Ci dessous la phrase qui a bousculé le programme de mon blog, qui repousse à dans pas longtemps mon Roy Orbison.
Phrase de Simon Reynolds extraite du livre "Bring The Noise" lors de son article et interview de Morrissey à la sortie de l'album solo "Viva Hate" en 1988.
"Celui qui comprend le poignant est celui qui à déjà chéri sa souffrance, qui a essayé de la prolonger, qui a joué à l'exacerber ou qui est revenu dessus longtemps après avoir réussi à s'en sortir, celui qui préfère la compagnie des fantômes à un quotidien sans rêves."
J'étais trop vieux pour être atteint par The Smiths. J'ai pu tardivement admirer et même davantage leurs compositions et surtout leur chef-d'oeuvre "The Queen Is Dead", jusqu'à la pochette d'un Alain Delon allongé et ce titre d'album troublant.
Troublant. The Smiths, Morrissey surtout, c'est la suite de ce mouvement plus que musical qui explorait les douleurs des adolescents, du moins du haut de ma vie comblée, c'est comme cela que je le ressentais. Avant même d'avoir approfondi mes écoutes.
Sans adhérer, j'entendais cette voix flotter sur ces notes monochrome, cette couleur Or grisaillant, ce ciel toujours couvert qui ne passait jamais à l'orage, juste une petite pluie fine et glissante.
Un climat d'insatisfaction, de doute et surtout de complaisance, de plaisir obtenu de toute ces souffrances réelles ou provoquées.
Dix ans plus tôt, j'aurai été réceptif à ces appels, c'est pourquoi je pensais adolescence.
Morrissey est une curiosité musicale, il ne compose pas, mais ses textes, sa voix, sa morosité flamboyante ont une telle influence sur les chansons, qu'elles semble composées PAR Morrissey.
Ce qui s'est passé? En plus de la phrase que je vous ai extraite, il y a un échange entre Morrissey et Reynolds qui touche fortement au "sens de la vie" comme défini dans les derniers films de Sautet.
Et me voici à vraiment découvrir "Viva Hate". J'avais plutôt été comblé par un "Vauxhall And I" nettement plus coloré.
Mon amour qui n'est plus avec moi, leurs échanges, la musique aboutissent à cette idée de se construire un avenir de souvenirs, enrichis, surchargés, renforcés pour aboutir à une chimère suffisamment présente pour dialoguer et vivre avec.
Mon erreur était de penser que Morrissey s'adresse à l'adolescence, alors qu'il approche de l'insatisfaction et l'instabilité, des sentiments profonds quand sa vie n'a pas pris un sens - même non souhaitée - sentiments omniprésents dans cette période de jeunesse, c'est vrai... Mais des sentiments qui peuvent trouver leur chemin à n'importe quel moment de la vie.
Alors cette phrase prends tout un sens
"...celui qui préfère la compagnie des fantômes à un quotidien sans rêves."Alors j'écoute sa musique avec grand plaisir, sa voix de crooner, une des plus belle voix de la pop britannique... et ...
.... je me secoue et me remue, je relis quelques passages intéressants du livre, me prépare pour une fête de la musique où j'irai chercher une indigestion de couleurs.
Catherine je t'aime, je ne t'oublierai jamais mais je ne me fabriquerai pas d'incarnation pour me sentir moins seul. J'espère.
001 Morrissey - Viva Hate - Little Man, What Now
002 Morrissey - Viva Hate - Everyday Is Like Sunday
003 Morrissey - Viva Hate - Angel, Angel, Down We Go Together
004 Morrissey - Viva Hate - Late Night, Maudlin Street
005 Morrissey - Viva Hate - Suedehead
006 Morrissey - Viva Hate - Margaret On The Guillotine
BONUS: quelques titres dont je raffole, qui prouve que nous avons là à faire avec un des plus grands chanteurs de sa génération:
001 Morrissey - You Are The Quarry - Come Back To Camden
001 Morrissey - Vauxhall And I (20th Anniversary Definitive Master) - Why Don't You Find Out For Yourself
002 Morrissey - Vauxhall And I (20th Anniversary Definitive Master) - The More You Ignore Me, The Closer I Get
Ce qui me fait penser qu'il y a un bail que je ne l'ai pas écouté et que cela doit changer. Hang the DJ !
RépondreSupprimerHugo Spanky
De temps en temps il sait se rappeler à notre souvenir avec un album. Maintenant il est installé, quelque chose de la quasi star qui reste talentueuse... eux.
SupprimerYo !
RépondreSupprimerNon ben moi ado ça m'aurait chier mais grave les Smiths, j'en suis sûr.
Alors que l'âge aidant j'ai apprécié avec, je sais pas, distance peut-être.
Moz c'est l'anglais tellement british qu'il plaît au fan ultra-US que je suis, y en a pas beaucoup des comme ça, genre Weller ou Ray Davies (euh, les Gallagher pas du tout par exemple)
En plus je raffole de plein de titres dont tu ne parles même pas, c'est bien qu'il y a de la matière !
"Non ben moi ado ça m'aurait chier mais grave les Smiths" ... trop tendres pour l'ado que tu étais?
SupprimerOui ou alors pas mon genre de mélancolie. J'avais d'autres refuges pour ça, quelques Beach Boys, Kinks, Dylan, On The Beach, le Velvet ...
SupprimerOui, je partage en partie, chez Morrissey il y avait sa touche morose, ironique qui faisait sa particularité. Mais je n'étais pas d'une génération encore morose.. mélancolique? Oui, parfois et encore.
SupprimerLes Inrocks ont failli me gâcher le truc à force de radoter sur le sujet, mais c'était trop anglo-anglais pour ne pas me faire chavirer.
RépondreSupprimerJe suis étonné que l'ami Everett ai pu accrocher, mais ça me fait plaisir.
A la période musicale des Inrock (mensuel!) il leur fallait bien trouver la ligne de démarcation avec R&F. Ils étaient tellement sérieux... (MAGIC pour ça n'est pas mieux, mais comme les Inrock un temps (C Conte!!!) ils m'ont tellement fait découvrir de trucs que je pardonne!)
RépondreSupprimerLes Smiths, j'étais fan... surtout en retour de colo... j'écoutais en pensant à toutes les filles que je venais de quitter... le spleen total...
RépondreSupprimerbah, vaut mieux le mélancolique que le tragique. Si c'était au moins de bons souvenirs?
SupprimerOui, je te crois, cela devait entrer en résonance avec les moments de doutes qui parsèment cette période de la jeunesse
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