dimanche 27 juillet 2014

De l'importance du Batteur dans la musique, et du commentaire dans les Blog



Je me disais qu'entre mon texte sur Go-Kart Mozart qui n'est pas prêt et un blog qu'il faut faire vivre, et si....

Et si, sans flagornerie aucune, je profitais des commentaires précédents pour rendre hommage à vos visites.
Pour ceux qui sont de passage, sachez que le commentaire c'est la récompense du chroniqueur, on peut déjà se rassurer sur le nombre de visites, c'est vrai, mais comment savoir si ce n'est pas un mot clé saisi dans l'espoir de trouver un lien à télécharger, hein?

Alors, forcément, le commentaire bien senti ça fait chaud au cœur.

Et là, sur mon Art Blakey, parti de questions sur l'importance du batteur, il y a eu des échanges passionnants et éclairants sur le rôle du batteur.

Alors, je décide de les placer plus en vu.

Alors, chers compagnons de toile, le batteur?

Alexandre G nous a dit

Mais avant on ira lire son texte sur une superbes chansons de F Valli, ici

http://lapopdalexandreetetienne.blogspot.com/2014/07/frankie-valli-four-seasons-cant-take-my.html

Bien content de lire ces commentaires de toi Devant, ou de Pascal, sur l'importance des batteurs. Les Who ont longtemps été mon groupe préféré, avec les Beatles quand même faut pas déconner. 
Du coup vu que je tapote sur une batterie, Keith Moon était évidemment une grande idole. 
On peut également penser ce qu'on veut de The Police, mais ils avaient un putain de batteur. Stewart Copeland non ? A moins que je confonde le nom avec celui du guitariste. Enfin bref, Police à la batterie c'est tout en finesse et en légèreté, quasi funky/jazzy surtout dans les débuts, et c'est peu de dire qu'en trio un batteur fait énormément pour le son et l'intérêt du groupe. 
Et dans le genre, Ringo, c'était pas un grand technicien ni un démonstratif. N'empêche, trouver une seule seconde durant laquelle la batterie n'est pas exactement où il faut pour sublimer de façon parfaite un morceau des Beatles relève de l'impossible. Et puis "The End" et la leçon de "solo simple mais pas chiant"... 
En parlant d'un autre The End, on parle de la batterie des Doors ?
Enfin bref, il y a matière à dire des trucs sur le sujet :) 
D'ailleurs dans le genre titan, Tony Allen sort un album bientôt. Y'a Albarn sur au moins un titre. Si tu veux du batteur lead, tu vas en avoir. Ce mec est un dieu... Fela bien sûr, Albarn, Tellier... Pour sûr, il sait s'entourer. A plus ! 
Je rajouterais quelques noms sur les batteurs, parce que la technique ça peut être fabuleux bien utilisé, mais le jeu bien primaire ça fait du bien par où ça passe : Moe Tucker, Meg White, et Danny Taylor (des Silver Apples). Fabuleuses (eux) dans leurs genres respectifs sans en faire des caisses. Mais encore une fois, la liste est sans fin...



Ranx Ze Vox nous a dit

Mais avant, jetez un oeil sur ce Mick Jagger, une prise de position originale et surtout convaincante. Je me dois y retourner d'ailleurs pour placer un mot sur "Anybody Seen My Baby?" que j'ad... sans oublier "Constant Craving" de K.D. Lang que même je n'y avait pas prêté attention.

