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samedi 29 août 2026

À l'attention de Monsieur Gioacchino Rossini. 2, rue de la Chaussée-d’Antin, 75009 Paris

 


Une idée loufoque, Rossini, et si je lui écrivais une lettre ? Hein ? Pourquoi pas. J’imaginais bien ce dispositif littéraire, en toute absence de modestie, atténuée par une lucidité qui m’évite le melon.

La lettre ? C’est pour dire merci. Si je n’adopte pas la forme de lettre, j’exprime ça comment, hein ? Hein ? Tu sais pas quoi répondre ! Allez Go

La Lettre

Cher monsieur Rossini, ça fait un moment que j’y pense, freiné je l’ai été par la distance qui nous sépare et par la crainte du ridicule.

Je vous dois des remerciements et je profite de Cendrillon pour les exprimer.

Cendrillon a une place particulière, et je ne dois rien à M. Disney, mais plutôt à M. Lewis avec son Cendrillon aux grands pieds. Souvenir grandioooose que je vais insérer dans cette lettre, je ne suis pas à un anachronisme près.

Jerry Lewis – Cendrillon aux Grands Pieds



Pardon, je m’égare. Pourtant le plaisir, le frisson physique de contentement presque douloureux que je ressens avec Jerry descendant les escaliers, je les retrouve déjà sur cette progression musicale entre acteur chanteur…

Dans ces dix minutes, un véritable concentré de votre talent, les silences ne sont pas de Mozart ici et il n’y en a pas que pour les ténors et la progression aboutit à une explosion de saveur, de vie.

Atto 1,  Signore, Una Parola



Pour tout vous dire, vous êtes deux à m’avoir apporté des pierres essentielles à mon amour pour l’opéra. Si Puccini a été un grand tire-larmes, c’est avec M. Mozart et M. Vous que j’ai découvert un bonheur d’écoute. Coïncidence ? C’est Beaumarchais qui vous apporte Figaro et vous, vous m’offrez les clés d’écoute qui me serviront à vie.

Beaumarchais ! C’est aussi l’adresse de ma maman, je ne peux pas éternellement refuser les signes, alors promis, bientôt je me pencherai sur ce théâtre pour comprendre. Une œuvre d’époque dont vous avez extrait l’esprit de révolte qui se prépare ? Une richesse de situation et d’écriture qui a surtout inspiré cette musique pétillante, élégante ?  Et la question finale : les opéras traversent le temps, et ce théâtre ?

-

          - Quel rapport entre Cendrillon et Beaumarchais ?

-          - Ho la la, je profite de la lettre pour poser la question

-          - T’es conscient qu’il n’y aura pas de réponse ?

-          - Et toi, j’ai appris que ta grand-mère reprenait le vélo, va vérifier !!!

 

Revenons à la musique

Cendrillon aujourd’hui, mais hier ce fut le Barbier, L’Italienne à Alger.

Comment résister et pourquoi résister à vos ouvertures ?

Sinfonia



À vos orages



Autre chose que je vous dois, mon entourage m’a souvent reproché, moi les rejoignant, ma légèreté. Avec votre musique je comprends que légèreté n’est pas le contraire de profondeur, elle n’est pas synonyme de superficialité.

Cette légèreté, au point d’imaginer une lévitation provoquée et par la joie et par le dédain de l’attraction terrestre. Sauvé par le plafond… sinon où nous retrouverions nous…

Atto I,  Zitto, Zitto, Piano, Piano



Atto I,  Principino, Dove Siete?



 

Alors, comme Cendrillon, sur la pointe des pieds, sautillant, je conclus

Finale, Non Più Mesta



Alors ! Pas belle la vie ? Pas belle le Canto ? Merci qui ? Merci Rossini. Et ça rime ? Avec Joachim.

PS : Je n’ai pas oublié vos grandes recettes de cuisine, dont ce Risotto qui m’intimide, foie gras et truffe (en parlant de légèreté, hein !).

PS encore : Je ne sais pas pour vous, mais quand je vous écoute j’entends parfois « pinot noir ». Et entendre parfois est insuffisant. Avec des bulles? Avec des bulles!!

Fin de cette lettre.

Ça me donne des idées, une autre à Wolfgang encore moins guindé, plus tard une à Bach en plus respectueuse, juste le temps de m’approprier une œuvre.

Elvis Costello ? Naaaan, pas Elvis, il est vivant, la chance que le courrier l’atteigne est quasi nul mais….. pire je n’aimerais pas me prendre le vent de Bret Easton Ellis lorsqu’il a voulu exprimer son admiration.


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