mardi 13 octobre 2015

Charlie Parker Sans String (Promis, le reste vole plus haut)

... normal pour un Bird. j'arrête, ok, ok.

Donc, toujours sur mon fil, la vie est un long fleuve de Jazz rarement tranquille, je continue, je reste sur mon Charlie Parker.

Charlie et son orchestre de cordes (String, oui, c'était bien ça le gag) jouait le consolateur. Mais sur cet album: "Dial Masters" Charlie Parker jouera les maîtres. THE MASTER.

Une fois n'est pas coutume, je vais ajouter quelques extraits de "Passeport Pour Le Jazz" car en plus de bien donner envie d'écouter, il y a ici de l'anecdote à hauteur humaine, moins envolée que Nabe mais il y est question de la même chose: grand même dans la chute.


Juste à l'écoute, des titres qui ont retenu mon émotion: "Loverman" et son démarrage fatigué pour se ressaisir et se lancer dans du grand Parker séduisant et poignant comme le raconte ...
La suite ici -->


29 Juillet 1946 au cours duquel après une poignante version de "Loverman", le saxophoniste s'effondra.
Je ne devrai pas faire dans l'imagerie pathétique pour influencer l'auditeur. Mais j'aime que l'on me raconte des histoires ... en musique:

001 Charlie Parker - Dial Masters (Disc 1 - L.A. Session) - Loverman




Je sais qu'il y en a qui préfère le Saxo Tenor, mais quel instrument pour vous saisir à la gorge, par exemple derrière ce chant.

001 Charlie Parker - Dial Masters (Disc 1 - L.A. Session) - This Is Always


Un petit mot sur le bonhomme, tiré d'un bouquin cité (Ross Russel "Bird la Vie de Charlie Parker")

Fantasque, insaisissable, arrivant en retard au studio, ses idées hâtivement griffonnées sur des bouts de papiers, créant sur place les thèmes que lui dictait son génie, sans que les musiciens ne sachant à l'avance ce qu'ils devaient jouer. 
Et QUELS musiciens: Lucky Thompson, Errol Garner et j'en passe.

"Dial" c'est deux lieux d'enregistrement: Los Angeles et New York. Je ne sais pas si cela influence, ma préférée va à New York.

Bon, ceci étant posé, les trois titres qui suivent, joués à LA avec la participation de ... Miles Davis. Un Miles pas encore maître ...

001 Charlie Parker - Dial Masters (Disc 1 - L.A. Session) - Moose The Moochie (En hommage à son dealer)



002 Charlie Parker - Dial Masters (Disc 1 - L.A. Session) - Yardbird Suite



003 Charlie Parker - Dial Masters (Disc 1 - L.A. Session) - Ornithology





Je continue dans l'anecdote musicale, à propos des deux titres qui suivent:

Après sept mois d'inactivité forcée, "Bird's Nest" (basée sur "I Got Rhythm") et "Cool Blues" deux titres qu'in inventa sur le moment, effectuant treize reprises en trente minutes sans aucune préparation.
001 Charlie Parker - Dial Masters (Disc 1 - L.A. Session) - Bird's Nest


002 Charlie Parker - Dial Masters (Disc 1 - L.A. Session) - Cool Blues





Une semaine plus tard, le 26 février, un homme hagard rejoignait le studio, deux heures après le rendez-vous fixé (Il s'était endormi tout habillé dans la baignoire). Retrouvant comme par miracle ses facultés, il enregistrait de toute son assurance "Relaxin' At Camarillo" 
001 Charlie Parker - Dial Masters (Disc 1 - L.A. Session) - Relaxing At Camarillo

Enfin à moi.... Mon rêve pas encore réalisé... NEW YORK


peu de temps après, il regagnait New-York

Bon, là, les séances qui me rendent fou (Comme une tomate! ?? Cherchez pas). Le jeu qui me fait déambuler dans l'appartement, imitant Jerr Lewis imitant les musiciens de Jazz.
C'est juste infernal, une vitesse de jeu et de passion qui me fait décrocher la tête des épaules tandis que mon déhanchement menace de me claquer et plaquer au sol.

Miles Davis, Duke Jordan, Tommy Potter et Max Roach, cette formation, la meilleure qu'il posséda, joua un rôle similaire à ce que constituèrent le Hot Five pour Armstrong. Elle l'aida à construire, à l'apogée de sa carrière, son fascinant langage. On en jugera à l'écoute de Embraceable You, The Hymn, Scrapple From The Apple...


001 Charlie Parker - Dial Masters (Disc 2 - N.Y. Session) - The Hymn


002 Charlie Parker - Dial Masters (Disc 2 - N.Y. Session) - Embraceable You


003 Charlie Parker - Dial Masters (Disc 2 - N.Y. Session) - Scrapple From The Apple


Et le petit Calvin qui demande. mais alors dans les années 40, le monde était en noir et blanc. Comme la couleur du Jazz?