http://ranxzevox.blogspot.com/2014/07/dancing-with-mr-mick.html


La pêche de cymbales qui ouvre The drum thunder suite, je suis certain que Keith Moon l'avait à l'esprit sur l'intro de who are you, c'est pile la même chose
Fatigué sur Quadrophenia ? Malheur, qu'est ce que ça serait s'il ne l'était pas ? Non, non, Keith Moon était toujours au top, rejoues toi The rock, perso j'aime tellement ses déboulés que je me le mets au casque à fond les manettes et parfois carrément sur la sono. Quadrophenia est fantastique.Et qui ose te dire qu'il n'était pas le plus grand ? 
Stewart Copeland je suis d'accord, bien que la voix de Sting fait que je n'use guère les albums de police, je confirme que leur batteur avait un sacré talent (voir la B.O de Rumble fish/Rusty James de Coppola pour ceux qui en doute).
Dans un registre plus énergique Jerry Nolan (grand fan de Gene Krupa devant l'éternel) est trop sous-estimé pourtant quel swing et quelle puissance. 
De Tony Allen et Damon Albarn (et Paul Simonon), j'avais adoré The good the bad and the queen, un bien bel album, sombre certes mais de toute beauté. 
Et oui, les Who. Je mettais ma chambre à sac en les écoutant, fracassant un lot de raquettes de badminton sorti de je ne sais plus où mais qui ne m'ont jamais servi à autre chose. Ça rendait barjo mais qu'est ce que c'était bon.
Live at Leeds, forcément, quand il rentre sur Magic bus c'est le plus grand moment de Rock music qui puisse exister. Pas moins
Sur les Who je ne suis absolument pas objectif, c'est le premier groupe que j'ai vénéré. Je les ai connu par Tommy et Quadrophenia, deux disques que j'ai écouté en boucle toute mon enfance. J'ai passé des mercredi après midi entiers dans un cinéma permanent à regarder Tommy. La basse est mon instrument préférée depuis le jour où j'ai entendu John Entwistle en jouer. 
J'ai dévoré chaque interview de Pete Townshend que j'ai pu trouver, ce mec est d'une lucidité et d'une intelligence qui m'estomaque. Pour tout ça et parce que certaines de leurs chansons ont été écrites pour moi, ils garderont toujours un statut unique dans mon cœur. J'aime même Face Dances et It's Hard et je trouve d'immenses qualités à By Numbers et Who Are You d'une méchanceté incroyable. 
Empty glass et White city de Townshend en solo sont de grands disques, le tout récent Going back home de Wilko Johnson et Roger Daltrey est un bonheur de simplicité certifiée pub rock survitaminé (Maximum R&B for life). 
Il y aura toujours des cons pour dire des âneries plus grosses qu'eux, j'aimerais que le Rock ait toujours été aussi créatif, exigeant et intransigeant que les Who l'ont été, aucun groupe n'a donné de lui même comme les Who l'ont fait. (tu parlais de Townshend qui saute et retombe sur ses genoux, j'ai essayé ça fait très mal et je ne sais pas si tu as déjà vu des photos de l'état de ses doigts...). 
Les dvd The kids are alright et Live at Kilburn 77 (le dernier show avec Keith Moon) sont splendides et effarants à la fois.Ok avec toi pour les versions orchestrales, ça vaut pas grand chose parce qu'il y manque l'essentiel, les Who.

J'avais chroniqué l'autobiographie de Townshend et aussi fait un papier fleuve sur Keith Moon, je te mets le lien
http://ranxzevox.blogspot.fr/2013/06/pete-townshend.htmlhttp://ranxzevox.blogspot.fr/2009/11/la-vitesse-ou-lon-efface-les-cigarettes.html

Et Thank You à Funkyrocky qui a la réponse idéale pour ma fille et ses ascenseurs


Sans oublier d'aller lui faire un petit coucou

http://gigolosgetdaddytoo.blogspot.fr/2014/07/il-est-deezer-daddy-seveille-il-y-du.html


En fait, la musique qu'on appelle musique d'ascenseur, est celle qui monte et qui descend. Avant Art Blakey, on appelait ça la musique d'escalier, mais vu l’accélération qu'il a apporté, fallait faire innover le jargon. Et puis faut bien un lien pour rejoindre la musique stratosphérique.
Je fini par l'éclairage aveuglant de notre mister

PascalGeorges

Que je dois aller voir pour cette présentation de Full Moon, il n'y a que lui qui me fait entrer dans ce style, mais ça, je vais lui raconter la bas:

http://lifesensationsinmusic.blogspot.com/2014/07/full-moon-featuring-neil-larsen-and.html

