Costello a envoyé à Frisell des démos de chaque chanson sur Painted From Memory après leur achèvement. Pendant que Costello et Bacharach travaillaient sur leur album, Frisell a écrit ses propres arrangements des chansons, assemblant un groupe stellaire -- y compris Don Byron , Brian Blade , Billy Drewes , Curtis Fowlkes , Viktor Krauss et Ron Miles - pour enregistrer un album alternatif. Aucun groupe de musiciens n'a entendu les autres travailler, ce qui signifie que chaque disque a développé sa propre personnalité. En effet, c'est fascinant d'entendre The Sweetest Punch après avoir vécu avec Painted From Memory pendant un an - c'est comme traverser le miroir.
Je n'ai pas le bouquin de Dylan avec moi, resté dans le sud sud. Du coup au lieu de citer tout le laïus de Dylan sur Moooonsieur Costello, je ne retiens que..
"Un artiste qui décide de composer des chansons avec Bacharach prouve qu'il n'en a plus rien à foutre de ce que l'on pense de lui"
Et encore de mémoire.
La sortie de cet ensemble "The Songs Of Bacharach & Costello" c'est l'occasion de revenir sur un quiproquo. Quand les critiques et moi-même du haut de ma commode apprenons cette collaboration.
Les critiques se sont dit "Ça devrait être génial" et moi "Ça va être génial". Quelque part dans le monde un admirateur de Burt nu sur sa commode devait partager mon opinion.
Ça va être génial, mais le monde est-il prêt?
Les critiques furent déçus. Mais nous étions nombreux la haut sur nos commodes, dominant à entendre la poignance de par exemple cette chanson qui m'a servi de transfert de chagrin à la perte de celle que j'aimais et une substantielle économie en thérapie:
This House Is Empty Now
Si c'est un peu flou ce sont vos larmes.
Oui, je pense que cela raconte une séparation de vivants, moi j'ai longtemps retenu le titre qui me suffisait bien pour vivre sur. Et une question restait longtemps sans réponse "Am I suppose..." mais maintenant je sais.
Cet album est un bijou. C'est le Costello Croon mais Bacharach corrige les effets amidonnés pour accoucher de grandes chansons tel celle que l'on trouvera dans deux films, un dont j'ai oublié le nom alors que l'autre aussi (même pas vrai, vous avez qu'à chercher)
Zut, un indice
En fait
Et là de suite, un quadruple Cds (pour les Drop Box), je suis votre cuillère en nacre pour déguster cet ensemble.
Je ne hurle pas au génie, ce qui s'écoute chez Mozart reste chez Mozart (une bonne blague vue dans une pizzeria, tout le monde ne jure que par la Quatre Saisons alors que Mozart est là!!! Si si)
Mais la plupart ... moins que Sinatra qui ne faisait aucun effort, alors que Elvis ici.. pour vous, comme jamais.
The King is not dead... et moi prudemment je descends de ma commode, pas facile.
Cela pourrait être une histoire de chapeau. Assurément.
C'est le cadeau de ma tendre qui fait l'occasion, tout bras et corps retrouvé dehors. L'occasion d'évoquer ce style musical qui me fascine. Me fascine par sa dimension. Ses valeurs, attractions et répulsions.
Un souvenir: Nous étions à Memphis pour le boulot durant une bonne grosse année. En journée nous fréquentions pour déjeuner un chouette endroit. Une soirée mon collègue et moi décidons d'aller traîner un soir pour ... traîner et boire un coup.
Mon collègue un peu grassouillet était vêtu d'une belle chemise rose foncé, c'est quoi le rose foncé? Incarnat? Pas important, l'important dans cette phrase c'est le rose et peut-être aussi "grassouillet" mais j'en suis moins certain.
Donc, dans notre bar à cow-boy nous commandons chacun une bière. Nos deux voisins, chapeaux et tout, d'émettre à voix audible une opinion sur la chemise du collègue. Il était question d'orientation sexuelle et d'animal rose - mon doute sur "grassouillet" se place ici. En tout cas en notre présence ils n'ont pas renouvelé la provocation ... vu qu'on s'est tiré sans finir nos bières payées.
