Le dernier Wim Wenders « Perfect Days », j’en suis sorti tout chose, ému, bouleversé. Peu secoué mais bien remué. Si vous cherchez l’argument il n’y a rien d’attractif dans les événements racontés. Pour attirer le spectateur il faut insister sur la fabuleuse capacité qu’a eu Wim Wenders de filmer le bonheur de vivre, plutôt l’émerveillement qu’offre obligatoirement nos vies, pour démonstration un personnage au quotidien peu flamboyant. Et pourtant… Je vous laisse chercher davantage.
Ce papier pour surtout parler musique. Ce japonais a des gouts probablement atypiques, n’écoute que les années 70, sur des K7, mais attention : Patti Smith, Velvet, Lou Reed, Van Morrison …. Je dodelinais de la tête, la fierté mal placée de celui qui reconnait.
Sauf deux saufs.
Premier sauf, un Rolling Stone que j’ai cru, sans reconnaitre, être un titre du Pink Floyd époque Syd Barret.
Oui, bon, pas vraiment pour insister sur l'écrivain de roman noir. Je ne dis pas, en fait si je dis, la Scandinavie et donc la Norvège offre un souffle supplémentaire au genre.
Mais si je devais insister je mettrai plus facilement en avant les livres de James Ellroy, histoires qui ne nous font pas courir à la fin pour le dénouement après avoir joué à le devancer (Pour la Soif j'avais deviné sans l'argumentaire),
et si nous avons besoin de moment respirer, de souffler, si de la noirceur étouffante, c'est oui mais pas toujours, j'ai mon chouchou James Lee Burke qui offre de si grands horizons, de belles pauses déjeuner qui font saliver et qui pour le coup donne vraiment soif. Une envie de Louisiane?
Joe Nesbo profite de son intrigue de série de tueurs en série (je dévoile déjà trop?) pour parler musique. J'adooore ces occasions d'interrompre sa lecture pour retourner se plonger dans...
C'est l'histoire d'un glissement. D'abord la série "La Chute de la Maison Usher", librement inspiré de la nouvelle d'Edgar Poe.
Librement? Du coup mon souvenir de lecture adolescente n'étant pas très fiable je me tourne ver Wiki pour retrouver l'argument.
C'est dans les notes que je tombe sur les inspirés, parmi eux, Peter Hammill. Peter Hammill s'est lancé dans un mini opéra, un pop opéra? Une comédie - hum - musicale?
Ma première intention, une écoute curieuse.
Finalement le besoin de relire la nouvelle, courte la nouvelle si cela vous dit. Et nécessaire pour la suite.
Pour bien saisir
Mais au premier coup d'oeil que je jetai sur le bâtiment, un sentiment d'insupportable tristesse pénétra mon âme. Je dis insupportable, car cette tristesse n’était nullement tempérée par une parcelle de ce sentiment dont l’essence poétique fait presque une volupté, et dont l’âme est généralement saisie en face des images naturelles les plus sombres de la désolation et de la terreur
Reprise laborieuse de mon fil Jazz, une exploration via un bouquin qui a trié les artistes par date de naissance. Ça ne promet pas une promenade par évolution du genre, arbitraire mais pas trop.
Et puis il y a l’image que j’avais adoptée. Le fleuve. Au départ j’étais en plein Philip José Farmer et sa fresque « Le Fleuve de l’éternité » ....
... et j’ai construit l’idée d’un océan la musique, du fleuve Jazz qui s’y jette, alimenté par des rivières, une rivière un artiste et les albums sont des arrêts, des ports où l’écoute et ses impressions se traduisent en fantasme de concerts.
Bon ce n’était pas aussi construit, suffisant en tout cas pour un cadre d'écoute.
C’est la limite de mon imagination, quoique j’écoute, si je me laisse aller à vagabonder, divaguer, les images qui persistent ce sont des scènes où des musiciens jouent.
Sauf si une histoire s’y greffe, les opéras offrent cet avantage.
Donc reprise du fil avec Max Roach. Et un arrêt double sur « We Insist! Max Roach's Freedom Now Suite » & « Percussion Bitter Sweet » J’ai eu besoin du deuxième pour apprécier le premier.
"All Africa"
« We insiste » est impressionnant, voire intimidant. Avant même d’écouter, la pochette et ces regards qui vous sont jetés. Les premières notes, nues, rustiques. L’écoute est tendue, et même dans les envolées instrumentales il y a ce rythme cognant qui invite à entendre le message envoyé. Lutte pour les droits civiques.
J’imagine bien cette salle en plein jour, sans effet de lumière, une longue et profonde estrade où les musiciens se figent. Peu de places pour s’asseoir, c’est KO debout à la sortie de cet album.
