Un fil que je reprends. Frank (Non, t’inquiète Ranx, j’ai pas écrit avec un C) Zappa. L'épisode précédent date de 2020, j’ai attendu six ans et deux jours, un fil un peu usé, ténu mais tenu.
Un artiste, si je ne
devais en garder qu’un…
** Costello ?
Si je ne devais en garder qu’un ce serait Frank Zappa. Après
beaucoup d’hésitations, de réunions, de concertations, de sondages, de votes.
** Pas Costello ?
La richesse musicale,
l’humour pour dégonfler l’égo, adhérer à ses esthétiques pourrait paraitre snob et élitiste,
l’ouverture vers de
nombreux univers musicaux : jazz, rock, soul et contemporaine (** quoi contemporaine? la musique!!).
Prenons ce « Sandwich à la saucisse brûlée » (Burnt
Weeny Sandwich), en tout cas moi je le prends.
Frank Zappa - Holiday In Berlin, Full-Blown
Progressive jazz rock Zappaïen? Une folie que l’on trouve
parfois chez Nino Rota pour Fellini. Ici une guitare rock, là
des effets cuivre jazz, ailleurs, ce ne serait pas du xylophone ?
Résultat : je suis pris dans ses méandres astucieux, une
construction excentrique qui reste suffisamment mélodieuse pour accepter sa
coloration unique. Une mosaïque incroyablement cohérente tout en m’offrant du
plaisir et la sensation d’être moins bête après écoute.
Encore plus composite
Frank Zappa - The Little House I Used To Live In
Bon, plutôt que de me creuser le caisson en images, métaphores, périphrases (au fait, vous vous souvenez de cet Audiard « ça, c’est une métaphore »)
je passe au sentiment, c’est la joie de le retrouver, il y a bien trop
longtemps que je ne l’écoutais plus, sauf « Yo’ mama » de « Sheik
Yerbouti » un de mes soli de guitare fétiche et j’en ai peu.
Cette fois ci, j’emporte un bouquin consacré à ses albums,
Frank je ne te quitte plus. C’est vraiment trop bon de se recroiser.
Et pas seulement pour tes longues plages musicales multi
instrumentales, pas seulement pour tes clins d’yeux aux contemporains tel la
partie piano entendue plus haut mais aussi
Frank Zappa - Igor's Boogie, Phase One & Two
Non, pas seulement. Il y a aussi ce gout prononcé pour la ritournelle
populaire, un peu déconstruite, pas pour caricaturer, juste la Zappaïer
Frank Zappa
– Valarie
Voilà une reprise pastichée sans moquerie, le sourire
ironique qui se dessine sur le visage de l’auditeur se transforme rapidement en
béat (Guy ? Qui ? Non, laisse tomber). Frank Zappa admire le genre
Doo Wop.
Pas que lui
Elvis Costello
– Tripwire
** Voilà, tu es content ? Tu l’as ton Costello
Pff quand l’inconscient s’invite
dans le texte
** Et la pochette « Burnt Weeny Sandwich »?
Du collage hétéroclite, mais c’est
en regardant de plus près, non, de plus loin, qu’un tout se révèle.
Promis, vivement le prochain. Mais en attendant …. Bonne saucisse.

Aucun album chez lui n'est simple, même si je l'étiquette rock fusion sans doute en référence à sa période faste (Sheik Yerbouti, Joe's Garage), on pourrait plutôt parler avec lui de musique kaléidoscopique, musique patchwork, collage musique, ... bref un truc qui donne son sens au terme multipiste ... c'est à la fois envoûtant, mais sur un fil ténu où l'attention peut se perdre, tellement de référence que l'on s'y noie.
RépondreSupprimerC'est un artiste de vinyles, pas un artiste de fichiers.
Il demande l'attention avant l'adhésion.
Celui que tu proposes reste un de ceux facilement écoutable ...
Tu m'as donné envie de retourner écouter Apostrophe, un de mes préférés.
Et généralement après, presque logiquement, je me fait un petit Pascal Comelade ...
Tu as raison, c'est aussi sa pratique originale en musique, récupérer un solo de guitare pour le coller sur un autre titre lui-même avec des ajouts etc...
SupprimerComme je suis un fil chronologique je saurai être patient pour atteindre "Apostrophe" autre période faste "Over‐Nite Sensation" JL Ponty sur "Fifty‐fifty", "One Size Fits All" "Bongo Fury" "in New York" "Zoot" Il faudra d'abord passer par "200 Motels" l'occasion de me réconcilier avec.
L’anecdote que je conserve pour son portrait, il a 15 ans et sa mère veut lui donner 5$ pour son anniversaire, il préfère un appel téléphonique pour joindre Edgard Varèse et lui dire qu’il aime sa musique. Ce qu’il fera.
Hello ! Moi j’aime bien sa pochette, ça donne une bonne idée de sa musique ! 😃 J’ai le souvenir d'un album de 75 je crois mais le titre m'échappe avec une pochette bien psyché aussi, si ça te parle...🤔
RépondreSupprimerje me demande si tu ne parles pas de "One Size Fits All" en attendant j'ai vu chez Charlu l'adresse de ton blog, à bientôt alors
SupprimerAh oui c'est peut-être ça ! 😃
SupprimerOh la la le pietre zappa que je suis, jamais trouvé la faille , a part Hot Rat, bateau du coup. Je sais pas, ça glisse pas dans mon ciboulot, trop foutraque , j'ai pas mes repères. Une belle occaz de tenter à nouveau. Leirceau de 18min m'intrigue grave
RépondreSupprimersi tu as aimé Hot Rats, tente Waka/Jawaka, c'est sa suite directe. The Grand Wazoo devrait passer nickel aussi.