Et dans le juke-box? Bluegrass, HonkyTonk, Slide... Contact au plus près - rapide certes - de cet univers que je fréquentais et écoutais peu, j'ose? Eagles, Linda Ronstadt, JJ Cale. Ok, je retire.
Attractions et répulsions: musique pour redneck. inculte, violent, facho, macho et / ou hors la loi, anti conformiste, grands espaces, liberté, bad boy.
Cette même période j'ai commencé à fréquenter les concerts plein air, bière légère verre plastique et musique. Cette musique. Graine plantée. Patience.
Revenons au cadeau de ma mie: "Philosophie de la chanson moderne" Par Bob Dylan. Très joli texte sur le "Old Violin" de Johnny Paycheck
Avant de parler musique, les ingrédients qui compliquent encore une fois l'adhésion, Johnny Paycheck: agression d'un officier et cour martial, alcool, toxico, affaire de viol présumé, faux chèques, bagarre, coup de feu dans un bar qui blesse son adversaire ... deux ans de prison durant lesquelles "Old Violin"
La musique! Cela m'a pris du temps, plutôt cela me prend du temps et aujourd'hui cela fonctionne. Dès les premières notes, un son familier, même sensation qu'en écoutant du blues, un rendez-vous accepté où le plaisir ne réclame pas une écoute attentive, en restant capable de découvrir ici et là une fulgurance qui émeut.
La musique! Découvrir non pas un genre mais un univers riche en possibilité: Bluegrass, Honkytonk, Country Pop. Un univers pas si étanche que ça. Même mon Elvis a contribué à cette disposition d'écoute
"A Good Year For The Roses"
Parfois même je me dis que les chansons les plus mélancoliques, voire les plus tristes sont ici. Pas de lyrisme, pas d'arrangement trop précieux.
Par exemple, une du pote de Johny Paycheck: George Jones que Dylan portraite:
Mais si on qualifie de sérieux un type qui part acheter de l'alcool sur sa tondeuse à gazon car sa femme a caché les clés de la voiture.
"He Stopped Loving Her Today"
- Héé mais ce n'est pas George Jones!! - Non à l'époque il était mort
Bon, pour les Drop & Box un live de Johnny...
C'est le disque qui se rapproche le plus de mes souvenirs de Memphis, avec "Old Violin", probablement celui décrit par Dylan et un accent que je me demande encore comment mon collègue et moi avons pu penser être insultés?
"Once You've Had The Best"
Et mon regret?
Ne pas avoir une tête à chapeau... ce que j'aurai aimé avoir ce look et chanter....
Ça me trottait depuis un bon moment de parler des SPARKS. Ils ont pris une place non négligeable dans mon univers d'écoute. Et depuis que je blogue je n'ai jamais pensé à insister sur cette place.
Il y a des artistes qui m'ont bousculé, d'autres plus profondément qui se sont imposés jusqu'à influencer mes postures d'adolescent pour ne pas dire davantage. Elvis si tu m'entends! Non! L'autre.
Et de l'autre côté du spectre musical & mental, il y a les "toujours là" qui ne demandaient rien, juste qui donnaient.
Sans m'en rendre compte, depuis KIMONO je ne les ai pratiquement jamais oubliés. Et si oubli, toujours un album pour me rappeler la période négligée, à rattraper sans impression de perdre mon temps.
l'album HIPPOPOTAMUS aurait pu être une chouette occasion de rendre hommage. Album récent, en pleine qualité. Pochette et titres dans un esprit unique: "Position du missionnaire" "Edith Piaf l'a dit mieux que moi" et cette musique pop-art, sérieux s'abstenir...
Le temps oublieur frappe une fois encore.
Et puis, ces derniers temps.
Attention C'est un coup à trois bandes, voire quatre.
Un échange avec Revpop. Sujet: Scott Walker dont je savoure sa première partie de carrière et dont j'admire la radicalité de la suite.
Jugez plutôt. 1968
SCOTT 2 "Best Of Both Worlds"
Il y a du John Barry la dedans, du bigger than life, du croon... Bowie, Divine Comedy ont beaucoup écouté le monsieur...