Art Blakey... 
On n'y pense pas toujours à ce fantastique batteur, leader. 
Pourtant chez les jazz messengers c'était la grande école des futures stars. Blanchard Harrison, parmi les derniers et juste avant le frangins Marsallis... 
Et de sacrés compositeurs au service de cette verve musicale.Golson, Shorter.. 
Il fut une décennie seventies et début eighties ou le célèbre drummer écumait la France qui l'aimait bien.J'ai été de ce public adulateur, je pense l'avoir vu en concert environ 5 - 6 fois.A chaque fois le même bonheur, le même sourire, le même charisme...Une image festive et communicative du jazz. 
Et pourtant le propos n'était pas toujours aisé côté écriture et bien entendu solo, car là, les jeunes lions lâchés, c'était quelque chose !... 
Super que le mettre en évidence.
Un meneur batteur, différent ? 
C'est sûr.En jazz (comme en rock, parfois - quoique souvent... plutôt), le batteur est le centre de l'orchestre.C'est plus évident en big band, mais en hard bop c'est là aussi flagrant. 
Si le lead est mélodiste ou cuivre, l'axe sera thématique et souvent au service de...S'il est harmoniste (clavier/piano, voir guitare) l'axe sera encore plus arrangement, écrit, soin du détail, etc... 
Avec un batteur il y a souvent inventivité et innovation, autre regard sur la zic.Prends un Cobham, par exemple, son album Crosswind est révolutionnaire dans le domaine du jazz-rock, pourtant il y a g duke, les breckers, etc, abercrombie aussi, mais la dimension est différente, plus ouverte moins rétrécie par les seuls axes mélodie/harmonie. un riff, un accord et un mec qui drive et c'est parti, le soliste est alors livré à lui même et non tributaire de son lead perso/ego... 
il se laisse pousser...Trane sans Elvin ?Miles sans Tony ? 
Avec Blakey c'était thème puis go les 'tit gars... je vous pousse au c... et balance ce que t'as dans le bide !...Marsallis sans être passé chez Blakey ?... 
Sur le simple plan jazz classique jusqu'au hard bop c'est vrai que les batteurs leaders sont chiche... 
Tony Williams a deux excellents albums blue note (que j'ai chroniqué d'ailleurs) et par la suite il sera référent avec son lifetime (Jack Bruce et Mc Laughlin...).Cobham a ouvert le champ avec Spectrum, un obligatoire et là aussi la donne change.Max Roach a quelques actifs et pas des moindres en ouvrant le free. 
J'ai vu Elvin Jones en concert mais toujours rapport à Trane.Certains Big Bands furent célèbres par leurs batteurs leaders, Gene Krupa, Buddy Rich, Mel Lewis, plus récemment Bob Moses... 
et quand un batteur drive un Big Band c'est le nec plus ultra... sauf s'il s'embarque dans le trop plein de démonstratif (Rich...).Le batteur est la synthèse du tout, il doit jouer en un bloc, l'ensemble de la musique qu'il accompagne tout en lui donnant un beat... lisibilité et rôle de tonicité, pas simple... 
C'est peut être ça un grand batteur et... la différence (Gadd, Katché, Colaiuta, Porcaro, B Blade, P Erskine - supers albums solo - Weckl...).pense à Bruford leader... inédit, original, visionnaire...la carrière même décriée, tant pis... de P Collins...Quand un batteur prend les devants... ça fait mal (albums solos de Lenny White...) 
On parle Art Blakey et nous voici en ligne directe sur Keith Moon et autres batteurs rock.c'est curieux, forcément pas si déviant, mais curieux qu'on oublie l'essence du truc même si Moon reste fondamental dans l'histoire de l'instrument. 
le problème est toujours le même il me semble - le sujet, à priori est blakey et la fonction de batteur leader... 
et nous voici à débattre de la qualité des albums des who...un chemin a été fait depuis le comm' que j'imaginais publier voici deux jours. 
je le prends en route.on va parler de Keith moon, fracassant, inventif, unique et créatif, et puis visionnaire techniquement.les who sans Moon ? demandez donc à Daltrey ce qu'il en a pensé.regardons le dvd mémorial de Who's next et le moment de fascination quand l'ingé son monte la piste de Keith - à ce moment pas besoin d'en dire plus.
causons batteurs. 
j'ai pour coutume d'user d'une remarque à mes élèves chérubins futurs rockers...ça se résume ainsi. 
un groupe avec l'excellents instrumentistes et un bon batteur restera un groupe correct. 
un groupe avec des instrumentistes moyens mais avec un excellent batteur est un groupe extraordinaire. 
un groupe avec d'excellents musiciens et un excellent batteur c'est le must. 
on parle de Police...un parfait exemple.on parle des Stones, là aussi... merci Charlie surtout pour eux...j'ai lu pour Ringo, j'y reviens après.Charlie est l'archétype du parfait batteur - rien à voir avec le rock, il est d'ailleurs un batteur de jazz ayant mis ses baguettes au service du rock, ce qui a donné de truc si particulier. 
Charlie fait groover comme pas deux avec juste cette petite astuce de laisser la place en beat grosse caisse et after beat caisse claire libre de toute charley.cet infime demi soupir fait toute la différence et donne... 
du son.Ringo...je l'ai pratiqué en cover Beatles pendant plusieurs années et il est certainement le batteur qui m'a donné le plus de fil à retordre.impossible de m'en sortir pendant les premières répétitions, il manquait, le truc...j'avais beau jouer la partie "texto", rien n'y faisait... 
puis le chanteur m'a demandé de faire des choeurs...et là ce fut une révélation.Ringo n'est pas un batteur au sens commun du terme, c'est avant tout un chanteur.j'ai sorti ça à un conférencier "spécialiste" des Beatles (enfi spécialiste histoirique car côté musique il n'y connaissait pas grand chose...) - 
il y avait avec lui un groupe de covers...j'ai décelé dans le regard du batteur une sorte de "révélation"...il avait dû galérer autant que moi. 
je m'écarte des Who et de Blakey curieusement fusionnés ici - il n'y a bien que le net pour arriver à rapprocher ainsi les générations...le parallèle est évident sur la notion de batteur leader, affirmé ou non.de nombreux grands groupes le sont par leurs batteurs respectifs. 
Le Zep sans le fabuleux Bonham (ou son clone de fils) associé au non moins fabuleux John Paul ? Le socle pourl'envol...Toto (allez un effort, faites pas la gueule dès qu'on les cite), sans l'immense Porcaro inventeur de nombre de tueries drummistiques...Miles sans Tony ? puis sans Al Foster ?Trane sans Elvin ?La liste est immense... prenez Keith Jarrett, mais aussi Miles en début d'électricité, sans Jack Dejohnette.... 
Crimson sans Bruford et bruford en solo ou dans UK ?... 
Alors on dévie d'un mm et on se fait Bozzio avec Zappa et chez UK...
suite :Batteurs excellents et toutes catégories confondues... groupes de prestige.Sting ? avec Colaiuta, c'est très fort mais selon les cas il va favoriser notre Manu national, un des plus grands, de ceux qu'on met sur les doigts d'une seule main...avec Gadd, Weckl, Cobham... Williams et Elvin Jones... 
Tony Williams, solo en lifetime free (chroniqué chez moi) ou en Lifetime avec Jack Bruce et John McLaughlin puis avec son New Lifetime... ça c'est du leader...Cobham a redimensionné le jazz rock avec Spectrum et Crosswind, en ouvrant par l'intérieur il oblige le soliste à sortir autrement que s'il était leader... (réfléchissons bien à cette petite notion d'intérieur / extérieur).Charlie Watts a dirigé en période de ménopause stonienne un super big Band et citait comme roi du drive de cymbale le délicat Billy Higgins... 
Charlie, un des rares férus de la prise tambour main gauche...Tiens donc, la plupart des grands ont adopté cette fameuse prise tambour, y compris Stewart Copeland...Un hasard ?Que nenni, et ce n'est pas Christian Vander, notre plus grand batteur leader made in cocorico qui vous dira le contraire... 
Et Art Blakey dans tout ça ?Juste celui qui parti de la marche (Blues March) de défilé marching band et de sa déviance africaniste appelée rythme afro ou jungle, pour réinventer le jeu du swing...Rien que ça ?... et oui, et surtout pas moins car vous avez l'école des cymbales et celles des futs...D'ailleurs celle des futs - pensons juste un peu à ce qu'en a récupéré Peter Gabriel dès son III en supprimant purement et simplement les métaux de sa musique... 
eh bé, de quoi y passer des heures, hein ? 
allez, finalement parler du jazz c'est quand même carrément fructueux et au fait...je suis un addict des Who... sans distinction aucune d'album et je me suis ruiné (mes parents) en baguettes à essayer de prendre ce qu'il était possible à Moon...je n'ai pas été le seul et il mériterait bien un bel article à lui tout seul... car il n'a pas fait que dynamiter les chiottes des hôtels, il a tout de même révolutionné le langage rock de la batterie l'énergumène. 
bien à vous tous.


