dimanche 31 août 2014

Verdi - Don Carlos. La suite est pleine de surprises, mais pour commencer.....





Verdi, quel p'tain de génie. L'apostrophe remplaçant le U marque tout le respect que l'on doit à la grande m'sique. Le reste est un cri du coeur destiné à cet artiste, Cela vaut bien le sacrifice d'un U.

Je prends mon temps, car il me manque ce temps pour tout entendre et découvrir. Qui trop embrasse... C'est le risque.

Alors je me retrouve au début du deuxième acte. Accompagnée par le livret décortiqué, commenté sur "L'Avant Scène Opéra" consacré à Don Carlos. Chance extrême, ils ont adopté la version que j'écoute, Don Carlos a subi de nombreuses modifications, y compris de traduction. Mais je tenais à la langue Française.

Et voici que le commentaire aborde l'homosexualité: Acte II, Rodrigue et Don Carlos.
A propos des duo entre les deux hommes, je vais revenir sur l'influence de cette interprétation. Mais avant quelques extraits de ce commentaire:

Après un silence, une rapide course de staccati aux cordes (allegro vivo, en SI majeur) fait éclater l'effusion de tendresse des deux hommes: Les termes autant que les intonations laissent supposer le caractère équivoque de cette amitié, à laquelle on ne manquera pas de trouver des antécédents dans la culture antique: amitié de héros grecs - Oreste et Pylade - ou amitié biblique de David pour Jonathan que nous évoquons dans notre introduction
C'est beau la culture, mais fiance.

Ce vaste duo entre un ténor et un baryton sera, ni plus ni moins, le pendant à celui de Carlos et d'Élisabeth au 1er acte, comme le souligne dans sa première partie tout au moins (jusqu'à "je te suivrai mon frère") la même tonalité de Ré bémol majeur. Ayant perdu la femme qu'il aime, c'est dans les bras de son ami que Carlos se console. Transfert qui renforce l'évidence d'une implication homosexuelle: amant malchanceux, trop immature pour avoir des réactions viriles, Carlos se trouve moralement et affectivement dépendant de Rodrigue
Houla... (Je note au passage les annotations musicales et techniques pour appuyer les émotions, je ne les comprends pas, elles sont des signes magiques qui me charment)

J'hésite entre parler de mes sentiments musicaux et de l'influence du commentaire.

1) Parlons musique

Deux duos masculins comme je les aime, contraste des tessitures (rien que le terme) appliqué à de grandes mélodies. Imparables.

Exemple, dans cet échange chez Bizet dans "Les Pêcheurs De Perles"

Bizet, il n'y aurait donc pas que la Carmen? Non. Un titre que je rêverai de savoir partager sur une scène, surtout le final où les commentaires précédents pourraient parler d'une scène à mi parcours entre amitié et amour.

(Nicolaï Gedda & Ernest Blanc)

001 Georges Bizet - Les Pecheurs De Perles Cd1 - Act I - Duo - 'au Fond Du Temple Saint'

Un autre duo d'enfer, sur un air de Verdi souvent utilisé tellement son amplitude mélodique emporte, thème ici employé à un autre duo, affrontement teinté de dignité et de fierté. Noblesse ennemie ici mise en musique. Époustouflant
Le Haaaaaa du Baryton qui reprend l'air me fait toujours frissonner.

Arrêtons nous quelques instants sur ce chef d'oeuvre de cinq minutes. je n'exagère pas. Il y a ici quatre première minute et son plein d'écriture. Jamais d'exploitation forcenée d'une mélodie que l'on se damnerai pour l'avoir écrite, juste celle là.
Mais le final de ce titre, une minute qui atteint au sublime; le cri du Baryton, le silence, la reprise à la flûte (?? pas certains), la lutte reprend, les cuivres, accélération ..... et un final qu'aurait pu caricaturer les Monthy Python en imaginant nos héros en Franch cancan

Au fait, un Nino Rota ne peut contester l'influence, héritage étant peut-être trop lourd à porter

(Placido Domingo & Giorgio Zancanaro)


001 Giuseppe Verdi - La Forza Del Destino Cd3 - Le Minaccie, I Fieri Accenti...
Tout ceci pour approcher donc du "vaste" duo ci dessus évoqué:

Des airs moins connus mais qui avec peu d'attention apporte la même dose de plaisir (coupable?)

