Ma dame me parle parfois de M. Zweig. Etonnée quand je lui
dis ne rien avoir lu. Je commençais à m’étonner moi-même.
Il fallait agir pour sortir de cet état d’hébétude.
Elle me conseille.
Je découvre une nouvelle sensation de lecture. Un sentiment
d’intimité très fort, gêne et implication se disputent la préséance.
Je ne suis plus dans un livre, je suis témoin d’une
confidence douloureuse, une histoire qui se raconte et cet interdit de plonger
dans les pages d’un journal intime. Quoique la faute à Stefan (Quand on a lu un
livre de M. Zweig, on peut passer au prénom) qui nous met entre les mains une
histoire qui ne nous regarde pas et qu’il a peut-être lui aussi volé pour
ensuite nous la soumettre ?
Noir, très noir. Dramatique pour elle, tragique pour lui,
même si cette tragédie et remisée en marge de l’histoire.
Pas de suspense, nous devinons, nous savons alors que le
personnage espère. Pas de jugement, comme ces romans noirs où ce que vivent les
protagonistes ne propose aucune morale.
Bon, ça parle de quoi ?
Tsss tssss tssss
Une fois lu, je veux le relire, le revivre. Qu’avons-nous de
disponible?
Pour voir la version avec Danielle Darrieux je m'abonne au site « Capuseen »
J’ai encore la version de Agnes Jaoui à regarder et sa
bande son à écouter.
Et puis, et puis il y a eu
Isabelle Georges : "Zweig était un amoureux de la
musique"
Idéal. Le bon format, la bonne distance: proche, très proche. Comme un orchestre
de chambre qui joue en lieu et place du texte de Stefan, les notes s’échappent
des pages qui deviennent blanches, signal qu’il faut tourner la suivante pour ne
pas perdre le fil.
Je vous convie à cette écoute. En drop. Je vous invite à cette lecture
En musique l’équivalent de fast food ? Easy Listening ?
OK je vois bien le sur-genre. Moi je vous propose un autre sur-genre, mais il
dépend davantage de vous. J’explique, il y a ces artistes, ces musiques, ces
chansons qui deviennent pour vous … Comment dire ? … la référence, ainsi vous plongez plus facilement sur d'autres compositeurs aux mêmes ascendants.
Un exemple évident les COUSTEAU, j’hésite à affirmer que pour
les rencontrer sonoriquement il ne faut pas se lever tard le matin. (Finalement je n'ai pas hésité)
Reprenons la notion de référence.
Commençons une généalogie avec Scott Walker
Scott 3 /
It's Raining Today
Une voix, une ambiance, crooner british, brouillardeux,
orchestration soyeuse et une mélancolie teintée de satisfaction.
S’engouffrent.....
...... David Bowie / Wild Eyed Boy From Freecloud
David
Sylvian / Orpheus
Billy
Mackenzy / Blue It Is
(Lui un peu moins, mais j'ai eu du mal à retrouver son nom, ASSOCIATES est revenu en premier, alors pour la pleine peine)
Certes sans renier l’influence, ils ont su
devenir eux même une avancée dans l’aventure musicale populaire, et puis M.
Walker il tombe pas du ciel, hein ! Jacques Brel, Frank Sinatra, Burt
Bacharach etc…
COUSTEAU ? C’est… c’est d’abord ma découverte en … 2002
Cousteau / Rachael Lately
Une critique de AMG sévère? Trop ? Oui, trop sévère.
....D'ailleurs, de nombreux artistes, comme Tindersticks et
Divine Comedy, s'inspirent de Walker plutôt que de le suivre à la lettre. Dans
le paysage pop/rock actuel (2001), il faut plus que de simples imitations pour
créer un album captivant. Néanmoins, cet album éponyme est un premier opus
prometteur pour Cousteau ; il laisse entrevoir que le groupe, avec des
arrangements plus aboutis et des compositions plus originales, pourrait
atteindre des sommets encore plus élevés.
Et en me promenant sur AMG je découvre qu’ils se sont
reformés en 2017
- Kwaaaaaa !!!! Et on me dit rien à moi.
- Ha, mais attention, il se reforment en COUSTEAUX, il ne
s’agit plus de surveiller son sommeil mais d’aiguiser son écoute.
Cette magie - référencée - est resté intacte.
Je suis heureux de la retrouvaille, je fonds pour ces
vocaux, si je n’y tenais pas trop, mais j’y tiens, je vendrais mon âme pour ne
jamais louper ce genre d'artistes, et tant pis si c’est parfois calqué.
