Enfin, je m’y colle, depuis le temps que je me le promets à
moi.
Richard Thompson est grand. C’est par lui que je découvre
Fairport Convention et que je m’aventure, sans me vautrer, dans le folk
anglais.
Richard Thompson est grand, grand guitariste, si il veut il
peut vous faire craquer comme Neil Young quand il fait craquer ses solos de
guitare.
La preuve
Richard Thompson - Mirror Blue - The Way That It Shows
Haaaargh, au studio ils baissent le son pour le disque,
alors qu’il continue à jouer, la légende parle d’un solo de trois jours et deux
nuits !!
Ha mais c’est qu’il touche tellement à tout que des solos
comme ça c’est pas souvent.
Richard Thompson est grand, grand érudit musical
Docteur Sorg déclenche ce papier dans sa chronique
Avec ce titre
Richard Thompson - 1000 Years of Popular Music – Ooops I Did
It Again
Ho oui, quelle reprise, et moi qui adoooore les arrangements
luxueux, j’ai été cueilli la première fois par la simplicité, la force, l’évidence
de cette reprise.
Mais Richard ? Pourquoi ?
AMG répond
À l'aube de l'an 2000, le magazine Playboy a demandé à
plusieurs musiciens de renom de désigner les plus grandes chansons du
millénaire qui allait s'achever.
Parmi eux, Richard Thompson. Si nombre de ses confrères se sont contentés de remonter jusqu'en 1940 dans leur panorama de l'histoire de la musique, l'érudit Thompson a pris la question suffisamment au sérieux pour étendre sa propre liste de chansons marquantes jusqu'en 1068.
Bien que Playboy n'ait finalement jamais publié la liste de Thompson, l'idée l'a tellement marqué qu'il a conçu une émission spéciale où il a présenté à son public sa propre version des plus grands succès des dix derniers siècles.
L'album « 1000 Years of Popular Music » est tiré des enregistrements des concerts éponymes de Thompson. Au-delà de l'originalité de sa programmation (du plus ancien canon de la langue anglaise à Britney Spears en seulement 76 minutes !), il offre un aperçu rare de Thompson en tant qu'interprète et éclaire d'un jour nouveau ses influences musicales.
Comme on pouvait s'y attendre, les premiers morceaux sont dominés par la tradition folklorique britannique, avec des titres comme « King Henry V's Conquest of France » et « Blackleg Miner » qui révèlent les prémices du sens mélodique de Thompson, tandis que d'autres airs témoignent de la manière dont l'opérette et les music-halls britanniques ont intégré et enrichi des thèmes similaires.
Thompson se livre également à sa passion pour le jazz classique des années 1930 et 1940 avec quelques grands classiques de Nat King Cole et Louis Armstrong , et termine son périple en retraçant l'histoire du rock and roll, de Jerry Lee Lewis aux Who et aux Beatles , jusqu'à Prince et Britney Spears (« Oops! I Did It Again »,
dont Thompson écrit : « Hors contexte, c'est une très jolie chanson »). Sachant que très peu de ces morceaux étaient destinés à être interprétés à la guitare acoustique solo, les arrangements de Thompson sont inventifs et efficaces ; qu'il recherche l'humour ou l'émotion, il tire le meilleur parti de son répertoire. (Il a également la chance d'être accompagné sur scène par la chanteuse Judith Owen et le percussionniste Michael Jerome ).
« 1000 Years of Popular Music » est un ouvrage divertissant, instructif et bien plus enrichissant qu'une conférence classique sur l'histoire de la musique. Peut-être Thompson devrait-il envisager d'écrire un ouvrage sur le sujet si jamais ses doigts, pourtant si habiles, venaient à le trahir. (L'album « 1000 Years of Popular Music » est sorti sur le label indépendant de Thompson, Beeswing Records, et peut être acheté sur son site web.
J’ai longtemps été intimidé par cet album, par ce concept. L’écouter
sans se préoccuper des sources originales ? Bonne idée, je ne l’ai pas
fait.
Chaque fois que je repassais devant je me disais… il faudra
bien. Eh bien, je fais bien, même mieux.
L’écouter en alternant des versions différentes ou les
originaux et son disque ? Drôle d’idée. Je le fais
Je vous droppe le résultat.