Merci encore à vous tous







lundi 21 juillet 2014

Art Blakey (1919 - 1990)



Je pourrai écrire, me voici de retour pour de la musique d'ascenseurs, comme dirait ma fille.

Mais c'est faux, lorsque dans notre immeuble nous avons changé nos ascenseurs, à la rencontre des fournisseurs potentiels, je me suis présenté avec ma liste des jazzmen préférés. En leur demandant si il y avait moyen de changer le répertoire tous les mois et surtout si l'on pouvait ne pas aller trop vite de peur de ne pas entendre en entier des bijoux comme « My Favorite Things » de Coltrane.

Impossible de vous décrire le regard qu'ils m'ont lancés.

N'empêche que j'ai mis du temps à convaincre les médecins de me laisser rentrer chez moi, que tout allait bien, que je sais ce qu'est une métaphore.

Pour les convaincre j'ai dû citer Audiard :

« J'ai bon caractère mais j'ai le glaive vengeur et le bras séculier. L'aigle va fondre sur la vieille buse.
C'est chouette ça, comme métaphore.
C'est pas une métaphore, c'est une périphrase.
Oh fait pas chier !
Ça, c'est une métaphore. »

Me voici de retour sur mon long fleuve Jazz, où j'avais laissé Art Blakey en attente.

Pour votre information curiositelle, J'ai emprunté l'image de fleuve au roman de SF « Le Fleuve de l'éternité » de PJ Farmer.

J'aime l'idée du fleuve, je navigue sur les années de naissance des musiciens, pour accoster et retrouver des side Men & Women, me plonger dans leurs grands œuvres et revenir raconter mes émotions.
L'image de Fleuve convient bien n'est il pas, comme un substitut au fil rouge.