Je l'ai dit, papier laborieux, qui se construit lentement, le côté positif c'est qu'à prendre du temps je suis tombé sur cette vidéo qui confirme mes impressions et qui en ajoutent de nouvelles: la beauté des musiciens, la posture de Max Roach ... scotché jusqu'au bout
"Max Roach & Abbey Lincoln perform Tears For Johannesburg & Triptych (Prayer, Protest)"
Une petite promenade pour se rafraichir les idées, je déambule sans trop faire attention aux alentours, impatient de la nuit. Une nuit enfin atteinte, froide qui encourage à pousser la porte du deuxième disque.
Direction « Percussion Bitter Sweet », peu de changement et pourtant une sensation de soulagement, davantage de chaleur, quelque chose d’indéfinissable. Les musiciens se sont rapprochés pour cette fois former un « Band », pourtant rythmique et percussion conservent leur sécheresse, leur sauvagerie, frappes acérées, estafilades sur les envolées de cuivre.
"Garvey's Ghost"
Quelques solos de batterie à ... supporter? ... ce qui n'est pas le cas de ma douce qui elle apprécie l'instrument.
Et puis, et puis.. Il y a "Mendacity". Eric Dolphy pousse un solo qui m'a emporté, plutôt qui m'a enfermé dans sa toile où chaque surprise note collée à la précédente et rejoignant la suivante provoque des moments d'extase.
Quand je quitte la salle sur « Man From South Africa » un doute me saisit. Était ce encore du jazz ? Ou déjà du… ?
Ouf, fini, difficile et pourtant enrichissant, l'impression de rester en écoute inachevée, c'est les envies qui s'empilent dans ma liste d'attente qui me pousse à abandonner Max Roach;
Tout part d'un échange avec Ranx, Je pensais gentiment taquiner sur son gout très secret pour la prog, je pensais - une période où j'ai beaucoup pensé - qu'en citant Emerson Lake & Palmer me reviendrai une réplique cinglante, au lieu de cela, il m'annonce la mort de ...
.... Keith Emerson, dépression, suicide pour ne plus pouvoir jouer des claviers, arthrose.
Merde, personne ne m'a prévenu.
Mort de Greg Lake la même année. Moi qui avais mon attention tournée vers les Rolling Stones.
J'ai bien connu Emerson Lake & Palmer. Mais pas tout. Donc un papier hommage, en cherchant les disques que j'ai ignorés.
Le plus connu? Peut-être le plus vendu? BRAIN SALAD SURGERY
Pochète de M. Hans Rudolf Giger, souvenez vous, l'Alien de ALIEN c'est lui.
Bien. Quelques écoutes avant .... d'abandonner.
1974: un copain me fait écouter King Crimson, IN THE COURT curieusement (?) mon émoi le plus fort aux premières écoutes:
"Moonchild"
Pas étonnant que ma première bonne impression de ELP fut ce titre, le timbre si délicat de Greg Lake (le L de (H)ELP )
Du premier album "Take a Peeble"
Démonstratif mais pas pompif.
Bon, il me reste quoi si j'écoute d'autres conseils?
Jérome Alberola dans son anthologie du rock prog (Camion Blanc) avance le premier album et TRILOGY. Bien d'accord avec lui ce fut mon choix à l'époque.
Les 1001 albums propose PICTURES... inspiré des "tableaux d'une exposition" de Moussorgsky - que j'ai usé - et TARKUS
Alors pourquoi pas BRAIN? J'ai tenté mais le chant agressif de Greg Lake m'est presque insupportable dans l'épopée "Karn Evil"
Je dois à l'album la découverte de Hubert Parry et de Alberto Ginastera, surtout cette Toccata
"Piano Concerto No. 1, Op. 28 - Iv. Toccata Concertata"
Grandioooose mais m'a davantage éloigné de l'album de ELP
Reste TARKUS
TARKUS J'aurai pu l'acheter, j'aurai pu l'aimer, j'aurai pu m'en souvenir avec tendresse comme pour les ELP que j'ai en vinyle.
J'aurai pu aussi cesser de l'écouter comme j'ai cessé d'écouter etc...
De suite en terrain connu avec le son du synthé (?) de l'orgue (?) de Monsieur Emerson, du lourd, du virtuose - rythmique aussi - mais à mon goût pas de moment d'émotion, ces moments que je connais chez Pink Floyd, Genesis, King Crimson ou VDGG, ces moments qui expliquent pourquoi aujourd'hui encore....