Il y a de l’écriture au cordeau, des arrangements luxueux, un maniérisme de bon aloi.
Sans négliger cette impression que nous écoutons tout de même un ensemble de musiciens, ce qui me manque souvent dans la chanson française.
Tout élaboré qu'est la musique, COUSTEAUX je les imagine sans mal sur scène.
Cousteaux /
Memory Is A Weapon
Cousteaux /
This Might Be Love
Cousteaux / Burma (Ness n'a pas raison)
Et comme deux albums ne viennent jamais seuls
SLOW SHOW
Le blogueur voisin et néanmoins blogpote n’oublie pas de
nous faire profiter de ses découvertes.
Lui aussi me semble sensible à ces voix
qui nous font beaucoup pardonner, si en plus le reste suit : mélodie,
orchestration.
Si les précédents COUSTEAU-X étaient mélancoliques et aériens,
ici on garde le nez au sol pour profiter de l’univers esquissé. Malgré l’orchestration
luxuriante, c’est la palette de gris qui l’emporte, comme observer les pierres
du désastre de Dresde sans jamais lever les yeux.
Envoutant,
terrible
The Slow
Show / Dresden
Comme Tom Waits, je pensais que le chanteur à force de
volonté avait fini par trouver ce timbre quasi inhumain et malheureux. Pourtant, parfois il offre des lamelles de lumière qui réchauffent par contraste
The Slow
Show / Bloodline
Dans un grand moment d’enthousiasme j’ai commencé à placer
des **** un peu partout.
Digression :
Mon temps d’écoute est dédié à connaitre ce que ma douce,
mes potes, mes blogpotes et mes lectures m’incitent à découvrir (Sans oublier IpMix)
Du coup plus de temps pour remettre un disque que j’ai bien
aimé. Je n’y reviens pratiquement plus jamais. Une écoute chasse l’autre.
En décidant de chroniquer à mon tour The SLOW SHOW je réalise
une occasion supplémentaire d’écoute.
- Hou la la, c’est bien compliqué dans ta tête, déjà
tenir des dialogues par écrit alors que tu es tout seul à écrire.
- Oui, ça compense, ça fait comme l’époque où nous
échangions entre potes nos impressions
- Et bien, continue comme ça, alors.
Un dernier pour la route ?
The Slow
Show / Long Way Home, je tente une version publique? Oui!
Ha oui cette voix me faisait penser à…. P***tain j’en ch*** pour retrouver son nom (déjà Associates/Mackenzy n’avait pas été évident)
Ben oui, soudain, comme ça. Une envie pressante. Pour bien
faire je reprends mon fil « fleuve jazz »
«Fleuve jazz » je pratiquais cette métaphore pour
imager ma découverte du jazz comme un long voyage, les étapes proposées par
ce livre
Complétées par ce guide
Que je conseille puisque s’attarde davantage sur des disques
majeurs plutôt que faire encyclopédique ou historique
Chaque débarquement illustrait la découverte d’un artiste
dans un environnement que j’imaginais très fort pour faciliter ma découverte :
salle de concert, ville aux décors clichés qui stimulaient cette audition
Ces deux livres sont mes béquilles qui me permettent d’avancer
sur ce fleuve, hum, maladroit on penserait à Jésus en convalescence rejoignant
l’autre rive. Bon disons les deux brassières qui m’empêchent de me noyer dans ces cours d'eau sonores.
En parlant de Jazz, j’en profite pour rendre hommage aussi à
deux personnes qui m’abreuvent de bon jaaazze. Un Pascal-George qui offre lui
aussi parcours et explications passionnées, par exemple
Et ma douce et belle PascalE qui ne jure que par ces
artistes contemporains anciennement nommés « Jazz-Rock », la chance qu'elle a eu de les voir dans les différents festivals du sud de la France.
Mon fleuve est encore loin de ces rives là mais j’en
approche, le premier livre est trié par date de naissance des artistes. Bud est
né en 1924 tandis qu’un Billy Cobham est né en 1944, Wayne Shorter en 1933….
Patience madame j’arrive !! Impatient aussi que je suis de trouver John Coltrane
(1926) et Miles Davis (1926), j’y prévois un long séjour.
Le fleuve, le fleuve n’attend pas, après Kenny Dorham vient
Bud Powell. Et alors là quel bonheur. Répond tout à fait à cet impérieux.