Art Blakey.

Ma curiosité était particulière, parmi les seigneurs du genre, peu de batteur. Alors quand j'en tiens un, je souhaitai entendre la différence. Un meneur batteur donne-t-il une orientation particulière aux musiciens ?

En fait je ne le sais pas. Demandez à des musiciens, pas à un informaticien.




Ce que je sais.
L'image de Art Blakey, toute énergie et tout sourire devant, une fois qu'elle s'est bien imprimée en vous, vous n'avez plus la même écoute. Impossible.

Un conseil, allez sur Google Image et taper les mots clés Art Blakey, observez les photos.

Maintenant « Free For All »

01 Art Blakey & The Jazz Messengers - Free For All - Free For All
Alors ?
Restons dans les métaphore, vouloir résister à ce qui submerge, c'est tenter de remonter les chutes du Niagara. Laissez vous emporter et respirez à plein poumon cette force.

Et puis, et puis il y a « Moanin ». Un des plus beaux disques de Hard Bop (Non, pas ROCK) si il avait dû jouer dans un ascenseur, il aurait été taillé dans un diamant et des lingots d'or comme contrepoids. Pas moins.

Pour commencer, une des plus belles photos de pochettes  que je connaisse. Même si la gravité de Art Blakey n'est pas de mise dans cette musique dont la qualité des arrangements continuent à m'époustoufler. Il y a de la concentration et de la joie mis ensemble dans ces accords parfaits entre musiciens.

Que du bonheur. Rien à toucher.

Et non, je ne remonte pas sur mon vapeur pour partir à la rencontre de Anita O'Day. Je n'en ai pas fini avec Blakey.

A suivre....

01 Art Blakey - Moanin - Are you real
02 Art Blakey - Moanin - The Drum Thunder Suite
03 Art Blakey - Moanin - Blues March

dimanche 20 juillet 2014

Musique & Co. Productions présente: El Hijo De La Cumbia



Il ne faut jamais, zut mauvaise tournure de phrase... Il faut toujours – good – saisir les occasions qui se présentent.

Celles qui de hijo en aiguille (J'ose) vous ouvrent de nouvelles perceptions musicales.

Cela commence par un événement organisé par mon ami André, un petit rappel :

Samedi 15 Novembre 2014 « El Sabor Latino » à Aulnay-sous-bois. 


Une soirée qui sent les petits oignons dans les grands plats. Il va y avoir du chaud.

Dont, c'est le sens de cette notule, l'ami Hijo de la Cumbia.
Qui est à l'affiche de la soirée, avec d'autres j'y reviendrai par ailleurs. Il avait raison, le André, d'insister : « Tu verras, il y aura aussi ce DJ Argentin, Hijo ... »

OK, pensais je de prime abord (à bord ? Pas le temps de vérifier). Un DJ ça assure les soirées pour danser, je pensais en rester là. N'étant pas complètement à la page de la définition du mot DJ.

Sur la page de Musique & Co. Productions je tombe sur un clip youtubé, je tente.

J'ai bien fait et bien fait pour moi : Un mini événement dans la chambrée du fond de mon appartement.

Je découvre un artiste. Un futur grand. Même impression qu'avec le Gotan Project : Se réapproprier un genre musical qui a déjà bien vécu, y apporter toutes ces tendances musicales TechnoDance pour régénérer la musique et donner naissance à des pierres musicales précieuses, parfois même des diamants tellement le résultat est une pure merveille.

Le genre ? La Cumbia ! Déjà aux carrefours d'influences (Esclaves D'Afrique, Indiens d'Amérique, Espagne), entendre son groove naturel se coller aux rythmiques hérités de nombreux brassages ambiant et techno, entendre des ratatata à la Aphex Twin se mesurer aux échos d'accordéon (ou Bandonéon?) donne ces titres où la machinerie est transformée en atmosphères organiques. Grandiose, souvent.

02 El Hijo De La Cumbia - Freestyle De Ritmos - El Contra Sin Fin
Quel bonheur quand cérébral, on écoute, et charnel, on danse, s'entendent si bien.