001 Giuseppe Verdi - Don Carlos (Matheson Bbc) [disc 1] - Mon Compagnon, Mon Ami, Mon Fr
002 Giuseppe Verdi - Don Carlos (Matheson Bbc) [disc 1] - Dieu, Tu Semas Dans Nos Ames
2) De l'influence

Impossible d'ignorer une interprétation. Celle de André Lischke. Non pas que j'ai eu un soupçon à l'écoute des échanges, trop emporté par la musique. Non plus que pourrait s'ouvrir un débat sur l’homosexualité suggéré dans des oeuvres à une époque et surtout sur une intrigue ou l’impudeur n'a pas de place pertinente.
Ben alors?
Ben, impossible de ne pas avoir une écoute sous influence.

Tiens ça me fait penser au principe que j'adopte la plupart du temps: je lis la fin des romans qui tiennent en haleine et en interrogation le lecteur. Dans les grands romans ce n'est que du positif.
Exemple, sans citer le titre et vous n'êtes pas nombreux à venir lire ici donc peu de risque de gâcher la lecture de ceux qui rejetterai mon principe.

Amoureux, sa maîtresse ne vient pas au rendez vous convenu. C'est un mystère. Elle a disparu, elle le fuit? C'est seulement à la fin que nous apprendrons que sa femme a intercepté et tué son amante.
Moi qui le savais depuis le début, j'ai goûté autrement toute les scènes qu'il partage avec sa femme légitime. Ce qui serait banal devenait plein de tension.
Vous retrouvez le principe dans ce grand film de Cimino, un montage rejeté initialement qui commençait par la fin: "La porte du Paradis" Les simples scènes de bonheur sont entachées de ce que le destin nous a révélé: Une tragédie sanglante.

Alors, quand j'écoute Rodrigue de Posa je ne peux plus m'empêcher de l'écouter comme un amoureux de l'impossible, chacune de ses actions portent en elle cette frustration que je n'aurai pas perçue sans la démonstration de M. Lischke.

Et tant mieux.

3) Et cela continue

Enfin un duo Ténor et Soprano, un classique dans les Opéra. Précédé par un air solo pour Baryton.
C'est qu'ils sont rares ces moments, donner une chance à ce registre

Tel l'introduction de Paillasse, moment sublime ou le chant monte vers un aigu au grain si particulier, comme le rose gris de boulaouane. Épique

(Giuseppe Taddei)

001 Leoncavallo - Pagliacci - Prologue - 'si Può Signore! Signori!'
Ou bien cet air touchant sur l'attachement de Sancho Pança pour son maître Don Quichotte.
Un Don Quichotte retranscrit par M. Massenet. Sensibilité toute française.

001 Jules Massenet - Don Quichotte Cd2 - Riez, Allez, Riez Du Pauvre Ideologue
Ainsi je peux revenir à Don Carlos, donc cet air de Baryton qui sera suivi d'un duo,

001 Giuseppe Verdi - Don Carlos (Matheson Bbc) [disc 2] - L'infant Carlos, Notre Esperan

 l'intrigue a obligé l'écriture d'un chant d'amour tourmenté, violent, frustré, mais M. Lischke le raconte bien mieux, sur l'évanouissement de douleur de Don Carlos

Mais ce genre de défaillance est assez vraisemblable chez les sujets hypernerveux, immatures et sexuellement irréalisé....
Le retour à la vie de Carlos fait naître une mélodie aux inflexions voluptueusement caressantes:
Délire et réminiscences sensuelles, désir de mort, se succèdent...
002 Giuseppe Verdi - Don Carlos (Matheson Bbc) [disc 2] - Je Viens Solliciter De La Reine
4) Madame c'est à vous

Impossible de se quitter sans se laisser amener vers les cimes (Ha oui, zut, la règle orthographique du chapeau tombé dans l'abîme) que seules les soprano savent atteindre

Ici, un air chagrin sur une injustice que seule une intrigue d'opéra sait construire, je veux dire par là que la musique fait tout passer.
Une subalterne injustement accusée par une personne très haute placée dans la hiérarchie où se déroule l'action, à part l'Opéra?