- Mais non, petit con, tu veux ma main sur la figure? tais toi, écoute et prends en de la graine. En noir et blanc, je t'en foutrai moi.



001 Charlie Parker - Dial Masters (Disc 2 - N.Y. Session) - Bird feathers



002 Charlie Parker - Dial Masters (Disc 2 - N.Y. Session) - Quasimodo



003 Charlie Parker - Dial Masters (Disc 2 - N.Y. Session) - Bird Of Paradise



004 Charlie Parker - Dial Masters (Disc 2 - N.Y. Session) - How Deep Is The Ocean



Vous savez?
En me donnant une adresse mail je vous abonne à la liste des bienheureux qui recevront tout l'album

Vous savez quoi?
Je regrette de ne pas avoir tout DIAL, car il est connu pour tellement improviser que j’imagine que chaque session a son empreinte.

Vous savez quoi quoi?
Charlie Parker! On arrêterait tout. On se poserait là, on n'écouterait plus que ça. Jour et nuit. Avalant chaque note de peur de la louper. On en ferait sa vie. On s'oublierai pour rejoindre les vibrations dans l'air. Se réincarner en onde Parkerienne et voguer recherchant à s'attarder autour de la lumière que jette les lampadaires jaunes, derniers rescapés du monde moderne des lumières froides.

Vous savez quoi quoi quoi?
Non rien.

Adieu Charlie....
Non, non, non ... il reste sa voie, non, sa voix, non, SAVOY

donc à suivre, mais oui.


9 commentaires:

  1. Magnifique post qui donne envie de cesser d'employer le mot génie dès qu'un type a réussi deux ou trois chansonnettes!

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    1. J'avoue que une fois encore écouter et apprécier c'est bien, savoir c'est quand même une porte de plus vers l'enrichissement de l'écoute. Bon, ma phrase pontifie un peu ... mais ce qui est écrit est écrit.

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    2. - Mais encore, Devantf, qu'est ce que tu veux dire, je comprends rien!
      - Par exemple, tel titre il l'a composé directement en studio, paf, comme ça. qu'est ce que ça change à l'écoute?
      - Vas y, explique
      - Espèce de schizo!!
      - C'est celui qui dit qui est!!
      - Justement.

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  2. J'ai pas encore réellement plongé dans Parker. En fait, j'avais écouté avant le film de Eastwood, et bizarrement, je ne l'ai plus réecouté depuis. Un peu comme si je me disais que je l'écoutais pas comme il le fallait. Bref, je l'avais mis de côté en me disant "ce sera pour plus tard, tu sais qu'un jour, tu vas y revenir et ce sera une révélation".
    Seulement les années passent, et ton texte vient juste me rappeler de remettre les pendules à l'heure. Oui, il est l'heure que je le réecoute.

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    1. Et il était bien le Client, tellement prenant que le jour où j'ai "vu" Parker, mon subconscient m'a dit, c'est un faux, le vrai à un oeil qui déconne... deux piliers qui gouvernent mon jazz, Coltrane et lui. Avec Miles je reste plus prétentieux dans ma prise de distance

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  3. Là tu as attaqué la montagne, celui qui aura inscrit le jazz comme autre, novateur, différent, divergeant et aussi engagé dans des voies pas seulement musicales mais aussi culturelles (en conscience de "langage") et bien entendu sociales, si ce n'est politiques (Roach, par la suite, Miles, Mingus...).
    En Savoy, Dial ou Verve, peu importe, la boulimie ne s'explique pas car avec Bird, pour sûr on sait quand on reprend l'écoute - par contre une fois reposé en platine ou autre, un peu comme avec Billie, Trane, Miles, bref, les grands mais pas parce qu'on l'a dit ou qu'on le dit, juste parce que c'est vrai..., on ne sait plus vraiment comment s'arrêter... de les écouter et pour ma part quand je les décroche (faut bien se décider... à un moment donné) c'est un regret, comme une fracture...
    ici tu vas associer anecdotes, légendes et écoute sur des compos absolument incroyables tant de virtuosité encore là inégalée (le sax alto de C.Parker n'offrait rapport à ceux d'aujourd'hui que peu de possibilités d'usage, tant en clés qu'en doigtés...) mais aussi de chant pur chargé d'émotion.
    Alors avec ou sans strings, Bird c'est toujours et à jamais pour moi, le frisson épidermique.
    c'est ainsi et je crois que ça le restera à jamais.
    merci.

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    1. En voilà un chouette cri du coeur, et le hasard veuille que je réponde au moment où passe "James Newton" dans "The African Flower" alors que je cherchai de la flûte classique je tombe sur un album que tu nous avais commenté début 2013... c'est aussi ça les ballades dans le temps

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  4. Ah oui, après Savoy, tu passes quand en Vervee ?...
    Juste pour savoir...

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    1. He non, je connais pas mal le Verve... mais ça tu le sais bien. SAVOY sera une découverte quand je m'y mettrai, pas encore, pour l'instant j'ai d'autres Ferré à mon cheval'écouter.

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