03 El Hijo De La Cumbia - Freestyle De Ritmos - Night's
Et puis je me disais... Cumbia, Cumbia, ça me rappelle quelque chose. Mais oui, bien entendu, quand le Gotan a décidé de passer de son « La Revancha Del Tango » à son « La Revancha En Cumbia »
Un moyen quasi pédagogique d'entendre ce que la Cumbia apporte comme appel au corps, jugez plutôt :




01 Gotan Project - La Revancha Del Tango - Chunga's Revenge
02 Gotan Project - La Revancha En Cumbia - Chunga's Revenge (Axel Krygier Remix)
Bien entendu, tout ceci pousse à la recherche, la curiosité, j'ai envie de savoir, de comprendre, d'entendre.
Cette Cumbia, avant sa transformation (On pense à une version positive de la Mouche de Cronenberg), avant raffinement nous avons quoi comme matière brut :



01 Conjunto Tipico Vallenato - Cumbia Cumbia - Cumbias De Oro De Colombia (1954 72) Cd1 - Cumbia Cienaguera
02 Los Immortales - Cumbia Cumbia - Cumbias De Oro De Colombia (1954 72) Cd1 - La Pollera Colora
03 La Sonora Dinamita - Cumbia Cumbia - Cumbias De Oro De Colombia (1954 72) Cd1 - Se Me Perdio La Cadenita
Et si je finissais par un petit point d'humeur, moi le grand défenseur des Tiquettes, si il y en a bien une qui devrait être interdite. Non, pas le Jazz Rock ou le Prog Rock (Assez gratiné, j'en conviens) Mais la WORLD MUSIC.

C'est quoi cette idée de réduire toutes ces richesses en un seul pot.

Il y a tellement à découvrir, qu'une seule vie, hein !

Rien que l'empreinte Espagnole que l'on a quitté en Colombie,en passant par l'Argentine, cela donne plus au nord, au Mexique, des fabuleuses chanteuses comme Lhasa, et même tiens, lustucru, quand Linda Ronstadt retourne à ses racines



01 Linda Ronstadt - Más Canciones - El Crucifijo De Piedra
02 Linda Ronstadt - Más Canciones - Palomita De Ojos Negros
Et toujours dans le chapitre découverte, je vais revenir dans une autre chronique à ce que m'a fait connaître le Kaserio. Je pense au Taarab. Cette musique qui a volontairement voulu subir les influences des rythmes Africains, des mélopées du Moyen Orient et de l'Inde, du classicisme Européen...



01 Mila Na Utamaduni - Spices Of Zanzibar - Bashraf Salama
Et vous voulez nommer tout ça « musique du monde »

En attendant que l'on me fasse découvrir un autre Hijo De la Taarab.

A suivre, d'autres nouvelles de Musique & Co. Productions.





vendredi 18 juillet 2014

Le dernier YES est sorti!!!


Le dernier YES est sorti. Ça intéresse qui ?
Moi, c'est déjà beaucoup.

Dans ce grand espace musical ouvert à toutes les musiques, il y a au fond une porte secrète que je ne montre plus beaucoup. Une fois le code entré, un code bien compliqué avec des chiffres, des lettres majuscules et minuscules et même des caractères spéciaux sans oublier le Katakana.

Pour l'ouvrir, je te dis pas, un truc bien prétentieux c'est vrai.

Mais c'est que derrière je cache des musiciens que l'on ignore ou bien que l'on aime détester pour justement ce trait de caractère.
J'ai nommé le Progressive Rock.

Je me vois encagoulé, dans les secrets des ombres crépusculaires, me ressortir « … And Then There Were Three » de Genesis, les deux albums de UK. Vous voyez, pas seulement les grands albums que l'on cite avec cet air de se disculper : King Crimson, Van Der Graaf Generator.

Je saute quelques périodes:

En 2010 paraît le livre de Aymeric Leroy « Le Rock Progressif ». Aymeric est né en 1973, donc pas possible de le soupçonner de nostalgia.

Sous son impulsion me voici à abandonner mon rituel alambiqué (Faisait chaud sous la cagoule). Je déplace la plate-forme plus prêt de l'entrée et je découvre, OUI, je découvre un Jethro Tull « Passion Play » en 2010!!
Pour la petite histoire, il atteindra en 1973 la place number ONE du Billboard, je dis ça, hein !

01 Jethro Tull - A Passion Play (Steven Wilson Stereo Mix) - Memory Bank
Qu'est ce qu'il nous dit le jeune M. Leroy

« Des groupes qui ont cherché – et souvent réussi – à inventer une musique au-delà des distinctions de genre et du formatage commercial. Le rock progressif représente un legs artistique d'une variété et d'une richesse exceptionnelles. S'il a connu l’apogée de sa créativité et de son succès dans les années soixante-dix, son impact s'est révélé aussi profond que durable … mais aussi son influence avérée sur certains groupes actuels les plus aventureux et novateurs : Radiohead, Mars Volta.. »

Bon, ensuite vous savez bien pourquoi ils ont été méprisés, je ne veux pas revenir la dessus. Juste quand même noter que les plus conservateurs en musique, sous prétexte de se lancer dans l'interprétation sans bien jouer, c'était bien les Punk rocker qui tenait à retrouver l'esprit pionner du rock. Conservateur.