001 Giuseppe Verdi - Don Carlos (Matheson Bbc) [disc 2] - O Ma Chere Compagne
5) Aparté: Espagnolade

C'est en repensant au Jules Massenet et son Don Quichotte (qui lorgne davantage vers Carmen de Bizet que le roman) avec son ouverture qui dès les premières notes nous fait penser à l'Espagne, pour ensuite dériver encore plus au sud, avec quelques résurgences de grand bal.

Pourquoi, d'où nous vient cette couleur Espagnole, et ne me dîtes pas que c'est le son des castagnettes. Trop facile.

001 Jules Massenet - Don Quichotte Cd1 - Prelude Et Danse - Alza! Alza! Alza!
Le rapport avec Don Carlos? Il est ici dans cet air qui nous plonge de suite dans cette teinte (pas vraiment le choeur féminin, mais le reste?)

002 Giuseppe Verdi - Don Carlos (Matheson Bbc) [disc 2] - Sous Ces Bois Au Feuillage Imme
001 Giuseppe Verdi - Don Carlos (Matheson Bbc) [disc 2] - Chanson Du Voile 'au Palais De
Il y a bien un élément typique à expliquer.

Tentative de M. Lischke

L'effort de Verdi de se mettre au diapason de la civilisation espagnole. Témoin cet abaissement du IIeme degré, créant le mode phrygien.
Je vous l'avais dit, explication pas faîtes pour néophytes mais si magique....

6) À suivre....

Un opéra s'aborde lentement, le temps et l'écoute jouant un rôle important.
Don Carlos, troisième partie, le Ballet c'est pour bientôt.

L'occasion pour moi de saisir cette autre aventure qu'est le ballet classique.


Bon, stoppons là, j'ai la visite de la musique de Los Angeles à entamer. Los Angeles? Espagne?

Hasta Luego Amigo


dimanche 24 août 2014

Coups de coeur sans la moindre madeleine....




Aujourd'hui, je vais faire court, j'ai une compilation de titres à préparer pour ma Dame et la voiture qui ne demande qu'à rouler sur des musiques cool ou/et joyeuses. Tout genre confondu!

Alors un mot sur ces chansons qui provoquent le petit pincement qui fait monter la tension et donne la banane.
Attention!
Pas la chanson qui rappelle des souvenirs, ça c'est une autre histoire. Non, la chanson qui seule avec ses qualités provoque un sentiment de joie de vivre.

Probablement que les ingrédients diffèrent d'un individu à l'autre, que bien enfoui il y a l'explication personnelle pour comprendre le sentiment qui se dégage de l'écoute. Tellement enfoui qu'aucun événement n'est identifiable pour éclairer.

Alors? Nous avons le choix de se payer des séances, ou de décortiquer les chansons pour y trouver les dénominateurs communs ... ou bien de passer à l'écoute... et profiter.

La première: Madness et "Never Knew Your Name". Madness en 2012 continue à produire, comme avant, de bonnes chansons, avec des arrangements qui font mouche.
Démarrage piano, touchant, et cet accent ... saxo nocturne ... rythmique .... On danse? Et puis, et puis... Les cordes et les cuivres (synthé?)  et me voilà emporté dans le tourbillon

01 Madness - Oui Oui Si Si Ja Ja Da Da - Never Knew Your Name

La Deuxième: Boo Radleys et "Kingsize". Le titre solaire par excellence. Du Beatles qui annonce le lever du soleil en pleine période bonheur. La banane esr à 1:45 du titre, généralement je monte le son. De peu d'en perdre peut-être? Boo Radleys est dans la catégorie de ces groupes que l'on chérit, Que l'on s'interroge sur leur manque de succès extra ultra planétaire avec ce léger paradoxe qui les rangent dans nos secrets bien gardés

02 Boo Radleys - Kingsize - Kingsize

Info: Martin Carr prépare un album Solo que je guette, le plaisir d'entendre son chant ligne clair sur de nouveaux titres;

En écoute ici


Merci au blog LaMusiqueAPapa de l'avoir signalé


Enfin le troisième: Tom Robinson et son "War Baby" Un titre dont j'ai cherché à comprendre, sans succès, le sens des paroles. Plus cryptique que ça.
Pour la musique, cet art d'écrire des titres qui montent lentement les marches de l'émotion. Ici l'effet est plus insidieux. Cette chanson c'est un peu comme un ami qui vous entraîne, Vous prenant le bras et vous obligeant à suivre son rythme.