(Et YES? Je réfléchis encore avant de répondre)
"Bitches Crystal"
Et pour finir, un clin d'oeil, un rock enlevé, qui me permet d'évoquer cette rumeur qui dit que Hendrix aurait pu rejoindre le trio pour devenir ainsi le quatuor HELP Ce que cela aurait donné? Moi je le sais mais je ne dirai rien.
En attendant, "Are you ready?"
Ha non, pas fini.
Je m'interroge encore.
Cette perte d'intérêt en évoquant mon passé, même recomposé. Un quadruple live vinyle que j'ai peu écouté, un WORKS à la démarche perturbante, des faces solos et une face commune. Sortie trop tardive, pourtant j'écoutais toujours ce style de musique en 1977 UK par exemple.
Un dernier flash, en fermant les yeux je pouvais sur certains titres m'imaginer pianotant sur plusieurs claviers, d'un air pénétré, comme fermer les yeux sur un grand solo de guitare. Comme celui ci par exemple:
"Eruption & Stones Of Years"
PS: Au fait, le premier ELP, je n'ai quasiment jamais écouté la face B du vinyl. Dommage, il y a un solo de batterie ;-)
Si le sujet qui va suivre ne vous attire pas davantage, laissez-moi tout de même vous donner un conseil, une réplique à celui qui un jour vous dira
- Mais pourquoi as-tu décidé de faire ça, qu'est ce qui t'a pris?
Alors dites-lui ceci:
Bon, Steve McQueen a un anglais de ventriloque.
En gros racontez:
- J'ai connu un mec qui s'est foutu à poil et s'est ensuite jeté sur un cactus, je lui ai demandé pourquoi?
Et comme Eli Wallach, tout le monde:
- Et alors, hein? Qu'est ce qu'il a dit
- Il a dit qu'à ce moment là, cela lui a semblé une bonne idée
Retour à mon sujet
Un bouquin qui donne davantage envie de cinéma que de musique? Quoique...
Au delà de la liste de films à voir et revoir, la longue introduction donne plein de bonnes idées, il y a mon autre découverte, après mon constat tout en surprise sur le peu de Allman que je connaissais, je me constate en face que je n'ai jamais écouté une bande original de film en entier.
Je ne compte pas celles qui se contentent de compiler des oeuvres existantes, avec tout de même quelques lauriers à tresser pour des Tarentino ou Kubrick, compilation oui mais pleine de surprises qui entraînent vers d'autres écoutes.
Allez je me lance mais sans trop de risque: Elmer Bernstein et les magnifiques 7.
"Les Sept Mercenaires" un de mes films fétiches. Encore aujourd'hui il me transporte comme quand j'étais môme.
Je tremble pour les paysans, je m'enthousiasme pour le recrutement des sept et l'entrainement de la population, je fais semblant d'être malheureux de l'échec des mercenaires afin de vivre avec davantage d'excitation le retournement, un James Coburn qui donne l'exemple, le combat final, Charles Bronson et les enfants, les voix françaises de Yul Brunner, Steve McQueen.
J'ai été voir le remake du film, plus violent, bien entendu moins ancré dans mon cortex, je suis tout de même resté jusqu'au bout, jusqu'au générique de fin qui a su déterrer toutes ces émotions contenues dans ces quelques notes (quelques secondes de patience)
Même dans cette version plus magistralement molle le frisson persiste, ensuite je me jette sur l'occasion de réentendre la version Bernsteinienne
Conne déjà dit, ce qui était nouveau pour moi était d'écouter l'enregistrement en entier. Par chance le thème - la grande trouvaille de M. Bernstein - n'est pas le seul atout de l'enregistrement.
Ma crainte? Une musique trop dépendante des images. Heureusement d'autres moments jubilatoires me rassurent.
"Strange Funeral After The Brawl"
Beaucoup à redire sur ce film avec un regard 21eme siècle. Moi, je ne suis pas candidat à cette analyse par respect pour mes souvenirs enrichis - voire enjolivés - visionnage après visionnage.
En revanche, tout à réentendre dans cette musique au carrefour de compositions contemporaines tel - je me lance - Darius Milhaud et de musiques de films qui ne se contentent plus d'accompagner les scènes, préférant le partenariat
"Training"
"Ambush"
Quelques titres qui échappent à mon souvenir de film, des titres pour eux même, reste un aspect temporel marqué dont je me délecte.
"Petra's Declaration"
Et pour ne rien gâcher, je garde le thème général, son écoute comme non pas une madeleine de Proust mais une injection de vitamines fortes pour attaquer la journée, surtout quand celle ci est courte et pluvieuse.
Je n'ai jamais eu autant de mal à pondre un papier. Trop de choses à raconter sans être capable de mettre tout ça en bon ordre, avec une dose de déconnade histoire de dire: comme tout ça reste important dans ma vie: la musique.