SupprimerJ'ai écouté Uncle Meat il y a tout juste deux jours. Quel pied ! Un disque de Zappa une fois par mois, ça entretient l'ouverture d'esprit. C'était un fortiche. Quand tu penses qu'il a fini quasiment fou devant son ordinateur à faire de la musique sur logiciels au temps du binaire préhistorique. Malheur. Ses dernières tournées l'avaient mis sur la paille, même en remplissant les salles, elles n'étaient pas rentables. Trop de musiciens, trop de répétitions. Zappa payait ses musiciens durant minimum deux mois avant chaque tournée rien que pour les faire répéter ! Ajoute à ça ses rêves d'orchestre philharmonique.
RépondreSupprimerSa fin de vie est terrible, malade, il ne sort quasiment plus de son studio aménagé au sous-sol de sa maison pour remplir un nombre de disquettes à rendre Prince vert de jalousie. Il y avait carrément fait installer son lit. Ces types-là manquent cruellement. Ou plutôt leur relève, parce qu'eux ont donné tout ce qu'ils avaient et peut être plus encore.
c'est quel bouquin au fait ?
SupprimerC'est un de Christophe Delbrouck, il y en a plusieurs et celui ci se nomme "Chronique Discographique"
SupprimerEt tu dis bien, une fois par mois, j'ai juste trop attendu, et même si je pense faire l'impasse sur les compil guitares j'ai encore beaucoup à apprendre ou réapprendre. L'air de rien il est pour quelque chose dans cette envie de découvrir ce qui se passe ailleurs.... Pas encore lu les livres qui lui sont consacrés, donc je ne connaissais pas cette fin , laisse moi penser qu'en France il aurait trouvé une place d'honneur. Sans oublier ces valeurs sociales, m'étonne pas que l'on ait pensé à lui pour une carrière politique.
Ah oui, j'ai lu ses trois volumes sur Zappa. Il écrit des conneries énormes dès qu'il s'éloigne du sujet (il confond entre autres Tina Turner et Diana Ross). Il me semble avoir préféré le bouquin de John Raby.
SupprimerAux amateurs·trices de Zappa il sera beaucoup pardonné, Raby commandé!!
SupprimerEh, j'ai vu le bouquin de Raby a la fnac des Halles ce midi.. un pavé.. j'ai feuilleté et je vois Zappa total ainsi, dans l'opulence, saignée incontrôlable. Je vais tenter Burnt et Waka donc. Merde..je voulais un wik peinard et trankil 🙂
RépondreSupprimerPour le week-end? Une boisson conseillé? Si tu attaques oreilles toutes neuves matinales alors un bon café fruité pas trop robuste, le soir je proposerai bien un cocktail pour illustrer les différentes couches de musiques.... un Bloody Mary? Pourquoi? Parce que c'est bon même sans vodka, c'est le tabasco qui l'emporte et pour l'ivresse tu as Zappa
SupprimerLa période Zappa que j'ai installé il y a longtemps.
RépondreSupprimerLà d'un coup piqure de rappel.
ça fait un bail que je n'ai pas mis d'albums du moustachu à la wahwah et au solos acérés dans mon habitacle.
Faut que je me rattrape, mais là, je vois la pochette et hop même pas besoin d'un rappel d'écoute tant j'ai usé cette période en platine.
N'empêche je vais m'y repencher en vrai et pas en souvenir.
On a évoqué Grand Wazoo.
Et Waka.
Pour le premier j'ai réussi à me choper la partition orchestrale originale, c'est un bonheur à lire et décrypter et puis sacrée équipe là, avec George Duke et Aynley Dunbar et Ruth, bien sûr...
Bref, t'as ouvert la boite de Pandore et titillé mon envie de me refaire tout ça, les vinyles sont juste derrière moi, à par la flemme j'vois pas ce qui pourrait m'empêcher de lancer la semaine Zappa...
(au passage, Wazoo - j'envisage même de le faire jouer un de ces 4 par le Big Band que je dirige, te dire...)
Oui bien content que tu t'y colles, j'imagine de nombreux ponts qui méritent éclaircissements. Ses influences, son appartenance ou non au jazz-rock de l'époque, pourquoi non? Assez peu référencé comme un proche du genre? Trop secoueur de conscience musicale?
Supprimerje ne serais pas étonné qu'une analyse de ton subconscient démontre que l'écoute de JPEGMAFIA t'a mené à ressortir tes Zappa et cet album en particulier puisque c'est la même chose, la même recherche, la même technique de collage de sons et le même désir d'assembler le beau et le dégoutant pour créer un chaos. Uncle Meat entre aussi dans ce cadre et l'influence de Zappa se retrouve dans le hip hop expérimental bien plus que dans le rock.
RépondreSupprimerEnvie de rebondir, je vais bientôt chez toi, mais je suis d'accord cela se défend à condition que... la suite bientôt et ailleurs...https://ranxzevox.blogspot.com/2026/03/sous-influence-artficielle.html
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