03 Tom Robinson - The Collection 1977 - '87 - War Baby


Et pour conclure: Haaa Tom Robinson, ce que j'ai pu l'écouter dans les années 70. Un des premiers artistes à chanter et soutenir les communautés Homosexuelles. Son titre: "Glad To Be Gay". Communautés qui lui tourneront le dos quand il avouera sa bisexualité. Va comprendre. Comme un quiproquo dans les intentions. Je ne sais pas si une communauté de Bisexuel a apporté son soutien. D'ailleurs je ne sais pas si il y a une communauté de Bi.

01 Tom Robinson Band - Power In The Darkness - Glad To Be Gay











dimanche 17 août 2014

C'est Juste Magique!!


Avec des tronches pareils, je les imagine bien jouer du Hard Rock Trash de la Mort of the Fire on the Street au fond des forêts hantés, faisant peur au passant qui se demande au passage (puisqu'il est passant) où ils ont trouvé de quoi brancher les guitares ?

Pas du tout, en 2005 ils nous arrivent avec de la pop en fleur comme on n'en avait plus entendu depuis longtemps. Cette façon sautillante de chanter pour apporter un peu de joie à l'auditeur, pas cracher la dessus. On en redemande.

The Magic Numbers - Mornings Eleven

Et là, quoi, quasi dix ans plus tard, été 2014, nous les revoilà, me les revoilà. Toujours plein de soleil, c'est qu'on en a besoin. En Sunshine Pop ? Aujourd'hui ? Ce sont les meilleurs !

The Magic Numbers - Shot In The Dark

Et puis, comme ils m'ont touché avec cet hommage à mon Roy Orbison. Quoi ? Vous ne retrouvez pas le Roy de « Pretty Women » ! Normal, Roy c'est autre chose... Mes Magic l'ont bien compris. Normal, entre Baladins.

The Magic Numbers - Roy Orbison


Le VRAI Roy, c'est celui là (Au fond, qui n'est là en hommage ? Elvis Costello !! Et qui d'autres ?



vendredi 15 août 2014

Philip Glass & Ravi Shankar! What else?



J'avais un scoop à propos d'un Opéra de Verdi, mais Ravi Shankar et Philip Glass l'emporte.

Pour commencer le hasard. Sur mon blog, Funkyrocky a évoqué Ravi Shankar dans un commentaire. En farfouillant dans ma disconumérithèque je retrouve un album et une collaboration avec Philip Glass.

Sachez le, je suis un inconditionnel de Glass. Musique de film « The Hours », Opéra « Akhnaten » et « Einstein on the Beach ». Même en écoute superficielle ses boucles répétitives me fascinent,
impossible de s'en décrocher. En profondeur, une fois son apnée bien maîtrisée, les couleurs vitraux nous apparaissent pour enfin saisir toute la richesse de son écriture.

Je sais que certains trouvent que sa musique c'est souvent la même chose, à ceux là je leur répondrai, tel notre grand guru le Coluche « Hé, banane, ré pé ti ti ve !!! »

Voici que mon Philip a composé avec Ravi Shankar. Méfiance, pense-t-on chez les méfiants de nature. Attention, pense-t-on chez les attentionnés de nature. A quoi bon chez les aquoiboniste.

J'ai entendu, puis j'ai écouté et enfin je sais.

Un jour je dirai à ma petite fille. Éléanore ….

Aparté : Au fait, dans le film « La Vie Aquatique » de Wes Anderson, il y a un personnage nommé Eleanor. J'ai adoré l'étrangeté de la comédie, ma femme pas du tout. Il semble que ce film a coupé les spectateurs en deux ? Votre avis ?

… Éléanore, maintenant que tu sais que ton Grand Père personnifie le goutage et l'écouture. Non, range le dictionnaire.

