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vendredi 13 mars 2026

GET HAPPY : Battle entre IA Part 5/5, MISTRAL imite mon blog

 

Voici une chronique de l’album "Get Happy!!" d’Elvis Costello, dans l’esprit du blog "Gaitapis" — c’est-à-dire avec un ton à la fois passionné, un peu désinvolte, et toujours ancré dans l’émotion musicale et l’histoire du disque.


Elvis Costello – Get Happy!! (1980) : Le soul man blanc qui s’est brûlé les ailes

Il y a des albums qui naissent d’un ras-le-bol, d’une envie de tout casser, ou simplement de se réinventer avant que le monde ne vous enterre. "Get Happy!!" est de ceux-là. Après avoir frôlé le burn-out artistique et médiatique, Costello débarque en 1980 avec un disque qui sent la sueur, la soul, et un peu le désespoir chic. Exit les poses new wave et les couplets cinglants d’"Armed Forces" : ici, on danse, on sue, on s’accroche à des mélodies courtes comme des coups de poing, et on se demande si le bonheur n’est pas juste une autre forme de folie.

Un album en 20 morceaux, ou comment survivre à sa propre légende Imaginez : 20 titres en moins de 50 minutes, des morceaux qui s’enchaînent comme des singles Motown, avec des basses qui grognent, des claviers qui scintillent, et une voix qui oscille entre rage et tendresse. Costello a écouté Stax, a volé des riffs à Booker T., et a balancé tout ça dans un mixeur avec son cynisme habituel. Le résultat ? Un disque qui respire l’urgence, la frénésie, et une étrange joie mélancolique. "I Can’t Stand Up for Falling Down" (reprise de Sam & Dave) ouvre le bal avec une énergie presque paniquée, comme si le chanteur savait qu’il n’avait plus le temps de tergiverser. Puis viennent "Human Touch" (un cri de solitude en costume de soul), "Beaten to the Punch" (la boxe en 2 minutes chrono), et "Love for Tender" (une ballade qui sent la cigarette froide et les regrets du lendemain).

Pourquoi c’est un chef-d’œuvre ? Parce que Costello, ici, ne joue plus à l’intellectuel rock. Il se met à nu, ou presque. Les textes sont toujours aussi acérés, mais la musique respire, danse, et parfois même console. Les Attractions (Steve Nieve au clavier, Bruce Thomas à la basse, Pete Thomas à la batterie) n’ont jamais été aussi inspirés, aussi proches de l’implosion. Et puis, il y a cette production : un son brut, presque lo-fi, qui donne l’impression d’écouter un concert dans un club enfumé. Les démos acoustiques en bonus (dans les rééditions) confirment d’ailleurs que ces morceaux tenaient debout même sans fard.

Les titres à écouter absolument (et où les trouver sur YouTube) :

  • "I Can’t Stand Up for Falling Down" : La reprise qui donne le ton, entre soul et crise existentielle.


  • "Human Touch" : Costello en mode "j’ai tout, mais je n’ai rien". Un chef-d’œuvre de tension musicale.


  • "Love for Tender" : La ballade qui prouve que le cynisme peut avoir un cœur. 


  • "Riot Act" : La chanson qui clôt l’album, et qui sonne comme un adieu (provisoire).


  • "B Movie" : Pour les fans de Doors et de riffs qui collent aux baskets. 


Le mot de la fin "Get Happy!!" est un disque de survie. Celui d’un artiste qui a failli se noyer dans son propre venin, et qui a choisi de danser sur les décombres. Ce n’est pas son album le plus célèbre, ni le plus "parfait", mais c’est peut-être son plus humain. Et aujourd’hui, alors que le monde semble tourner à l’envers, il fait du bien de se rappeler que le bonheur, même factice, reste une sacrée bonne raison de se lever le matin.


PS : Pour les puristes, la réédition 2003 avec les démos acoustiques est un must. Et si vous croisez un vinyle d’occasion, achetez-le sans hésiter. Ce genre de disque, ça se transmet comme une maladie bénigne.










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