Musique, puis j’explique, plutôt je propose
Tempus Fugit
Écoutez bien, à quoi vous fait penser cette volubilité ? Moi, à Charlie Parker quand il se lance dans une succession rapide de notes tout en
conservant une ligne mélodique.
Je me souviens de cette histoire (légende ?) qui
raconte la naissance du Bop, le swing repris par les blancs qui s’attribuent
une bonne part du succès public, incitent des artistes noirs à trouver un jeu
qui surpasserait techniquement ces swingueurs.
La preuve ?
All God's Chillun Got Rhythm
C’est un bonheur d’écouter et même d’imaginer le pianiste à
dix mains, courant toutes les épreuves, jeu perlé accompagné par un grand -
déjà accosté - à la batterie : Max Roach que cette virtuosité n’effraie
pas.
Il existe ces musiques dont les contours demandent davantage
d’écoutes avant de participer au plaisir, d’autres qui rebutent. Ici dès les
premières notes, pas de choix, pour vos oreilles les meilleurs baskets avec
renforcement et hop, en route, en course… une musique vivifiante qui rajeunit
les artères et qui fait monter l’adrénaline de la joie.
J’en ai pas fini avec mon Bud le plus sage (ici, placement
de marque de bière) mais en attendant je me permets ce clin d’œil, comprenne qui saura pouvoir vouloir.
C’est qu’on s’habitue à être visité, peut-être lu et parfois
commenté. Si j’oublie les milliers de visites douteuses qui parfois se
concentrent en une seule journée – un contrôle de la police du web ? – j’aime
les (mes ?) quelques dizaines de visiteurs journaliers, c’est bon et
suffisant pour mon ego, on va pas se mentir mais… quoi ! 8 visites hier….
Et je suis en retard sur mes écoutes, m’imposant la règle de
ne commenter que des disques que je découvre à l’occasion et j'écoute peu.
La
lecture accaparante m’accapare.
Au passage: « Le Seigneur des Anneaux »
nouvelle traduction, je pensais d’ailleurs qu’un papier sur la musique de Howard
Shore ne serait pas mal venu. Mais j’ai une écoute d’ambiance sonore pendant ma
lecture, absurde puisque le découpage du film n’est pas celui du livre, pô
grôve.
Oui mais alors que faire ?
Ayant acquis un HS de UNCUT sur la musique progressive
rock, je découvre dans le classement avec grand plaisir et même avec surprise,
Van Der Graaf Generator dans le top 10 sur un classement de 200 albums.
- Pfff ridicule ces classements…
- D’accord mais je suis d’abord addict et puis
surtout si un amoureux de Pink Floyd, Genesis, Yes ou King Crimson découvre ce
groupe, cet album, en pensant…. « si c’est à cette place c’est que ça doit
être utile, et même indispensable voire génial »
Et c’est dans un éclair que je pense retrouver ma règle
immuable de découvrir pour chroniquir !! Dans la même période Peter
Hammill compose un album solo qui fera date auprès de ceux qui notent des dates :
« Nadir's Big Chance » donc je double.
Commençons par se souvenir que ma règle à déjà été entorsée pour l’album en public de VDGG (pour pas répéter Van Der Graaf Generator, je ne
le redirais pas !) VITAL était son nom, son appel à l’aide. Un disque qui
fait partie de mon ADN mais qui n’est pas la bonne entrée pour ceux qui ne jurent que sur la tiquette prog rock.
Continuons avec le
chant de Peter Hammill, lisez bien ce qui suit : il est une des plus
grandes voix du genre et peut-être même d’autres, dans ce monde je le range au-dessus
d’un Peter Gabriel que je juge déjà comme un des plus grands chanteurs de
musique populaire. Chez Peter Gab c’est un registre Emotion avec toute sa
palette sensible, chez Peter Ham
-Jambon ?
-Haaa c’est malin
-C Ce sont plusieurs émotions, plusieurs voix dans un seul
corps: tendresse et fureur qui tend vers la folie avec des points de passage ou
pas. Restons sur Godbluff
The Undercover Man
Une progression mélodique plutôt facile à apprécier et
pourtant solide, 50 ans que j’écoute sans me lasser de cet album. Pour sa couleur
sombre et flamboyante, pour l’utilisation de l’orgue, sax flute pour révéler VDGG unique dans ce genre.