"Soudain" 1995, TILT "The Cockfighter"
Cela mérite une chronique, surtout cela mérite quelques écoutes et beaucoup d'abandon. Quitter les grands airs orchestrés comme j'aime pour des univers sombres, gothiques, cauchemars surréalistes ....
Et Revpop de me dire: Tu as entendu sa musique pour Leos Carax et son film POLA X? Non! Réponds je.
Alors je visionne POLA X, que j'interromps - au moment où je vous écris toujours interrompu - j'écoute Scott Walker. Et je procrastine.
Puisqu'en j'en étais à visionner, je me souvenais des critiques enthousiastes de ANNETTE du même Carax.. et pour juste une séance cinéma je me place devant et ....
Et encore mieux que cette vidéo, le film commence exactement comme la bande-annonce mais ne s'interrompt pas, fluide, cette entrée en matière rejoint l'intrigue, les artistes rattrapent leurs personnages respectifs.
Cette comédie musicale est jubilatoire. Adam Driver est grandioooose. Une rare symbiose entre musique et images. L'émotion passée une envie furieuse de le revoir.
Et les SPARKS?
"You Used To Laugh"
"She's Out Of This World!"
"Sympathy For The Abyss"
Et voilà comment je me retrouve à glorifier ces artistes.
C'est Roxy Music cocktailisé avec Philip Glass,
C'est un groupe qui de l'air du temps s'est abandonné dans l'intemporel.
Aussi talentueux, éclectiques, nécessaires, importants, urgents qu'un David Bowie, moins de charisme et davantage d'humour.
C'est décidé il va bien falloir que je vous parle un de ces quatre des SPARKS
En attendant je suis incapable de rester assis à écouter...
J'explique après, écoutez moi donc .... ORDINARY JOE
Dans le train en route pour ma Dort Dogne, soudain ce titre au hasard des mes compilations dynamiques.
Ce titre j'aimais le passer tôt le matin quand je me préparais le petit déjeuner, ce truc me faisait faire des chorégraphies du tonnerre pour apporter le café sur la table.
Je l'envoie à ma mie qui est emballée.
En fait de ce genre, spontanément j'en ai trois:
Elvis
Et Elvis jamais ne renversait son café
Et Tom Jones
Voilà mes trois.
Alors? C'est moi ou bien il y a bien un truc en commun, le "snap your finger" le "move your booty", avec cette dose d'insouciance et d'énergie pour attaquer toute banane dehors sa journée.
Ha tiens, un qui pourrait déjà faire le quatrième
Van Morrison
Alors lecteur de passage... si après écoute te vient une évidence, pas une moitié une totale...
Dis moi tout ne me cache rien
Un Ajout de Everett (j'aurai juré que c'était deux verres et un T :-) )
Un JAM, qui couvre les rythmes à TAMLA avec en + un tite dose d'énergisante.
Et Audrey, sans quitter Weller... Oui, je vote pour, tant pis si cela pousse à faire plusieurs voyages
Vu le peu de succès de ma dernière chronique et surtout de la blague de Richard Wagner, artiste davantage connu pour ses opéras, je me suis dit
- ANTOINE,les majuscules n'y pourront rien, il faut que tu te reprennes.
Tiens une nouveauté inspirante, un Andy Shauf tout frais. Je vais me pencher dessus, surtout que j'avais déjà un bon souvenir de "The Party"... en fait de souvenir, un doute me turludourss.
Tentons: "Catch Your Eye"
ou "Telephone"
je sentais bien que mon "chauffe Andy" serait difficile à placer ...
Des arrangements, des mélodies et cette voix plus indécise que mélancolique. Un ensemble de douceur, de plénitude qui me faisait oublier ma motivation première.
Et soudain ce qui m'a paru une évidence: je voulais aussi présenter un artiste ET chroniqueur de musique que j'apprécie particulièrement: Louis Philippe alias Philippe Auclair.