J'espère avoir raison en prédisant que ce genre musical va connaître le même engouement que la soul, après avoir écouté quelques monuments de Genesis, King Crimson, Pink floyd, VDGG ou autre,

 - comme je me suis jeté sur ceux de Marvin Gaye, Stevie Wonder, Al Green -

une curiosité bien saine découvrira une quantité incroyable de talents qui ont eu plus ou moins de succès mais à la musique si riche : Gentle Giant, Camel, Greenslade, Orme & Premiata en Italie etc etc etc etc...

Il y avait dans ces créations certes une dose de prétention, donc de risques de boursouflures, mais quand c'était réussi cela donnait des œuvres musicales faites pour durer.
L'idée de se permettre dans un titre d'une dizaine de minutes de placer plusieurs mouvements aux arrangements sophistiqués, aux rythmes parfois opposés, le tout ponctué d'accélérations qui faisait bondir nos petits cœurs, de ponts reprenant parfois un thème pour que l'on puisse respirer, sans oublier quelques effets de virtuoses, puisque musiciens il y a.
Resservir ses influences en toute liberté : Jazz, Pop, Rock, Baroque, Musique médiévale, Concerto pour instruments.

Ce qui m'agace le plus dans cette histoire, c'est que dans la musique populaire les genres avec fortes distributions ne cohabitaient pas trop bien, comme si un style devait chasser l'autre.

Des artistes comme ceux de YES auraient bien mieux fait d'entendre les critiques sur leur musique plutôt que de vouloir coller aux années 80 et la chanson pop synthétique au format corseté.

Dans d'autres années 80, je pense au 19eme siècle, Wolf pouvait composer des lieder austères et superbes sans que cela ne gêne Richard Strauss qui devait pousser, lui, les orchestres à des sommets de luxuriances. Massenet faisait des Opéras Français en ajoutant des fulgurances Wagnériennes. Mahler a été lourdement critiqué mais a creusé son sillon, Tchaïkovski, Brahms, Fauré, Offenbach, Saint-Saëns... Ça c'est des années 80 !!

Les Progueux, comme j'aurai voulu qu'ils s'obstinent et laissent le rock, la pop synthétique etc.. À d'autres bien assez doués
Oui, la manière pouvait s'avérer alambiqué, mais l'alambic c'est celui qui à partir de la bête pomme promet le Calvados (Faudra vérifier tout de même les étymologies)

Bon et le dernier YES.
Ben voilà, à force de culpabiliser les musiciens en leur reprochant les digressions, les voilà revenir timidement.
Oui, les morceaux font 6, 8 minutes. Mais cela n'ose pas grand chose, refrain, couplet, un tut tut des choeurs, un entrechat. Pas davantage.
Le propre de la prog c'était tout de même de mixer plusieurs mouvements, de les entrecroiser quitte à nous perdre au début, alors que là nous avons à faire à des chansons pop, pas désagréables. Huit minutes ? Ben oui, cela vous évite de repasser le titre, ils le font pour vous.

Reste que dans les premières secondes de « Believe Again » j'y ai cru, le SON de YES, un petit effet musical et la voix de Jon … Davison est plus que troublante.

01 Yes - Heaven And Earth - Believe Again.
Mais ensuite je n'ai pas retrouvé l'exigence d'attention que réclame la grande musique quand elle se destine ici à passer du cérébral au mental à l'émotion enfin obtenu... et pour longtemps !
Comme ce « To Be Over »

01 Yes - Relayer - To Be Over.
Bon, et si on dansait ? Plus tard, plus tard.



lundi 14 juillet 2014

Blog Ode (Mon Retour Que Je l'Aime)




Et me voilà à revenir de congés et à allumer les interrupteurs de ma salle de blog. Vous vous souvenez de cette scène dans H2G2, cette énorme salle où l'on fabriquait des planètes ? J'imagine mon espace de blog un peu comme ça, immense, illusion d'un sans limite, car plein d'artifices.

Un blog, vos blogs, mon blog se compose, se structure, se forme pour en ce qui me concerne évoquer la musique que l'on aime, que l'on veut découvrir.

Alors on use d'images fortes, que l'on souhaite fortes, pour pallier à la difficulté de faire écouter, de commenter en présence, de mesurer si le plaisir est partagé.

Mon blog, je l'imagine comme cet énorme hangar. En poussant le commutateur Jazz, d'immenses projecteurs, si haut, éclairent ce fleuve que j'ai imaginé pour voyager à travers cet univers musicale.
Ces projecteurs qui tentent avec succès de ressembler à ces étoiles dont Jimmy entend le tutoiement partagé avec ses artistes préférés. J'imagine un monde de techniciens qui entretiennent ces lumières de spectacles. Vivant dans les combles du blog pour maintenir l'éclairage à la demande.