Laisse moi te faire découvrir la rencontre de la sagesse ancestrale Indienne tout en laissant regarder musicalement vers l'occident, j'ai nommé Ravi Shankar
et l'incarnation de la musique contemporaine qui ne nous fait pas se fermer comme des huîtres, l'inventeur de la boucle décollage vers la sérénité, voici Philip Glass.

La fusion est une réussite au delà de mes attentes (Ceci dit, je n'attendais rien) la preuve : tu penserais « Ragas In Minor Scale » composé par Shankar et « Meetings Along The Edge » par Glass. Or c'est tout l'opposé, comme un échange momentané de personnalité.

Je prends le risque de la pédanterie, mais si s'enrichir dans la vie c'est accepter d'apprendre des autres, toujours et encore. Accepter son ignorance comme moteur d'une curiosité insatiable alors qu'en s'offre l'occasion de prendre un PASSAGE vers cet ailleurs... Ne pas hésiter.
(Le genre de phrase à ne pas relire de peur de ne pas oser la poster)

Le jour où se fera sentir le besoin de sérénité, de grandeur et de force pour continuer. Laisse toi convaincre par PASSAGES.

PS: Ces boucles musicales, en fond sonore, sont d'un reposant pour les bébés. Je dis ça moi, c'est pour rendre service.

01 Ravi Shankar And Philip Glass - Meetings Along The Edge.mp3


02 Ravi Shankar And Philip Glass - Ragas In Minor Scale.mp3




vendredi 8 août 2014

Sorry Mister Moon



Que je vous raconte. Souvent j'ai eu l'occasion de raconter mon premier émoi ... hum ... musical. L'autre émoi je le raconterai dans mes mémoires, porteront le titre d'une chanson de Dutronc, je vous laisse deviner.

Mais revenons à donc ce premier émoi: The Who, Quadrophenia.

Je vous résume: Disons 1974. Chez mon Oncle et ma Tante en Normandie. Je révise mon latin (Initiation au..) Je m'ennuie et préfère rejoindre mon cousin qui écoute ses disques, le phono connecté sur un ampli de guitare (je crois).

Il est avec ses potes, tous fanatiques des The Who (marrant, Les The Who!!) Quadrophenia.



"Doctor Jimmy" à fond. Les vitres en tremblent, obligé d'ouvrir la porte fenêtre.
Et moi? Émoi. (Je vous tends une perche pour le titre de Dutronc)

01 The Who - Quadrophenia Cd2 - Doctor Jimmy


L'orage qui gronde et soudain le riff qui tue.

Le destin frappe, c'est décidé je serai astronaute ou j'écouterai beaucoup de musique!

Des années plus tard, 2014 en fait, 40 ans plus tard. Je tombe (encore!) sur un bon article consacré à Keith Moon, le batteur fou des Who.



http://ranxzevox.blogspot.fr/2009/11/la-vitesse-ou-lon-efface-les-cigarettes.html

L'article, les échanges et commentaires sont tels que je me mets à douter sur la qualité d'un album des Who "The Who's By Numbers", je la jugeais médiocre.



Je me souvenais surtout de la déception. Une pochette de m.... et un premier titre qui nous faisait rire, "chlip kid.." Le plus grand et violent groupe de rock nous faisait rire.

Je disais, les commentaires étaient suffisamment encourageant pour que j'y retourne, je saute "Slip (ouarf ouarf) Kid"
Bon, sympa, pas magique. j'ai étalé mes écoutes sur quelques jours. Pas mal consacré de temps il faut avouer. Comprenez que ce temps est précieux, j'aurai pu être astronaute.

(PS au milieu du texte, me suis revu hier le film Quadrophenia, moins bien que Train Spotting et chouette quand même)

Bon.

J'ouvre le dico Assayas au chapitre The Who. J'y cherche un je ne sais quoi. Et je le trouve.
2006, effectivement, les Who, pardon, les The Who sorte un album, que j'ai peu écouté sans m'y être attardé.
L'article évoque une dizaine de titres qui forment un mini opéra "Wire & Glass".



Mister Moon, je suis désolé, vraiment, mais c'est sur ces titres que j'ai eu un pincement au coeur.