Et puis il y a le titre suivant qui s’enchaîne comme un
chapitre à ne pas lâcher
Ce titre est ma décharge d’adrénaline, à trois minutes il m’impose
la position debout, je suis raide à l’écoute, limite au garde à vous, au bout
de deux minutes je me mets en mouvement, lentement comme un derviche en attente
de la 6eme minute et je bascule en danse de Saint-guy, je saute par-dessus les
meubles, je cours au plafond et… comment vous dire : le volume…. Fort,
fort, fort…
Scorched
Earth
Un final aussi foudroyant que le « Starless » de King
Crimson dans RED
Seul ceux qui ont survécu à la chute écoute le très jazzy « Arrow », et il ne faut pas trop
longtemps à attendre pour que VDGG de retour assène ces flèches musicales.
A écouter le titre « The Sleepwalkers » je pensais :
si Genesis évoque des climats comptines anglaises (sauf The Lamb, plus urbain)
VDGG pourrait être la bande son coincée entre Lovecraft et Philip K. Dick
Les somnambules
La nuit, cette armée stupide, ininterrompue par la dissidence, Est mis en action et leur rythme ne faiblit pas. Au pas, avec une grande précision, ces danseurs de la nuit Avancez contre les ténèbres – quelle puissance implacable ! Les yeux ondulés par la lune, les bras et les jambes akimbo, Ils marchent et vivent, espérant bientôt sortir de ces limbes. Leurs esprits, anticipant l'aube du jour, Je ne saurai jamais ce qui attend un simple aperçu Trop loin, trop tôt. Les sens sont atténués dans une semi-sensibilité, ne faisant que traverser cet avion, Ne voir que des images fragmentées prématurément raccourcies par le cerveau, Mais respirer, vivre, savoir dans une certaine mesure au moins L'âme qui enracine la matière de la Belle et de la Bête. De quelle dent ou de quelle griffe naît le meurtre, De quelle chair et de quel sang naît la passion ? Tous deux traversent l'air avec le balancement du pendule De manière mortelle mais délicate. Et toutes les gammes de sentiments sont là dans le rêve Et chaque logique est ébranlée par la force du cri Les sens piquent. Et même si je rêve et que la réalité s'arrête Je connais seulement le sens de la vue et c'est tout Et ce n'est rien.
Penser que l’Italie est le pays qui a le plus apprécié VDGG est
un argument supplémentaire au génie de ces artistes, sombre et flamboyant,
Noir, Or et Argent.
Je vous laisse pour me tourner vers l’album solo de Peter
Hammill « Nadir » qui atteint sa cible (Attention, jeu de mot bien
caché car honteux)
Pour mieux que moi, lire la page 244 du
Ce n’est pas une totale découverte pour moi, mais dès le
premier titre je rejetais l’écoute. Je n’étais pas prêt. Voici que je me décide
pour ce papier.
Je cite AMG
« Hammill ne se laisserait plus jamais aller à un tel
état de sauvagerie poilue. »
" Hammill would never let himself be this wild and hairy again".
Pas pu m’empêcher de proposer la traduction, plus drôle que la
version originale.
La relation Hamill et prog rock because of VDGG ne peut que
nuire à la découverte de cet album.
C’est exactement ce que tu viens de faire
Je tente de rattraper mon embarras
Se souvenir que cet album est cité par John Lydon, que la
tiquette Proto Punk & Art Rock lui colle comme un gant de peau.
Plusieurs façons de l’approcher ?
Celle qui aujourd’hui
m’a convaincu est d’enchaîner les deux premiers titres « Nadir's Big
Chance » & « The Institute Of Mental Health, Burning »
Nadir's Big Chance
The
Institute Of Mental Health, Burning
Donc, un album à ranger près des albums de Bowie, Lou Reed, New
York Dolls…. John Cale? The Fall? En fait dur à tiqueter.
Chaque titre endosse un costume souvent trop grand et toujours différent, laisse les mouvements du corps libres même si, et surtout
si désarticulés.
Open Your Eyes
Maintenant je n’oublie pas ce que je vous ai dit sur son chant
Been Alone So Long
Il est content le Antoine, il a fait son papier, il espère
convaincre quelques lecteurs, deux albums, bien un qui tapera dans le mille, hein ?
Peter ! Et surtout, enfin, il s’approprie NADIR depuis le temps, pas perdu
le temps.
(pour ceux qui n’avaient pas bien compris le jeu de mot plus
haut, toute honte bue)
A bientôt, sans faute, puisque ma douce les corrige.