Deux idées pour s’en faire des idées
Purcell - Dido and Aeneas - when I Am Laid In Earth
Richard Thompson & Judith Owen
Ou
Harry Belafonte - Belafonte At Carnegie Hall – Shenandoah
RT
Ou
Louis Armstrong - Rocking Chair
RT
Etc…
Ça fait trois ? Ha oui, je me suis mélangé les doigts
Résultat, les originaux, bien, mais l’unité apportée par
Richard ne m’apparait que maintenant. Elle est évidente sur le papier mais je n’avais
pas opéré d’écoutes approfondies.
Maintenant c’est fait ce qui justifie mon papier.
Pour conclure, un peu de détail :
01. Sumer Is Icumen In — traditionnel anglais, XIIIᵉ siècle (v. 1250-1260), manuscrit Harley 978.
02. King Henry V’s Conquest of France — ballade traditionnelle anglaise, sur Henri V et Azincourt (1415) — Child Ballad n°164 / Roud n°251.
03. When I Am Laid in Earth - Dido and Aeneas by Henry Purcell 1689
04. So Ben Mi Ca Bon Tempo - Orazio Vecchi 1550-1605
05. Shenandoah — traditionnel américain, début XIXᵉ siècle (probablement années 1820), chant de voyageurs du Missouri devenu chant de marins — Roud 324.
06. Blackleg Miner — traditionnel anglais, chant de mineurs du Northumberland/Durham contre les briseurs de grève ; probablement XIXᵉ siècle, parfois rattaché au conflit minier de 1844 — Roud 3193.
07. Waiting at the Church — Vesta Victoria, 1906 ; paroles Fred W. Leigh, musique Henry E. Pether ; chanson de music-hall britannique — Roud V53409.
08. Trafalgar Square (I Live in Trafalgar Square) — C. W. Murphy, 1902 ; chanson de music-hall britannique, créée/popularisée par Morny Cash.
09. There Is Beauty in the Bellow of the Blast — Gilbert & Sullivan, extrait de l’opérette The Mikado (1885) ; paroles W. S. Gilbert, musique Arthur Sullivan.
10. Why Have My Loved Ones Gone? — Stephen C. Foster, 1861 ; paroles et musique de Foster, ballade populaire américaine.
11. Old Rocking Chair’s Got Me (Rockin’ Chair) — Hoagy Carmichael, 1929 ; standard de jazz américain, notamment popularisé par Louis Armstrong.
12. Orange-Coloured Sky — Milton DeLugg & Willie Stein, 1950 ; chanson populaire américaine, surtout popularisée par Nat King Cole avec l'orchestre de Stan Kenton.
13. Cry Me a River — Arthur Hamilton, 1953 ; chanson américaine écrite pour Ella Fitzgerald, popularisée par Julie London en 1955 ; devenue un standard de jazz.
14. Drinking Wine Spo-Dee-O-Dee — Stick McGhee & J. Mayo Williams, 1947 ; jump blues/R&B américain ; succès de Stick McGhee dans son réenregistrement Atlantic de 1949.
15. The Fool — Lee Hazlewood, 1956 ; créé par Sanford Clark ; country-rockabilly américain, produit par Hazlewood.
16. A Legal Matter — Pete Townshend, 1965 ; chanson des Who, parue sur My Generation ; rock britannique/mod.
17. Tempted — Squeeze, 1981 ; Chris Difford / Glenn Tilbrook ; chant original Paul Carrack ; extrait de East Side Story ; pop britannique teintée de soul.
18. Kiss — Prince, 1986 ; Prince and the Revolution, album Parade ; funk minimaliste, initialement conçu pour Mazarati.
19. Oops!... I Did It Again — Britney Spears, 2000 ; Max Martin (Karl Martin Sandberg) / Rami Yacoub ; pop américaine produite en Suède.
20. Sam Hall — traditionnel anglais ; ancienne ballade Jack Hall, inspirée du voleur Jack Hall pendu en 1707 ; transformée en Sam Hall par W. G. Ross au XIXᵉ siècle — Roud 369 / Laws L5.
21. Money (Money, Money, Money) — ABBA, 1976 ; Benny Andersson / Björn Ulvaeus ; album Arrival ; chant Anni-Frid Lyngstad.
22. It Won’t Be Long — The Beatles, 1963 ; Lennon–McCartney (principalement John Lennon) ; ouverture de With the Beatles ; rock/Merseybeat britannique.
23. Marry, Ageyn Hic Hev Donne Yt — Richard Thompson, 2003 ; pastiche médiéval de Oops!... I Did It Again de Britney Spears (Max Martin / Rami Yacoub, 2000) ; fausse attribution humoristique au XIIIᵉ siècle.