La voix de Roger Daltrey y est superbe de cordes vocales forcées pour imprimer une force que je n'attendais plus.

(PS au milieu du texte: sa collaboration avec Wilco donne un bel aperçu de ce qu'il donne encore)
01 Wilco Johnson & Roger Daltrey - Going Back Home - Going Back Home


Pete Townshend a brisé la sienne pour donner ce frisson que recherche et trouve souvent chez Tom Waits dans un autre registre.

Et la musique!! Ce blues rock comme ils savent faire, l'acoustique et le folk Britton, la chanson douce chantée par Pete j'ai cru chialer comme sur les meilleurs moments de Britten. Un peu de répétition à la P Glass tournant choeurs à la Brain Wilson, les contrastes et les ruptures sont énormes. Et la conclusion est force et émotion!!

Un concentré inattendu ...

Voilà qui conclut l'article d'un mec heureux de retrouver ceux que j'ai tant aimé dans les années 70.
Je m'excuse Mister Moon. "Who's By Number's" n'est pas honteux, mais vous méritiez d'exploser sur "Wire & Glass"

Au fait, rien que l'idée d'avoir mon nez qui gratte sous un casque hermétique à scellé mon destin.

01. The Who - Wire & Glass






mercredi 6 août 2014

Gilbert et son Diamant

Le monsieur Becaud, cela faisait bien longtemps que je ne m’étais attardé sur une chanson. J’aimais bien gamin son oiseau de toute les couleurs.

Par association d’idée je pensais aux quelques rares chansons de langues françaises (pour englober les grands artistes Belges) qui avaient pu faire le tour de la planète. « La Mer » de Trenet, « Comme D’habitude » de François, « Ne me quitte pas » de Brel …

mais aussi au fait, une belle chanson de Becaud. A moins qu’il ne l’ait reprise de Neil Diamond ?

Un doute m’aborde ? Mais Wikisaitout me rassure et même me surprend : c’est une collaboration, dis donc. J’aime l’image international que prend soudain ce monsieur Gilberto , même si…

La version de Neil Diamond a de beaux arrangements et donne à la chanson toute la patine BrillBuilding (Retrouvez la sur le dernier Eastwood « Jersey boys »)

Mais le texte de Becaud est nettement moins convenu, jusqu’à cette subtilité dans son évocation de faire lui aussi l’étranger, ailleurs, pour gommer ce qui aurait pu être une chanson un peu chauvine

.


dimanche 3 août 2014

Hier et Aujourd'hui: Pépites sous la vase




Runaway de Del Shannon, Vanina quand c'est repris par Dave. Ben quoi ? Vous savez quel est le bonheur des farfouilleurs de musique ? Hé bien c'est quand...

La suite sur mon blog :

C'est quand des années, que dis je, des dizaines d'années plus tard, un maison d'édition vous sort une pépite oubliée ou abandonnée. Vous la prenez en main, vous enlevez la vase, et là sous vous oreilles ébahis : elle est pas belle ma pierre ?

Bien entendu, pour l'artiste c'est no fun.

Prenez Del Shannon. Vous auriez pu l'oublier, mais il y a cette rengaine de « Runnaway » qui traverse le temps. A part ça ?

Pauvre Del.

Oyez, oyez, la triste histoire de la pépite enfouie sous la vase.

1967, Del rencontre un sacré bonhomme qui vous transforme le plomb en or. Oldham. Connaissez pas ? Celui qui a réorchestré quelques titres des Rolling Stones. L'homme des arrangements clavecins, cor Anglais, clochettes et surtout cordes.

Souvenez vous de ça

01 The Andrew Oldham Orchestra - The RS Songbook - Last Time

Alors le monsieur Oldham il dit à Del, faisons une version 67 de ton tube. Et les amis, cette version c'est du grand Spector. C'est la cinquième dimension. Soudain la chansonnette que c'était devient une chanson à génération. Faut que ça cartonne tudieu.

01 Del Shannon - Home And Away - Runaway '67 (2006 Digital Remaster)

Et puisqu'on y est, tiens, faisons un album. Et hop la la, aussitôt dit, aussitôt fait :
Comme ça des titres en écoute (Merci à Jeepeedee qui nous a proposé l'album) et tout ceux qui chérissent leur Nichols découvert, qui vante à ne plus finir les Zombies, qui ne jure que sur ces albums mystérieusement oubliés et pourtant si chefd’œuvrant.