Pour les détenteur du dico pop rock d'Assayas je conseille sa chronique sur Roy Orbison , un lyrisme enthousiaste jusqu'au délire quand il s'agit d'évoquer le titre "It's Over"
Et si je ne connais pas encore toute son oeuvre, ce qui est mon intention avant d'atteindre 87 ans, j'ai au moins dévoré "I Knew It All Along"
J'ai souhaité me fondre dans ces notes le temps de ce titre "I Picked A Flower In Ispahan"
Je retrouve une douceur onirique portée par des vocaux si fragiles. L'âpreté du rock n'y a pas sa place et pourtant c'est le bleu qui l'emporte sur le rose naïf;
Tentons cette expérience
sur "Paradise Cinema"
je sens mon corps vibrer, je ne bouge pas et j'enchaîne sur "A Wiser Fool" ....
.... force est de constater que je ne lévite pas.
Et pourtant.
Je vous droppe les albums et vous me direz si vous faîtes mieux que moi.
Quand au jeu de mot, je dois le respect à monsieur Azzola et j'y renonce;
L'Anneau du Nibelung (en allemand c'est kif kif) comment l'aborder. Quinze heures de musique et pas fréquemment sous la forme de couplets refrains. Certes des leitmotivs à pister, certes quelques morceaux très connus ... La question reste (restait) posée.
Un conseil du frangin
Tu n'es pas obligé de découvrir toute la tétralogie d'un coup Patrick Lusinchi quelque moment en 2019
Conseil que j'ai suivi pendant trois ans, mais c'était surtout pour préparer une cérémonie que je décidais d'associer à un lieu: NOTRE maison, quand elle sera complètement à nous, à ma douce et moi qui suis doux aussi parfois.
Notre maison avec une installation musicale adéquate, d'où la photo des enceintes que je pense acquérir, et un ampli etc..
C'est une question maintenant de jours pour suivre la cérémonie suivante:
Et si vous tentiez une expérience ? Elle est exigeante et difficile à réaliser sur la plan pratique, mais mérite d’être tentée car l’immersion totale vaut mieux que le saupoudrage. Un samedi, un dimanche ou en semaine si vous avez un autre rythme de vie, débrouillez-vous pour n’avoir aucune obligation sociale ou domestique, voire pour faire garder les enfants.
Prenez une intégrale discographique du RING. Pour une première approche il est préférable qu’elle soit bien enregistrée : Solti et son grand récit d’aventures a l’avantage d’être formidablement vivant, Karajan, lui, facilite l’approche grâce à sa lisibilité absolument transparente. Si vous commencez l’écoute de L’Or Du Rhin à 7 heures du matin et vous ménagez deux grandes pauses pour déjeuner dîner et une petite pour goûter, vous aurez terminé l’écoute de l’anneau à minuit et demi. Épuisés, peut-être, mais conscients comme rarement de l’extraordinaire tissu de rappels et d’anticipations qui fait de ce récit une véritable « magie des enchaînements », comme disait Thomas Mann. Vous suivrez les retours périodiques et les métamorphoses parfois à peine perceptibles des thèmes musicaux, non pas comme un jeu de pistes pour érudits, mais comme ces chocs allusifs qui éveillent la mémoire involontaire….
Dans "Vue D'Ensemble" par Christian Merlin, Avant Scène Opéra N° 227
Tandis que je vous écris j'écoute quelques extraits du premier volet.
J'ai opté pour la version de Karajan.
Je reste fidèle presque inconsciemment; mon premier opéra il le dirigeait
Le titre qui continue à chercher mes larmes? Encore lui
A 2:56 du début une émotion sans cesse renouvelée
Alors Karajan.
Je retrouve quelques cailloux.
Du prologue, une perle, de la dentelle...
Les Walkyries, se souvenir lyrisme et pas seulement instrumentaux...
Siegfried et l'appel du cor...
Il me reste tout de même un papier pour boucler, surtout que c'est le volet qui m'aura pris le plus de temps, tellement j'étais intimidé à l'approche des funérailles...
J'y suis presque...
En attendant, comme promis dans le titre du papier
Die Geschichte des Narren, halte dich am Pinsel fest ich entferne die Leiter