distance, mais d’adhérer à un état d’esprit le temps d’une écoute pleine d’appréciations.  

Je vous conseille une plongée dans un des papiers de RANX

LoRDs oF CHaoS


Comment glisser du ricanement moqueur, vers un trouble lovecraftien pour atterrir sur du malaise bien  réel.

Drôle de post, le mien,  monté à la « à la va-comme-je-te-pousse», pour me faire pardonner

Sienna Spiro – Visitor – This Is My House