Tant pis je vais me limiter au rock sudiste, aux guitares, à Duane Allman et aux chapeaux.
Bon, ça c'est de mon âge. Je lis beaucoup sur la musique, bien plus qu'à l'époque où je lisais moins qu'aujourd'hui. Une évidence qui n'est pas fausse pour autant.
Oui, monsieur, on peut lire sur la musique et peut-être même que l'on peut danser sur l'architecture (message à M. Crumb)
Le défaut, surtout quand je lis dans ma bibliothèque personnel - les toilettes - c'est que l'on aurait envie d'écouter en même temps. Quand c'est bien écrit (clin d'oeil à mes copains blogueurs)
Et puis la lecture et le blog c'est ma discipline histoire de retrouver le plaisir de la découverte d'un album, comme quand j'étais jeune et qu'on dirait que j'ai acheté ce disque et que je vais me l'écouter avec la pochette à la main... bon à l'écran.
Chapitre1 du bouquin: Allman Brothers.
Moi le rock sudiste c'était Lynyrd Skynyrd. J'étais attiré par l'image de rebelles, arrogants, le tout baigné dans l'alcool, les grands espaces, la violence, les armes à feu et les chapeaux. Comme j'ai pu être attiré par le climat du livre et des films LE PARRAIN. rassurez vous, ça m'est passé ;-)
Ce livre et Ranx avant, m'ont aujourd'hui dessiné un portrait qui garde l'aspect rebelle mais sans adhésion aux symboles racistes et violents que véhiculent aussi le SUDISME et son drapeau.
Et la musique? des guitares, plein. Ça se lâche, c'est aérien, on a envie d'y être. Pas facile à décrire, il se dégage une classe, des sortes de demi dieux déchus qui continuent à y croire en musique.
Soyons prosaïque: comme le dirait ma douce, truc de guitares trucs de mecs, si t'aime pas les duels de guitares tu vas t'ennuyer.
N'empêche je préfère mon image épique: Des demis dieux guitaristes cheveux aux vent (avec des chapeaux?) qui tirent des salves électriques (merci léo)
Bon pas que: du piano, de l'orgue, des choeurs féminins, des sifflets, de la rythmique...
Alors, guitare? Duane Allman.
Pour se faire une idée un titre magique, 12 minutes, soul rock et pour finir c'est Duane qui solo comme deux. Patience, au début c'est blues mais à un peu plus de 7 minutes c'est magique et à un peu plus de 9 minutes c'est grandiooooooose (Ensuite Boz visera autre cieux)
"Loan Me A Dime"
Ha oui, j'oubliais, ça swingue!!
Allman Brothers, avant ce papier je ne connaissais que le live "Fillmore" (y'avait pas tant de chapeaux ici en fait)
Et encore, finalement, un seul titre que j'écoute depuis... p**tain 50 ans
Une construction digne des grands ensembles prog ou jazz. Dès le début ça jette, et un peu comme le grand décrochage de "Who do You love de Quicksillver vient un moment où l'on a envie de danser à la lune
À poil? Bon, OK à poil!!
"In Memory Of Elizabeth Reed"
Comment en écoutant ce titre je n'ai pas eu l'idée de voir ailleurs? Si je ne m'aimais pas comme je m'aime je ne me le pardonnerai pas.
Et maintenant je me rattrape, d'abord j'apprends qu'il y une vie Allman après Duane (mort en accident de moto)
Ça sera pour un autre papier
Là je me régale d'un autre album mi studio mi public. J'ai hésité avec "Brothers And Sisters" mais j'ai dit que je faisais comme si. Alors après avoir acheté "Eat The Peach"
Un chant très proche de Lynyrd, j'ai envie de dire très Rock Sudiste mais ils sont peu nombreux avec ce timbre.
"Trouble No more"
Il y a ces instrumentaux magiques (comme - presque - Memory) Faut tenir 3 minutes avant décollage
"Les Brers In A Minor"
Un autre de mes nonchalants qui me balance
"Blue Sky"
Voilà, voilà... j'ai un boulevard Allman ouvert devant moi, je vais aller voir l'après Duane? Je vais aller voir ailleurs dans le sud en tout cas.
Parfois je me demande: pourquoi pas "Grateful Dead"? Ils portent des chapeaux?
Message à ma chérie d'amour: pendant que j'écoutais et que j'écrivais j'avais comme accompagnement le "Fleurie" ... il en restera ... un peu.
Prochain papier? Ça se bouscule. Faut dire qu'avec les compil écoutés chez les copains plein de pistes...
A suivre
PS : Dans QOBUZ il y a une explication à "Eat The Peach"