Arrangement, je préfère radoter, niveau Spector avec une pincée de thé, un nuage de bonheur. Un chanteur inspiré et des titres. Il faut bien que les Kinks viennent de quelque part.

Alors, les pépites, les pépètes ? Les petites pépés ? Nada, que dalle. Je lis que EMI décide que 67 c'est heavy rock & roll et puis c'est tout. Pas de sortie d'album, rien. Le plomb, l'or rien à foutre, faut de l'acier chauffé à blanc, alors vos chansons, vous pouvez ramener vos musiciens et débarrassez moi de ces chèvres....

01 Del Shannon - Home And Away - He Cheated (Mono Version) (2006 Digital Remaster)
02 Del Shannon - Home And Away - Life Is But Nothing (2006 Digital Remaster)
03 Del Shannon - Home And Away - It's My Feeling (2006 Digital Remaster)
04 Del Shannon - Home And Away - Silently (2006 Digital Remaster)

Le disque va finalement sortir en 2007. Del lui s'est suicidé en 90. Cause à effet ? Je ne sais pas. Gachis, oui, rattrapé ? Oui. Surtout pour ceux qui savent ou Dropper et Boxer (Je ne peux pas faire plus allusifs sans prendre de graves risques de santé)

Comment ça, cela sonne un peu vieux ? Alors vous, il vous faut la pépite à peine enfouie, le truc improbable qui aurait du mais qui n'a pas pu.

Lawrence Hayward, voilà, tout propre, tout nettoyé.



Que vous dire. Je le guette et même connais depuis longtemps. Gros soutien des journalistes de rock, mérités le soutien. Quelques percées avec son premier groupe FELT. Et puis DENIM pour rire et maintenant GO-KART MOZART.

Mais lui aussi, peut-être, à contre-temps ?
« On the hot dog streets » est de 2012.

J'y entends et vous y entendrez plein de trucs que l'on a aimé, même parfois en mieux, chez lui, veux-je dire.
Je jette les noms en pature : New Order (direct avec Retro-Glancing) Blur, Pulp, Madness, 10cc pour ceusses qui ont suivi leur carrière pop anglaise. Il y a du CARS la dedans, oui, aussi.

01 Go-Kart Mozart - On The Hot Dog Streets - Retro-Glancing
02 Go-Kart Mozart - On The Hot Dog Streets - Synth Wizard

Et les DEVO passéistofuturiste, à moins que les PET SHOP BOYS ?

01 Go-Kart Mozart - On The Hot Dog Streets - The Sun
02 Go-Kart Mozart - On The Hot Dog Streets - Come On You Lot

Bon ce que je fais n'est pas charitable, trop de références tue...,  pour un artiste qui sait si bien vous trousser de chouettes mélodies qui fleurent bon les arrangements 80's, des 80's qui vont revenir j'en suis certains.

Et le Lawrence ne se contente pas de rétrograder, il écoute aussi la brise musicale pop qui atteint ses neurones. Il brasse, mixe, goûte, ajoute un brin de mélodie d'avant, un son de guitare d'après, sel et poivre... Parfait, synthétisé.

01 Go-Kart Mozart - On The Hot Dog Streets - Lawrence Takes Over

…. En 2052, le web aura disparu, ces chroniques ne seront pas perdues. Elles seront transformées en bulles de son et d'image. Elles flotteront dans les airs.
Un jour au bord d'une plage de pierres translucides, un nageur s'étant un peu éloigné tombera sur ma bulle, écoutera... Ça lui dira quelque chose, agaçant, énervant. Ces notes de Piano, lui rappelle... haaaaaaa. Mois je sais. Qu'il se débrouille !!

01 Go-Kart Mozart - On The Hot Dog Streets - West Brom Blues

Deux petits derniers pour la route :

01 Go-Kart Mozart - On The Hot Dog Streets - White Stilettos In The Sand
02 Go-Kart Mozart - On The Hot Dog Streets - I Talk With Robot Voice