Ici une lumière blanche pour une partie de mon fleuve Jazz,  où l'on observe sur la rive, « mon » Art Blakey qui s'anime sous la lumière de mes textes, derrière lui tout un orchestre prêt à jouer si je le réclame... Je discerne encore Lennie Tristano si tôt quitté pour Blakey. Je devine le profil d'Anita qui attend son moment de « gloire » dans mon imaginaire.

Je n'oublie pas d'activer le secteur année, 1974, où je confronte mes souvenirs d'adolescent avec un album reconnu que j'ai laissé passer. Une manière de redessiner sa jeunesse. Du rétromania actif. Que n'avais je entendu Gram Parsons, Joni Mitchell, Big Star, Steely Dan (que j'avais même bêtement rejeté), Weather Report pour avoir attendu un amoureux du genre pour enfin m'y pencher.

J'ouvre la salle des genres musicaux. La HOUSE attend que je daigne me pencher sur ses œuvres. La poussière s'accumule devant les accès.
Et les fils passés aux oubliettes ? La liste des 100 meilleurs chanteurs de rock proposée par RollingStone ? Stoppée net avec la fermeture de mon ancien Blog. Aurais je le courage, tel un Gaston et sa lampe de mineur farfouillant ses archives, de remonter avec des Chuck Berry, Jeff Buckley (et son père?)...

J'hésite, me détourne pour regarder avec envie les coins sombres où des surprises m'attendent : les écoutes shuffle, les copains blog et leurs révélations, les articles de journaux, les hit, les saisons, les BO, Assayas, les autres lectures...

Et ses questions, du genre, pourquoi mon grand "Led Zep" a moins influencé qu'un Black Sabbath, que je jugeais Nain? A tord?
Et les mérites de la prog encore à défendre, trente ans plus tard.

Je continue l'inventaire des espaces

Les grandes scènes d'Opéra sont bien rangées, l'étendue est tel qu'il m'est impossible d'en maîtriser le contours.

En m'éloignant, en prenant de la hauteur je devine au loin les lumières chatoyantes des musiques Brésiliennes.
Sur ma gauche une explosion d'énergie Funk & Soul.
Alors qu'au lointain s'activent les acteurs qui simuleront les meilleures scènes de films pour illustrer la musique des maestro Italiens, Américains, Français et j'en oublie. Comment tout embrasser ?

Écouter, écrire, je m'invente un Alter ego pour adopter le dialogue comme moyen de sensibiliser. Dans ce blog je me pense dramaturge qui raconte la musique. Dans mon blog je me crois un génie qui manipule tout ce petit monde.
Tout les vrais talents réels au service de mes chimères

Vanité que tout cela, bien entendu. Mais le nombre de visiteurs, les quelques commentaires enregistrés donnent la réalité nécessaire pour continuer le rêve.

Et maintenant

Ainsi, comme les livres oiseaux de Follon, je me dirige vers un coin du décor de « Der Rosenkavalier » de Richard Strauss. Un coin que je connais par cœur.

Je décide d'en extraire Elisabeth Schwarzkopf, Christa Ludwig, Teresa Stich-Randall. Je les choisie dans ces costumes de scènes si chargées, si précieuses, si sensuelles.

Comme Mozart, je remercie Strauss de donner des rôles masculins a des soprano. Troublant.

Chacune sur un piédestal, chacune éclairée par un cercle blanc, un noir absolu entourant. La musique est la matière, les voix le carburant qui pousse vers un infini, absence de limite.

Le premier chant déclenche un mouvement, le deuxième, discret suit l'envolée alors que le troisième achève ce ballet onirique.

Les petites scènes légères se rapprochent tandis que se renforcent les notes.

Les corps se rapprochent, et le son monte, monte, monte … mon cœur s'envole, je suis vivant.

Volupté. Karajan me tient en suspension...

Et ce deuxième et troisième air pour préparer ma descente sans heurt, tout en caresse. Revenir à ma réalité pour ne pas rester fou.

Me revoilou

Note de bas de page: Penser à visiter les espaces des copains. Maintenir leur envie.

01 Richard Strauss - Der Rosenkavalier (Disc 3) - A3.13 Marie Theres'! ...hab' Mir's Gelobt.mp3
02 Richard Strauss - Der Rosenkavalier (Disc 3) - A3.14 Ist Ein Traum, Kann Nicht Wirklich Sein.mp3
03 Richard Strauss - Der Rosenkavalier (Disc 3) - A3.15 Ist Ein Traum...spur Nur Dich.mp3